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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 16:13
Me voilà en charge d'accueillir la nouvelle photocopieuse. La mission paraît simple.

Moi : Bonjour, monsieur le livreur et installateur de photocopieuse.
Le livreur : Bonjour, monsieur le professeur. Je la mets où.
Moi : Ici, à la place de l'ancienne que vous devez reprendre.
Le livreur : Très bien. Voici le mode d'emploi ultra simple...une petite feuille format A5 à afficher au dessus de la photocopieuse. Des questions ?
Moi : Non, au revoir monsieur.
Le livreur : Au revoir monsieur.

Mais...comme dirait le jury de la nouvelle star, je cite "Nous ne sommes pas chez les bisounours"... et je rajouterais "Nous sommes plutôt dans Ken, le survivant". Et voici comment cela se passa.

Entre midi et deux, je reste à l'école pour faire croire aux parents que je bosse un peu pour leurs mouflets. En réalité je vais zoner un coup sur internet, je mange (avec Aurélie), je fais une sieste (sans Aurélie), je me passe la tête sous l'eau, je me brosse les dents et je vais dans la cour pour accueillir les mômes.

Ce jour-là, le programme est chamboulé. A 11h30, le livreur de la photocopieuse se pointe.

Le livreur : Salut, je suis Ben comme Benoît. Je suis le petit messager du bonheur et je viens vous livrer la photocopieuse. C'est toi qui doit m'aider.
Moi : Salut... moi c'est Walter... et je doute que je puisse t'aider. Je dois juste te poser les questions relatives au fonctionnement de la machine pour les retransmettre à mes collègues.
Ben : Oui, mais avant ça, tu dois m'aider à l'amener ici. Mon collègue est absent et je ne peux pas la porter tout seul.
Moi : .... euh c'est lourd ?

Me voilà, en train de traverser la cour dans une position pas très valorisante. Le dos et les jambes pliés sous le poids de l'engin. Les mains, les aisselles et le front qui suent. La machine qui glisse. Avançant par petits pas rapides et saccadés et criant tous les 5 mètres : "ON POSE...ON POSE...!" Tout cela, devant les enfants de la cantine qui se sont réunis comme pour le spectacle de fin d'année.

Je vois Monsieur Janti passer la tête à la fenêtre de sa classe. Je l'entends déjà dire "Fais gaffe Walter... t'es pas assuré pour ça... tu devrais pas l'aider !" Pourtant son discours est différent : "Fais gaffe Walter, nous bousille pas la nouvelle photocopieuse avant de l'avoir branchée."

Le calvaire physique terminé, place à la torture mentale. La machine est branchée. Ben est souriant. Je sens un peu la transpiration. La photocopieuse ronronne et s'éclaire.

Moi : Alors... tu dois m'expliquer assez simplement la base...
Ben : La base !  Tu m'insultes ! Je te livre une machine capable de scanner, copier, dupliquer, relier, déformer, réduire, augmenter, couper...et j'en passe... et tu ne veux que la base. C'est décevant...j'aurais préféré aller plus loin avec toi...
Moi (sur mes gardes ): Plus loin... euh...comment ?
Ben : Ne pas se contenter du b.a-ba... Pousser plus profondément l'initiation...
Moi (de plus en plus mal  à l'aise) : Euh... tu sais dans une école...on n'a pas une utilisation très poussée de la photocopieuse... C'est basique. Recto...ou recto-verso... ça suffit...
Ben : Hummm ! Recto verso, c'est ma position préférée...
Moi : ....
Ben : Quand tu vois la feuille rentrer, sortir, re-rentrer et re-sortir de la machine... j'adore...
Moi : Oui...c'est quel bouton ? C'est tout ce que je veux savoir...
Ben : En fait j'aurais quelque chose à te dire...
Moi : Sur la photocopieuse bien-sûr ?
Ben : Oui en quelque sorte... Voilà, on se connait pas depuis longtemps !
Moi : C'est peu dire...environ 25 minutes.
Ben : Mais, je sais que je peux avoir confiance en toi... Alors je vais te le dire...
Moi : T'es pas obligé; tu sais...
Ben : Si, je le suis. Cest trop dure à garder pour soi... Je dois te le dire... Je suis...
Moi : OUI OUI ! J'ai vu, c'est pas grave ! Ca me concerne pas vraiment !
Ben : Tu l'as vu ?
Moi : Ben oui... je m'en suis douté...enfin tu vois quoi !
Ben : Merde, je pensais être discret... Depuis le début de la journée t'es le premier à le remarquer... Pas évident de se faire passer pour un livreur quand on n'y connaît rien...
Moi : ....
Ben : ...
Moi : T'y connais rien en quoi ?
Ben : Ben en photocopieuse. Je remplace juste un pote en galère pour deux trois livraisons. Il m'a juste parlé de porter la machine, la brancher et basta...
Moi : Aaaaaah booooon ! C'est donc ça... Aaaaah c'est pas grave... je peux me débrouiller tout seul...Aaaaah c'est que ça ....
Ben : Euh...tu croyais quoi en fait ?
Moi : Rien...euh...  c'est pas grave. Merci en tous cas et à bientôt...
Ben : Ouais, salut... content de t"'avoir rencontrer et bonne chance avec le monstre...

Il s'en va ! Je plonge sur le monstre. Pas de temps à perdre... il faut pondre un mode d'emploi simplifié pour les collègue. Soudain, dans mon dos :

Ben : Euh...excuse-moi encore...
Moi : Oui ?
Ben : Euh, c'est délicat ...euh ça te dit d'aller boire un coup avec moi ce soir au Gay-Tapant ?



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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 17:10
Durant la matinée, une rumeur a fait sa place dans toutes les conversations. Un sujet qui gonglait et prenait l'importance d'une mini-révolution dans nos habitudes laborales.

Deux mots pour la résumer : "Elle arrive".
Suivis de différentes réactions :

Moi : Elle arrive.
Madame Caspienne : Ah quand même ! C'est pas trop tôt.

Madame Caspienne : Elle arrive.
Madame Lafeuille : Dieu soit loué.

Madame Lafeuille : Elle arrive.
Madame la Directtrice : Oui, ben tant que je ne l'ai pas vue...je ne me réjouis pas.

Madame la Directrice :Elle arrive.
Monsieur Janti : ... et elle amène de nouveaux problèmes

Monsieur Janti : Elle arrive.
Aurélie : Youpiii ! C'a s'arrose. On va la baptiser avec une bouteille de Champ'.

Aurélie : Elle arrive.
Moi : M'en parle pas, c'est moi qui doit l'accueillir.

Le suspens est à son comble. Mais de qui parle-t-il ?
  • De sa chère inspectrice. Non ! Elle est tellement présente dans notre école que la rumeur s'installe quand elle n'est pas prévue dans la journée: "Elle n'arrive pas".
  • D'une nouvelle élève people (genre la demi-nièce par alliance d'un mec qui a présenté la météo sur FR3 Franche-Comté en 1986). Non plus !
  • De la responsable informatique qui vient enfin nous installer le dernier MarioKart sur le PC de la salle des profs. Non ! Dans ce cas là je serais plus qu'heureux de l'accueillir, son physique ne correspondant pas du tout à sa fonction d'informaticienne mais plus à celle d'une nana du public qui gigote derrière Arthur dans "Les enfants de la télé".
  • D'une nouvelle photocopieuse... Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Oui !... Veuillez ajouter du papier.
Plus que sur l'arrivée d'une nouvelle photocopieuse, nos conversations étaient tournées sur le départ de l'ancienne. Comme un ami qui nous quitte. Quelqu'un qui a partagé (provoqué) nos galères matinales mais qui malgré tout provoquera un grand vide dans nos coeurs. Un peu comme mes collègues (tant critiqués) qui me manqueront lorsque je quitterai l'école.

Dans les séries américaines des années 90, il y avait toujours un épisode "souvenirs" où à l'occasion d'une grève des scénaristes, les comédiens se remémoraient le "best of" de la série. Aujourd'hui, c'était pareil.

  • Madame la Directrice : Tu te souviens de quand elle est arrivé la première fois.
Ecran flouté. Là, on voit Madame la Directrice dans une tenue des année 80 avec une mèche un peu fofolle qui déballe un carton géant.
Madame la Directrice : C'est pas possible. Ils se sont trompés. Ils en ont mis quatre.
Et non, la photocopieuse tant espèrée fait trois fois le gabari d'un être normal (mais seulement 2 fois celui de Véronique, notre dame d'entretien).
Dernier plan sur la surprise de Madame la Directrice qui déballe un autre carton plus petit qui semble contenir une dizaine de ramettes de papier mais qui ne contient qu'un mode d'emploi.

  • Aurélie : Tu te souviens du coup de toner !!
Ecran flouté. Zoom sur l'écran de la photocopieuse qui clignotte. EP13  EP13  EP13...

Aurélie : C'est quoi EP13 au fait ?
Moi : Y'a plus de toner. Faut en remettre...mais je crois que c'est galère.

On nous voit retirer facilement le boitier de l'ancien toner, puis déballer le carton du récent. L'opération semble facile. Trop facile...il faut compliquer la tâche. Alors un coup de folie pour les gens qui manipulent aisément ce genre d'appareil... On nous voit tenter d'ouvrir le nouveau boitier afin de vider son contenu dans l'ancien... Alors qu'il suffit de replacer le nouveau boitier à la place de l'ancien dans la machine.
Impossible de l'ouvrir. Tout y passe. Les ciseaux de Marion. Le stylo 12 couleurs d'Elodie. Le compas de Ludo. Le triple décimètre de Shems. C'est finalement avec le pied de biche de Madame Lafeuille que nous parvenons à ouvrir...ou plutôt à faire exploser le boitier.
Pour les non initiés...le toner c'est de l'encre en poudre.... Un nuage d'encre empli la pièce. On se croirait à Pompéi... Aurélie prend des photos parce qu'elle bosse sur les volcans. La poussière retombe sur nos habits, nos cheveux et sur tous les documents présents dans la salle des profs. Il faudra 6 mois pour ne plus revoir la moindre trace de cet incident.... Oui, en fait, je ne me lave les cheveux que tous les 6 mois (rapport aux économies d'énergie).
  • Monsieur Janti : En tous cas, toutes ces machines, ça vaut pas un bon polycopieur. Tu te souviens.
   Moi : Euh...non !

  • Madame Lafeuille : Tu te souviens ce qu'elle pouvait manger comme papier !
Ecran flouté. Puis succession de séquences courtes qui alterne les images où l'on voit l'écran de la photocopieuse qui affiche "MF102" et les images où l'on voit l'un de nous s'arracher les cheveux puis les feuilles coincées dans la machine.
Je pense que notre vieille machine doit être pour beaucoup dans la déforestation de l'amazonie.

  • Moi : Vous vous souvenez que la récré ne dure que 15 minutes.
     Monsieur Janti (qui regarde sa montre) : Merde.
Coup de sifflet strident...et demain, la suite de cet épisode où l'on voit notre héros qui accueille la fameuse nouvelle photocopieuse.
            

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 15:58
Les formations continues à l'IUFM ??? C'est quoi ??

Pour la plupart des lecteurs de ce blog, les explications seraient superflues, étant donné qu'ils baignent corps et âmes dans l'Education Nationale.

Pour les autres...tant pis... Z'aviez qu'à être prof... En plus, vous auriez pu  balancer toutes les huit semaines un nonchalant  "Dans 6 semaines, je suis encore en vacances".

Bon...mon bon coeur me perdra... pour les autres (on se croirait dans Lost)...voici :
L'IUFM, c'est  l'école où les profs apprennent à être prof. A la fin de la formation, ce n'est pas fini. Pendant sa carrière, le prof doit se remettre à la page et participe à des formations continues de 3 semaines tous les 3 ou 4 ans...c'est selon.
Les thèmes proposés pour ces formations sont variables...genre :
  • Les nouveaux programmes 2002.
  • Les nouveaux programmes 2005.
  • Les nouveaux programmes 2008.
Ou beaucoup plus précis...genre :
  • Comment enseigner l'anglais de la main gauche en milieu cognitivo-désertique ?
  • Comment réagir devant un enfant qui ne vous a pas encore insulté ?
  • Le paintball. Quels objectifs en petite section de maternelles ?

Bref, comme le dis si bien Alix Girod de l'Ain du magasine Elle.... J'ai testé pour vous les formations continues à l'IUFM.

  • C'est bien parce que quand on rentre le soir, on n'a pas de boulot..... OUI ! MAIS...on se tape 3 heures de trajet aller/retour parce qu'on a eu l'idée de se faire muter à l'autre bout de ce p****** de département rural tout en longueur et qu'on ne capte rien d'autre que France Culture et  Frrance Musique.
  • C'est bien parce qu'on a enfin des relations adultes pendant nos longues journées. Ca change.... OUI ! MAIS... pas tant que ça en fait... Au bout de 3 semaines on s'apperçoit que dans le groupe il y a le fayot, l'intello, le rigolo, le glandeur, le chialeur... et le prof....rien de moins que dans une classe de mômes.
  • C'est bien parce qu'on est assis tout le temps. C'est reposant.... OUI ! MAIS ... ça coûte un dizaine de séance de kiné pour la rééducation motrice. Après 6 heures de classe, 2 heures de cantine et 3 heures de trajet en bagnole quotidiennes....on a les muscles attrofiés au bout de 3 semaines.
  • C'est bien parce qu'on mange ensemble, ça lie le groupe...OUI ! MAIS.... on mange à la cantine de l'IUFM. Il faudra aussi penser aux séances de nutritioniste.
  • C'est bien parce qu'on apprends que si le môme , il comprend pas le système décimal c'est parce que il n'a pas intégré le computionnalisme algorythmique de la base algébrique à cause  que son système cognitivo-numéral il est pas.... très bien..... OUI ! MAIS.... ça nous fait une belle jambe quand on se retrouve devant le môme en question avec notre paquet de 10 bûchettes qu'on voudrait lui enfoncer par les oreilles pour que ça lui rentre dans le crâne...au môme.
  • C'est bien parce que dans les groupes de formation, il y a une majorité de nanas (rapport à notre profession très féminisée).... OUI ! MAIS... le problème, c'est qu'elles sont toutes instits !!!
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 13:56
Parfois (souvent) en tant qu'enseignant, nous avons le devoir d'ouvrir les yeux de certains parents face aux difficultés de leur progéniture.Volontaire ou non, consciente ou pas, leur cécité retarde l'orientation de leur enfant dans une filière mieux adaptée à leurs difficultés (même si cela reste à discuter...).

Bien-sûr, pour beaucoup de parents, il est difficile d'accepter une telle réalité.

On a donc droit à différentes réactions, toutes aussi légitimes les unes que les autres :


  • De la rancoeur, il faut trouver un coupable :
Le parent :  C'est Madame Claron, cette sale bonne femme faisait très mal son boulot, c'est pour ça qu'il est en "retard".
Moi : Euh... Madame Claron...de la maternelle ?
Le parent : Oui, cette vieille peau. Elle ne pouvait pas le sentir.
Moi : Oui, enfin bon... même si elle l'avait  mis "en retard", ce dont je doute, votre fils aurait eu tout le loisir de se ratrapper depuis la petite section...ça fait 8 ans...quand même.
Le parent  (s'adressant à son fils) : C'est ta mère alors. Elle t'a trop couvé. Je lui avais dit.



  • De l'incrédulité, il faut trouver des excuses:
Le parent :Non... c'est juste qu'il n'a pas eu le déclic. Il est immature.
Moi : On a quand même essayé tous les stimuli possibles pour le déclencher son déclic...
Le parent : Noon, mais il va grandir quand il sera au collège... il aura le déclic.
Moi : Vous avez raison, il a jusqu'au bac pour réagir...

  • De la colère, il faut se sentir victime :
Le parent : Dites tout de suite qu'il est débile.
Moi : J'ai pas dit "débile"... j'ai dit "difficultés". Et en plus, "débile" est un terme désuet. Depuis 1957, le mot "handicap" est plus à propos. Dans les années 80, on a commencé à parler de "déficience".  Cela dit, ce n'est pas à moi de juger de la déficience ou non de votre fille. Elle doit être testée par un psychologue...
Le parent : Un psychologue...un psychologue...et pourquoi pas un ... vétérinaire ou un auriculaire, pendant qu'on y est.

  • Du soulagement, il faut bien une raison.
Le parent : C'est bien ce qu'il me semblait. Depuis tout petit, je me dis que si il travaille mal à l'école...c'est qu'il doit y avoir quelque chose.
Moi : Ben... on essaye de vous le dire depuis la maternelle.
Le parent : Fallait insister. Je comprends maintenant pourquoi il est comme ça.
Moi : Il est ...comment ?
Le parent : Ben... comme ça, quoi !

  • Et plus récemment, de l'humour...il faut bien éluder le problème.
Le père : C'est bien la fille à son père. Elle fait rien comme les autres.
Moi : ...
Le père : Sinon, les résultats, ça va ?
Moi : ... les résultats...euh...les siens ?
Le père : Ben oui, pas les vôtres.
Moi : Ben, je viens de vous le dire... ils sont en dégringolade... c'est pour ça que je vous ai fait venir...
Le père : Au moins, quand il seront à zéro...ils iront pas plus bas. Pas vrai ?
Moi : Ce serait bien qu'ils cessent de baisser.
Le père : C'est la crise partout...c'est normal qu'ils baissent. Elle suit la démographie économachin.
Moi : Je vous propose de prendre un rendez-vous avec la psychologue scolaire pour...
Le père : C'est gratuit ?
Moi : Oui...ça se passera à l'école...
Le père : Ben si c'est gratuit...vous convoquerez aussi le coiffeur scolaire pour ma femme et le kiné scolaire pour mon dos.
Moi :....
Le père : Heureusement, qu'il y a l'humour pour nous sortir de tout ça, hein ?

En guise de conclusion, je souhaite bonne chance à tous ses enfants...
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 09:49
Aujourd'hui, je vais donner de l'eau aux moulins des parents médisants qui prétendent (souvent à juste titre) que les profs n'en fouttent pas une...

Mais merde, entre mon blog, le sport, les sorties entre potes, mon blog, les week-ends à la montagne, la lecture passionnante de Millénium ou du Comte de Monté-Cristo et mon blog... je n'ai pas le loisir de m'investir corps et âme dans tous les nouveaux caprices de notre cher ministre.

Pour faire vite. Nouveau caprice = Histoire des arts à l'école primaire.
Bien-sûr c'est important, et on ne l'a pas attendu pour initier nos chères têtes blondes à la culture artistique élémentaire.

Alors si fin juin, début juillet, il arrive que j'ai fini le programme de maths, de français, d'histoire/géo, de sciences... S'il pleut et que la salle d'activité n'est pas disponible, m'empéchant ainsi de faire EPS. Si une extintion de la voix et une panne d'électricité m'interdisent de faire musique... Alors je consentirai peut-être à m'attaquer (le mot est bien choisi) au sujet hautement culturelle qu'est la peinture...

Voici à quoi cela ressemblerait....
Moi : Euh... ça c'est "Le cri"... de Edvard Munch. Je crois qu'il l'a fait aux feutres ou à la craie grasse. D'ailleurs ce n'est pas très bien colorié. Il a voulu exprimé sa fureur et nous montrer (par un autoportrait) sa tragique réaction quand son fils lui a ramené le bulletin du 2ème trimestre de sa 2ème sixième... vous suivez ?  J'imagine que pour certains d'entre vous, cette image n'était pas inconnue. Je ne parle pas des plus cultivés. Mais des enfants qui, par leurs résultats, ont mis leurs parents dans cet état. Pour conclure avec Munch... sachez aussi qu'il est l'auteur d'une oeuvre que vous cotoyez très souvent au moment de l'apéro... : Les Monster Munch.


Moi : Voyons...ça c'est "La liberté" de ...Coldplay... Ils ont voulu faire savoir au public que chacun était libre de marcher sur des cadavres en montrant ses seins et en arbohrant un chapeau ridicule... à la seule condition de porter le drapeau français.

Cela dit...après des recherches poussées, on peut prouver que les seins à l'air...ça marche aussi avec le drapeau brésilien dans les stades de foot.



Moi : Euh...ça c'est ...euh.... conceptuel.
Alex : Non, c'est pas Conceptuel. C'est moi. Je vous avais dessiné au début de l'année quand je vous aimais bien, avant de vraiment vous connaître.
Moi : Ah ! Rapelle-moi de t'interdire de me dessiner maintenant que tu ne m'aimes plus.


Et même quand on maîtrise un peu le sujet...c'est les mômes qui s'y mettent.


Moi : Voilà une oeuvre célèbre d'un artiste non moins célèbre que vous connaissez tous... C'est ...
Ludo : Monsieur Janti !
Moi : Non, un espagnol... Pablo...Pablo Pi.... Pica...Pica...
Alycia (de tous son coeur) : PIKACHUUUUU
Moi : Non, Pablo Picasso... et l'oeuvre s'appelle Guernica...
Ludivine : C'est un gros mot ça ??
Moi : Non, c'est le nom d'un village bombardé par l'aviation nazie... pendant la dictature de Franco...
Shems : Franco comment ?
Moi : Franco...c'est tout... c'était un dictateur...
Ludo : Un dictateur d'orthographe qui dictait des dictées ????
Moi : Non... revenons plutôt à l'oeuvre. Vous savez quelle taille elle a en vrai ?
Les mômes : ....
Moi : Vous voyez le mur de la classe là ?
Manon : Ben non, y'a le tableau.
Moi (perdant patiente progressivement et changeant de ton) : ... Imagine... Il est aussi grand que le mur là...
Benjamin : Heiiiin ! C'est même pas possible.... Ca existe même pas une feuille de dessin aussi grande....
Moi (craquant) : Si vous continuez à m'emmerder je vous punis et  Guernica ce sera une feuille de papier cul à côté de  la feuille sur laquelle vous allez faire cette punition.

 







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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:42
Romain pleure.

Cette annonce vous laisse de marbre. Vous vous dîtes que voir un enfant pleurer dans une cour de récration, c'est comme voir Ségolène Royal faire des excuses au nom de la France (c'est plutôt banal et sans grand intérêt). Vous vous dîtes peut-être que Romain est ce genre d'élève à la sensilbilité lacrymale aigue qui pleure au moindre haussement de ton, à la moindre bousculade.

Au contraire, Romain est un déshydraté oculaire, un désert aride de la pupille. J'ai cru voir un mirage ce matin-là, qui coulait sur ces joues.

Romain est  un garçon jovial (pour ne pas dire joufflu), costaud (pour ne pas dire gros), respecté (pour ne pas dire costaud)... Ce jour-là, il a craqué.

La raison, je la lui demande :
Romain : J'ai perdu aux pogs.
Moi : ... Beaucoup ?
Romain : Tout ce que j'avais.
Moi : Mince alors.
Romain (fondant à nouveau en larmes) : Je vais me faire disputer par mes parents. J'avais pas le droit de jouer.
Moi : ... T'as qu'à pas leur dire.
Romain (entre deux reniflements obéliesques) : Ils vérifient tous les soirs...
Moi : Mince alors.

Ce deuxième "mince alors" signifie en fait, "Merde, ils sont timbrés tes parents"... mais je préfere qu'il s'en rende compte par lui même.

Je comprends aussi qu'il pleure. J'ai déjà vu le père de Romain. Disons que si vous êtes au courant des nouvelles tarifications de Ryanair par rapport à l'IMC (indice de masse corporelle)... je peux vous décrire le papa de Romain comme quelqu'un qui va se ruiner s'il prend un billet dans cette compagnie. Une de ses baffes laisse des empreintes digitales détaillées sur la joue. Pas besoin des Experts.

Ce que je ne comprends pas, c'est ce genre de parents.
"Tiens bonhomme... voilà des pogs pour ton annversaire. Attention, hein, tu connais la règle ! Interdit d'y jouer."

Ou encore :
"Ok tu peux emmener ton ballon à l'école, mais tu ne le prêtes pas. Les autres vont l'abimer."
C'est le genre de parents qui te bousille la longue Histoire des règles du football avec un "S'ils avaient un ballon chacun, ça leur éviterait de courir  [rire gras]".

Comme Romain est un peu la mascotte de la classe (genre nounours), la séance de consolage ne tarde pas à s'organiser.

Ludo : C'est pas grave. T'as qu'à manger des Cheetos... y'a des pogs dedans. T'aimes bien les Cheetos toi !
Alex : Ca fais longtemps que y'a plus de pogs dans les Cheetos. Les pogs , c'est démodé. C'est pas grave Romain, c'est démodé.
Laurine : Peut-être que t'en trouveras un par terre et que tu en gagneras plein d'autres.
Ludo : Oui, mais t'aimes bien les Cheetos, toi !
Joris : Tu peux en fabriquer, c'est facile avec un compas pis du carton...
Etienne : Ouais mais ce sera un faux.
Shems : Ben maintenant t'as qu'à jouer à la fausse.
Alice : Il n'en a plus, il peut pas jouer.

Je suis surpris et assez fier de cette élan de solidarité dans ma classe. Je déchante vite quand je remarque que pas un ne  lui offre de pog pour qu'il se renfloue.

Sana : Ou alors, peut-être qu'il t'en reste au fond de ton sac. T'as vérifié ?

Sana connaît très bien Romain, en effet. Son sac regorge de trésors. Un gouter qui date du CP, un tampon de sa grande soeur qu'il exhibait l'autre jour en disant que c'était un missile du sous-marin Play-mobil, un mini dictionnaire Français / Serbocroate, des trombones, des punaises (en fer et en ...insectes), des coquillages et.... deux pogs.

Je crois qu'il s'est refait à la récré de l'après-midi. Happy end.

 




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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 15:54
Les récréations dangereuses.
Un roman épiscolaire de Pierre Choderlos de l'Ecole.


Exit la marquise de Merteuil, le vicomte de Valmont et Cécile de Volanges... place à Manon, Chloé, Shems, Ludo et les autres...


Shems, est-ce que tu aimes Manon ? Coche la case   O  oui  O  non.... Si oui à combien de pourcent ?
Chloé.


Chloé, non je l'aime pas ... pis d'abord pourquoi tu me demandes ça. Elle m'aime elle ?
Shems.


Shems, tu n'as qu'à lui demander toi-même à la récréation vers la poubelle à côté de l'arbre qui ne perd jamais ses feuilles. Je lui envoie un mot.
Chloé.


Manon, Shems veut savoir si tu l'aimes et si oui, à combien de pourcent ? Il te donne rendez-vous à la poubelle à côté de l'arbre qui ne perd jamais ses feuilles.
Chloé.


Chloé, c'est pas un arbre c'est un sapin. Pis de toutes façons je peux pas, il y a foot à la récré. Comme les CE2 sont à la piscine, c'est nous qui avons le terrain. On fait la revanche de Sochaux-Le Havre de ce matin. Dis à Manon que je l'aime à 27%... mais, que si elle m'aime.
Shems.


Shems, t'as amené ton ballon pour la récré ? Les CE2 ne sont pas là alors on a le terrain.
Ludo.


Ludo, oui je sais. Mais avant le match je dois aller voir Manon pour savoir si elle m'aime.
Shems.


Chloé, c'est pas un arbre, c'est Madame Lafeuille (lol). Dis à Shems que je l'aime à 63%  mais que j'aime Grégory à 96 %.
Manon.


Shems, Manon elle t'aime pas  c'est moi qu'elle aime. Je lui ai demandé dans le bus l'autre jour quand on rentrait de la piscine après qu'elle a vomis son pain au chocolat. Laisse tomber, viens jouer au foot.
Ludo.


Shems, elle t'aime à 63% mais elle préfère Grégory à 96%.
Chloé.


Ludo, tu dis ça pour que je loupe pas le match vu que je suis le meilleur de l'équipe. Je sais qu'elle ne t'aime pas Manon. Elle m'a dit qu'elle n'aimait pas les rouquins. Si tu continue de dire n'importe quoi je change d'équipe... je joue avec Le Havre.
Shems.


Chloé, c'est qui Grégory ?
Shems.


Moi, j'aime le maître à  racine cubique de 56 sur le double du quart de 20 exponentiel divisé par vice et versa pourcent.
Anonyme.


Marie, on t'a reconnu... T'es vraiment une chouchoute du maître. Laisse nous tranquille avec nos histoires trop importantes.
Chloé.


Shems, non, s'il te plaît, change pas d'équipe sinon il vont nous refiler Jojo, et il joue trop mal avec son maillot de Dominique Rocheteau que y'a que lui qui connaît. Reste dans notre équipe. On t'attends après ton rendez-vous avec Manon.
Ludo.



Shems, Grégory c'est un grand du collège qui fait du judo le mardi soir avec Manon... il est ceinture orange et jaune.
Chloé.



Manon, je ne t'aime pas. J'arrête le judo. Je vais faire de la danse le jeudi soir et je serai tutu rose.
Grégory.


Shems, j'ai reconnu ton écriture. Grégory il n'est même pas dans cette école. Il est trop grand. On se retrouve à la récréation près de la poubelle.
Manon.


Les mômes, le prochain que je prends en train de décapsuler son tube de colle, dévisser son stylo 4 couleurs ou se faire vomir pour récupérer un petit papier, il passera la prochaine récréation assis au pied du pilier du préau à vivre ses aventures par procuration... Et si vous n'avez pas compris ce dernier mot, demandez à Marie.
Le maître.

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 17:04
Ce jour-là, quand je vois le père de Marie entrer dans la cour et se diriger sur moi, je me dis " Ils déménagent ou quoi ?" (oui, je suis du genre à finir toutes mes phrases par "ou quoi" ou par "quoi" ...aussi pénible que cela puisse être).*

Pourquoi cette supposition ? Vous vous dîtes suûrement que le déménagement n'est pas la raison la plus courante pour venir voir le professeur de sa fille. C'est que vous n'avez pas une fille comme Marie...

Toujours présente, toujours souriante, toujours raison (aucune ironie) , toujours meilleure, toujours jamais désagréable... l'intello type quoi !

Non. En fait, aucun déménagement prévu. Juste un rendez-vous sollicité par le papa pour parler de Marie...

Le jour J. Je suis encore surpris quand les parents arrivent à l'heure pile dans ma classe. Ce n'était pas une blague. Ils voulaient vraiment me voir pour parler de leur fille.

Le papa : Alors, comment ça va Marie en classe ?
Supermoi : Comme si tu ne le savais pas... Tu viens là juste pour te la pêter.
Moi : Ben...  Très bien.
Le papa (pas très surpris) : Oui ...
Moi : Oui, oui ! Très très bien... même.
Les parents : ....
Moi : ...
Marie : ...
Moi : Hein, Marie.... ça va quoi ?
Marie : Oui maître.
La maman : Vous n'avez rien d'autre à nous dire ?
Supermoi : Vous plaisantez... J'ai un tas de truc à dire sur votre fille. Mais c'est purement personnel... Rien à voir avec ma fonction. Par quoi je commence ? Par son style vestimentaire qu'elle a sûrement hérité de sa grande soeur... ou plutôt de votre grande soeur, madame. Ou par sa paire de lunettes ? D'ailleurs, vous pouvez remercier Camélia Jordanna de la Nouvelle Star d'avoir remis ce type de monture au gout du jour... la dernière  ambassadrice en date étant Nana Mouskouri.
Moi : Ben... non !
Le papa : Avec ses camarades... ça va ?
Moi : Ben...maintenant que vous en parlez ... euh... oui ça va plutôt... hein Marie ?
Marie : Oui maître.
Supermoi : Pour l'instant ça va. Elle est bien intégrée. Mais quand elle arrivera au collège avec sa dégaine et ses couettes, elle risque de trouver le temps long à la récréation quand elle se fera jeter de tous les groupes. Ensuite au lycée, si vous ne l'avez pas secouez un peu, elle risque de passer son temps en permanence à écouter discrètement les conversations de ses camarades à propos de leurs mecs, leurs pelles, leurs gloss, leurs pilules et leurs premiers rapports... Alors que sa vie sexuelle ne se résumera qu'à la page des sous-vêtement masculin du catalogue La Redoute... A la fac, elle tombera raide dingue du prof de philo qui la prendra sauvagement un dimanche matin dans la salle des profs avec de courts préliminaires à lire La critique de la raison pratique de Kant en allemand du moyen-âge... Voilà le triste avenir sociale que vous lui avez gentiment préparé.
La maman : Elle va en colonie cet été... hein Marie ?
Marie : Oui maman !
Moi : Ah... intéressant.
Le papa : On a pensé qu'il fallait qu'elle sorte de nos jupes.
Supermoi : Ce n'est pas à moi de juger de vos habitudes vestimentaires à la maison, monsieur.
Moi :Oui, bonne idée. Et elle se passe où cette colo... cette colonie quoi ? A la mer, à montagne ou quoi ?
La maman : A la campagne... Dans un couvent, hein Marie ?
Moi : .....
Marie : Oui maman.
Le papa (ayant compris ma réaction, d'un rire se voulant rassurant et condescendant à la fois...paternel quoi !) : Oh, vous savez, ce n'est pas vraiment un couvent... C'est comme un centre de vacances normal... avec des activités normales... des prières normales... des repas normals...
La maman : normaux, Joseph !
Le papa (gêné) : euh.. oui des repas normaux, des camarades normales...
Moi : normaux, monsieur....
Le papa (tout fier) : Ah non... des camarades normales... puisqu'il n'y aura que des filles.
Moi : ....
La maman : Ben oui, c'est plus sûr, hein Marie ?
Marie : Oui maman.
Le papa : Avec tout ce qu'on entend et pis qu'on ne nous dit pas.
Moi : ....
Supermoi : ...
Supermoi (se ressaisissant) : Bravo. Voilà comment il faut élever sa fille. Loin des premiers émois. Loin des premiers regards en coin. Loin des premiers frôlements de mains, des premières tentatives, des premiers rateaux, des premières galloches, des premieres mains baladeuses, des premières jalousies,  des premieres ruptures, des premiers chagrins d'amour... Parce que les colonies de vacances... c'est ça... et rien d'autres... Je m'en vais, je te laisse tout seul, moi. Je suis triste.


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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 15:00
Aujourd'hui on bosse sur les sens multiples d'un même mot.

Moi : Par exemple. Le mot "classe" quand il ne désigne pas une salle de classe. Qui peut me donner un exemple.
Grégory : Mon pére, il a la classe.

Si pour toi, la classe c'est coller un néon sous sa bagnole, porter un t-shirt taille S sur un corps bodybuldé à la créatine ou encore draguer Madame Lafeuille.... Oui, ton père, il a la classe.

Moi : Le mot "grève" quand il ne désigne pas qu'on n'a pas école.
Jérémy : Ma mère se promenait sur la grève déserte.

Impossible. La grève où se promène la mère de Jérémy ne peut pas être déserte. Au mieux on y trouve : Une horde de paparazis ou une bande de mouettes mâles vicieuses qui a le privilège de la hauteur  et de la vue plongeante dans les profondeurs  du gouffre mammaire de la mère au bord de la mer.

Moi : Le mot "canard" quand ce n'est pas un animal que vous caillassez dans le canal à la sortie de l'école.
Sana : Mon frère quand il joue de la musique, il  ne fait jamais de canard.

Menteuse. Ce petit prétentieux nous a pourri la fête de Noël avec sa clarinette. Même Monsieur Janti, qui, comme son nom l'indique, est... poli, a perdu sa politesse quand il a suggéré au musicien une autre utilisation de son instrument oblongue...

Moi
: Le mot "Gendarme" quand ce n'est pas un mec qui prend plaisir à nous verbaliser.
Juliette : Mon oncle est gendarme.
Moi : Tu n'as pas compris Juliette... mais c'est presque ça. Juliette nous a donné un indice. Vous connaissez son oncle ? C'est le monsieur qui est venu faire la sécurité routière...
Liane ( le dictionnaire sur les genoux) : Un gendarme, c'est une saucisse.
Moi : Très bien Liane.
Juliette : ????

Bon appétit...
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 18:24
Nous voilà installés, attendant les derniers parents pour commencer la réunion.

A ma droite la maman de Jérémy (1m70, 64 kg dont 5 dans chaque bonnet, cheveux bruns, yeux clairs)... à ma  gauche le papa de Manon (1 m 85, 95 kg... mais seulement quelques grammes dans chaque hémisphère cérébral, cheveux gras, yeux vicieux)... Le combat peut commencer.

Le papa de Manon : (m'interpelant du coude aussi discrètement que cela lui est possible) : Hé... c'est la maman qui nous accompagne en vélo ?
Moi (sentant que la discrétion du papa n'a pas échappé à la maman) : Ah oui...excusez-moi...je croyais que vous vous connaissiez. Le papa de Manon, voici la maman de Jérémy...

Un sourire pincé plein de condescence à ma droite...un grand sourire sincère sur des dents noires à ma gauche... Le combat est engagé.

Autre interpellation du coude sur ma gauche. De manière plus discrète, le papa me glisse à l'oreille :
Le papa : En tous cas, vous l'avez bien choisie...elle est bien roulée ...pour le vélo.
Moi : Euh... j'ai rien choisi...
Le papa (qui insiste) : Mais si...roulée...vélo... [Rire gras].

La réunion commence. La conseillère pédagogique nous assome d'entrée avec les textes législatifs relatifs à ce genre de sortie.

La conseillère
(à la fin de son introduction législative) : Des questions ?

Grand silence. Tout le monde se regarde en espèrant que personne en remettra une couche.

Le papa (levant le doigt comme un môme) : Oui, m'dame.
La conseillère (commençant à se méfier) : Euh..oui ?
Le papa : On aura une interro là-dessus ??     [Rire gras]

La maman
(discrètement à mon attention) : Hum... c'est quand les dates de sortie, au fait.
Moi (sentant que la maman essaie de se défiler ) : C'est pas défini encore... Je m'arrangerais pour que ça colle avec les dispo des parents qui accompagnent.
La maman (qui lâche pas l'affaire) : Vous pensez que je serai assez compétente, que j'aurai l'agrément ?
Moi : Oui bien-sûr... tout le monde l'a à la fin de la réunion. C'est une formation...pas un examen.
Le papa (qui a entendu la question de la maman ) : Faut juste que vous enleviez les roulettes de votre vélo ...et c'est parti.  [Rire gras]

La conseillère continue son speech en parlant de la sécurité...

La conseillère : Bien-sûr, les acompagnateurs adultes auront aussi un casque... pour montrer l'exemple.
Le papa (ramenant sa fraise...encore) : Pas besoin de casque pour moi. J'ai la caboche dure comme du plomb... Vous avez qu'à demander au type que j'ai allongé d'un coup de boule l'autre jour.
La salle de réunion : ...

Quelques minutes plus tard... l'orage semble passé. Le papa n'a pas reppris la parole depuis la narration de ses exploits pugilistiques. Je tente un coup d'oeil sur la gauche et comprends ce calme. Il est occupé avec son portable et semble accaparé tout entier à l'écriture d'un texto.

Je l'imagine : Salut Paulo C GG. Je sui a 1 réunion tro nul pour l'écol de ma fille. Y'a une poulette bien foutu, je serai ptetre  retard pour le match. Mai les binouse au frigigo. Biz

Au beau milieu de ma méditation, une sirène semble se déclencher dans la salle. Je regrette déjà de ne pas avoir mis mon casque de vélo pour la réunion et pense aux catastrophes naturelles vues à la télé et dont je ne pensais jamais être victime... L'alarme cesse.

Soudain, le papa souriant et agitant son portable pour nous rassuré:
Le papa : C'est rien, c'est moi. J'ai perdu à Tétris... fichu machin ...j'arrive pas à passer le niveau 12.

A la fin de la réunion, je ne pense qu'à m'échapper discrètement le plus loin possible d'ici.
La conseillère me repère.

La conseillère : Monsieur Walter... pas si vite. J'aurais deux mots à vous dire.
Moi : Oui ?
La conseillère : Vous savez que normalement on ressort de cette réunion avec l'agrément ...
Moi : Euh..oui.
La conseillère : C'est parce que nous avons une confiance aveugle en nos enseignants et  nous nous fions à leur choix quand il propose l'agrément à des parents...
Moi : Euh oui..et alors ?
La conseillère : Alors...je crois qu'il faudra vous trouver un autre papa pour vous accompagnez en vélo.
Moi : Merci Madame...de tout coeur...  Vous pouvez lui dire ?
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