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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 16:15
Parfois, quand la classe semble calme, je sens qu'il se cache quelque chose d'autre. Une tempête de boulettes de papier se prépare. Un petage de plomb de Ludo se dessine. Un élément perturbateur gazeux se faufile entre deux muscles fessiers.

Parfois, je plisse les yeux. Je me mets en retrait, prêt à protéger mon visage avec les mains. Ou à me jeter sous mon bureau (comme dans les consignes de sécurité japonaises)....pourtant rien ne vient. Ni boulette, ni Ludo, ni pet !

Je constate alors qu'ils sont tous en train de rêvasser, le nez en l'air et le stylo sur le cahier déposant une belle tâche bleue.

Alice (en maths) : Les fractions....pff les fractions. Je comprends rien. En plus, les pizzas à 10 heures du matin, ça me donne plutôt envie de vomir. Il ne peut pas dessiner des galettes aux chocolats pour parler des fractions. ....Tiens, mais j'y pense ! Mon cousin, il est en prison à cause des fractions. Il est rentré dans un appartement avec des fractions et le voilà au trou. Et ben, je pensais pas que le maître nous apprenait ce genre de chose. Bientôt il va nous apprendre à voler au Cora. Moi, je volerais du maquillage. Je le mettrais dans ma poche. Mais si la police m'attrape ! La honte dans le quartier. Ils viendraient me chercher dans le car de la police....Devant chez moi tous les voisins verraient un car....

Moi : Alice ! Peux tu me dire à quoi est égal 2 huitièmes ?
Alice : euh...un car !
Moi : Ouais, j'avais l'impression que tu suivais pas. Fais attention !

Medhi (en littérature) : Pff, Charlie et la chocolaterie, je l'ai vu en 2 heures à la télé...et là ça fait 3 semaines qu'on est sur le livre et Charlie n'a toujours pas trouvé le ticket d'or... C'est méga long. Moi ça me tarde qu'il entre dans la chocolaterie. Ce serait trop bien que ça existe. Une usine rien que pour des bonbons, avec une rivière de caramel, des escaliers en berlingot, des sentiers en guimauve. Mmmm ! Tiens ça me donne faim... Maintenant, j'ai la dalle....

Moi : Medhi, excuse-moi de te réveiller. Peux-tu me rappeler qui est l'auteur de Charlie et la Chocolaterie ?
Medhi : ...la dalle !
Moi : Mouais, Roal Dahl... attention à la prononciation !

Ludovic (en sciences)
:  Trop bien, les éoliennes. Si j'avais un avion avec une hélice comme ça... Ouaaah !  Je suis Eoliennator, et je suis le plus fort. Prends garde à toi Nucléor ! " Eoliennator, je vais te tuer et tu seras mort".... "Quoi, t'as insulté ma mort, Nucléor !" " Ouais, et je le referai dès qu'on sort ! " " Fais gaffe à toi, alors" " Et ne sois pas en retord"....

Moi : Rem rem.... Ludo...ouhouh Ludo... Tu peux répondre à la question ?
Ludo : ....
Moi : Je vois... Comment s'appelle la  partie tournante de l'éolienne ?
Ludo : retord...
Moi
: Le ROtor...ok, tu as de la chance !

Walter (en animation pédagogique) : Le système cognitivoquoi ? Laisse tomber, j'ai l'impression qu'ils ont tous compris sauf moi. Pff, plus que 2 heures et quart. Encore un mercredi matin foutu en l'air. Pas une once de distraction par ici,. Ils sont tous à fond dedans. Vivement cet après -midi que j'aille faire un peu de sport. Peut-être qu'en VTT je tomberai sur une jolie fille perdue dans les bois, en robe de soirée décoletée, qui me regardera avec un regard supliant :"Où qu'on est ?". Je lui montrerai ma carte, jeterai un coup d'oeil sur sa poitrine pendant qu'elle se penchera pour lire la légende. Elle me sourira et je me mettrai au diable ma timidité pour lui....

La conseillère pédagogique : Monsieur Walter ! Monsieur Walter !  J'attends :
Moi : Vous attendez quoi ?
La conseillère péagogique : Votre réponse à la question : Comment augmenter l'attention des enfants pendant une phase d'enseignement frontale ?
Moi :....
La conseillère pédagogique : Soyez, un peu plus attentif s'il vous plaît ou je serai obligée de le signaler à l'inspectrice.

Comment ils font les mômes ? Ils sont trop forts.




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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 10:49

Pour ceux qui n'ont pas mis les pieds dans une école primaire depuis les années 70 ou même 80, sachez que beaucoup de choses ont changé.

Le mobilier. Fini le pupitre double, robuste. Bonjour les chaises et les tables indépendantes qui bougent en couinant sur le sol.
Les stylos : Finis la plume et l'encrier. Bonjour, les stylos plumes qui coulent, les cartouches qui explosent, les effaceurs qui percent les feuilles, et le blanc correcteur qui taguent les trousses.
Les apprentissages : Fini la leçon de choses...genre "Copiez : La pomme est le fruit du pommier, elle est composée de....". Bonjour les sciences expérimentales, du genre "Coupez la pomme en 2, et observez !"

Sachez également que certaines choses n'ont pas changé.

Les plaintes : "J'ai l'impression qu'ils sont pires chaque année !"
Les maths : 2 + 5 ...toujours = 7
Les billes : Une crème vaut toujours plus qu'une agate et toujours moins qu'un galot.

Et...les exposés. Vous savez ! "Chaque mardi, après la récréation, deux élèves présenteront un exposé sur le sujet de leur choix".

Et chaque année, on se tape les mêmes sujets. Et les mômes refont les mêmes que l'année précédente avec votre collègue.

Les timbres : "Suila il vient du Japon, suila il vient du  Luxembourg. Suila il vient de France. Suila aussi. Suila aussi. Suila aussi. Suila il vient de Suisse...

L'arbre généalogique. Ca, c'est mon oncle de Marseille. Suila il vient de Strasbourg. Suila il vient de Besançon et suila, il vient de mourir.

Quoique maintenant, les exposés sur les familles sont de plus en plus funs...et complexes.

 

Moi : Euh, Julia, je ne comprends pas pourquoi tu n'es pas sur la même branche que ton frère Julio ?

Julia : Ben, on n'a pas le même père !

Moi : Ah...je croyais que vous étiez jumeaux !

Julia : Ben oui, ça n'empêche pas....

 

Moi : Euh Etienne, c'est quoi cette petite branche qui dépasse avec le nom de ton cousin ?

Etienne : C'est une bouture.

Moi : .... pourquoi une bouture !

Etienne : Ben il est juste adopté, c'est pas vraiment la famille.

 

 

Dernièrement j'ai eu la visite discrète de Raphaël qui se plaignait de ne pas trouver de sujet d'exposé alors que son tour était imminent. Je lui ai alors conseillé de chercher autour de lui. Le métier de son père, ses activités extra-scolaire, ses passions...

 

Son père est responsable du rayon liquide du Cora...

Sa seule activité extra-scolaire est la télévision....

Sa seule passion est le méchant de Prison Break...

 

Moi (désespéré) : Je te fais confiance. Tu trouveras sûrement quelque chose d'intéressant.

 

Le jour-j, il refuse de me dévoiler le thème de son exposé. C'est une surprise. Je ne le force pas, sachant les difficultés qu'il a eu à choisir un sujet. Mais je m'inquiète un peu.

 

Raphaël (debout devant le tableau ): Mon exposé est sur les gros.

La classe : ...

Moi : Précise. Les gros quoi ?

Raphaël : Les gros....les gros comme moi. Les grosses personnes.

La classe : .... mmpppfff ririri roooo rroro prrgra (c'est le brouhaha, ça).

Moi : On t'écoute.

 

On a alors  droit à un tas de mots ultra compliqués sortis tout droit d'une encyclopédie médicale genre : excès de masse adipeuse, indice de masse corporelle, hypertension artérielle, diabète non-insulinodépendant, gastroplastie, chirurgie laparoscopique....et j'en passe.

 

La tradition veut que les mômes posent des questions à l'auteur de l'exposé.

 

 

Pauline : T'es gros combien, toi ?

Raphaël : Moi 12 !

Pauline : Ah ben ça va encore 12 kilos...je croyais plus.

Raphaël : Non, 12 tartines chaque matin.

Ludovic : T'es gros à cause de tes parents ?

Raphaël : Je crois pas. Ils m'ont jamais obligé à être gros.

Ishem : 12 tartines par matin .... Tu te lèves à quelle heure pour le ramadan ?

Raphaël : Je fais pas le ramadan... mais je fais mardi gras...c'est mieux comme religion.

Allan : Ca fait mal la gastroplastique ?

Raphaël : Je sais pas. J'ai juste eu une gastro en terrine !

 

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 16:17
Peu de temps après la rentrée. Je croise ma directrice, Madame Mollard.

Ma directrice : Tiens ! Ca te dit d'être animateur USEP ?
Moi : Euh animateur... Je sais pas chanter et je raconte super mal les blagues...alors...
Ma directrice : Mais non... l'USEP, c'est le sport scolaire... et les animateurs c'est ceux qui accompagnent les enfants. Rien de plus.
Moi : Pfff...du sport...mouais.
Ma directrice : Allez ! Fais un effort. C'est qu'un mercredi par mois.
Moi : Quoi ! Pfff, je sais pas...  Tu sais j'ai des trucs à faire le mercredi.
Ma directrice : Comme quoi ?
SuperMoi : Comme vous pourrir, toi et les collègues, sur mon blog !
Moi : Comme...préparer mon jeudi.
Ma directrice : Allez...en plus c'est indemnisé.
Moi : Je sais pas..... Vraiment je sais pas.
Ma directrice : Allez, c'est super marrant. Y'a une bonne ambiance en général.
Moi : Allez, ça marche. Je signe où ?
Ma directrice : Ici.
Moi (levant la tête après avoir signé) : Y'a qui d'autres de l'école ?
Ma directrice : Y'a que toi !
Moi : .....
Ma directrice : Ben oui, tu crois quoi ? On n'a pas le temps le mercredi, on a des mômes nous !
Moi : ....

Voilà comment je me suis retrouvé dans un bus à 8h30 ce matin, pour aller faire une rando avec 300 gamins.
Pas 300 gamins dans le bus. Seulement 40.  On partageait le transport avec une autre école. Donc me voilà, accompagnant 40 mômes avec l'aide d'une collègue et de 2 parents.

Bien-sûr, le chauffeur était sans doute un frustré (sexe ou motorisation de son véhicule, je ne sais pas la raison). Bien-sûr, Pauline était malade. Bien-sûr je lui ai donné un sac. Et bien-sûr, elle l'a rempli juste avant d'arriver. Bien-sûr, c'était la cohue (vous verrez plus tard que dans la cohue, on oublie de faire certains gestes vitaux pour la santé morales des gamins)  parce que en plus on était en retard et que  tout le monde nous regardait descendre du bus.

A la manière d'Anthony Browne dans son Histoire à 4 voix, je vais vous conter un extrait de la journée selon le point de vue de quatre personnages.

1. MOI.
Il était 12h45. On venait de marcher près de 2 heures. Et ça faisait 2 heures que les mômes se plaignaient d'avoir faim (à part Pauline...qui ne s'est plaint que sur la fin de la balade). Dès qu'ils savent qu'ils ont un truc à manger dans leur sac, les gosses ont faim. C'est d'ailleurs pour cela, que quand j'étais môme, je mangeais mon goûter sur le chemin de l'école. Cela m'évitait d'avoir faim en attendant la récré (malin).
Les enfants sont assis, affamés, prêts à déballer leur sac au top départ du repas. Je leur souhaite un bon appétit. Et ils comprennent mon allusion en se jetant sur leur sandwiches.
Me voilà donc installé un peu plus loin, avec les adultes, pour profiter de mon sandwich  pain-de-mie- bacon- knacks jambon- steack- poulet- dinde- à  la moutarde de viande.... accompagné d'une feuillette de salade pour l'équilibre  alimentaire,  quand un cri  de groupe insdecriptible émanant de nos élèves, nous fait sursauter.

2. ANISS.
On pouvait enfin manger. Je m'étais mis vers mes copains pour pouvoir échanger mon repas  au cas où il ne me plaisait pas. J'étais en train de négocier une canette de coca contre un bout de gruyère. Tout d'un coup, y'a eu comme une odeur qui te donne pas vraiment faim. Au contraire, t'as plutôt envie de démanger ton repas plutôt que de le manger. On a vu Pauline, toute blanche, en train de regarder dans un sac. On s'est approché du sac d'un mouvement commun tous ensemble. Et du même mouvement commun, on a crié en se jetant en arrière avec nos mains sur nos nez.

3. PAULINE.
Ca allait un peu mieux. Je me sentais capable de manger. Alors j'ai ouvert mon sac à dos. Il y avait un sac  plastique que je me rappelais pas avoir mis dans mon sac quand j'aidais maman à préparer mon repas. J'ai alors pensé à une surprise. J'ai sorti le sac et j'ai eu une désagréable impression de familiarité... Ca me disait quelque chose. Par palpation, le contenu me semblait liquide avec des morceaux... comme certains yaourts.  Inconsciemment je devais savoir ce que c'était. Pourtant, je l'ai quand même ouvert...

4. LE VOMI DE PAULINE.
Ca faisait au moins 2 heures que je poireautais dans un sac en plastique (poireauter est le bon terme... vu la dose de tarte au poireau que s'était enfilée Pauline au p'tit déj). J'étais en train de macérer. Je sentais déjà un effluve ethylique qui courait à ma surface ( un odeur d'eau de vie au poireau). Un rai de lumière a enfin traversé l'obscurité de ma prison. Je me suis senti soulevé tout d'un coup (j'ai eu envie de me rendre)... Puis au dessus de moi le ciel s'est ouvert . J'ai d'abord vu palir la tête de Pauline. Puis un cercle d'autres têtes s'est resserré au dessus de Pauline, pour repartir brusquement dans un grand cri.



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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 18:47
Le mardi 15 septembre, une nouvelle tragique allait assombrir ma rentrée.

Le matin en arrivant à l'école, je me réjouissais du rendez-vous qui devait m'attendre devant la porte de ma classe à 8h00. La maman de Steven. Aperçue vaguement lors de ma réunion parents-prof, j'avais hâte que Steven fasse enfin des siennes, comme me l'avait prédit mes collègues, pour pouvoir enfin convoquer la maman.

Or, je ne sais pourquoi.... ce fût le papa qui vint ce jour là. Rien à voir avec la vague vision que j'avais eu de sa femme. Aucun charme.

Ce fut  tragique, en effet. Ma journée se vit entachée dès son commencement d'une mauvaise surprise. Pourtant, cette insignifiante anecdote, alors terrible désagrément pour moi, allait disparaître dans mon esprit, à l'annonce d'une bien plus mauvaise surprise.

Patrick Swayze est mort.

Vous découvrez en ce moment une facette bien fleur bleue de ma personnalité. Un peu guimauve sur les bords. Loin du Walter caustique et décapant de la plupart des posts, je vous dévoile ici mon côté "love" d'adolescente prébubère des années 90.

Fan de Dirty Dancing. Sous le charme d'une Jenifer Grey, légère (dans tous les sens du terme) et  rayonnante. Enchantée par sa voix et son rire franc (en tous cas, dans la version française). Séduit par la musique du film et ses rythmes rétro qui bercèrent de long moments de mon adolescence. Emu par une love story de vacances comme tout le monde en rêve avant de partir en Village Vacances.

Et fasciné par Patrick. Ses mouvements de danse que je tentais vainement d'imiter sur la moquette bleue dans la chambre de mon enfance. Son corps souple et musclé (à la manière de Brad Pitt dans le film Snatch)... et ne vous y méprenez pas : un tas de mecs hététo tripent sur le corps des acteurs de la même manière que toutes les filles de la planète rêvent d'avoir les jambes de Julia Roberts, les seins de Demi Moore et les fesses de J. Lo (quoique le mélange ne mériterait certainement pas le détour).

Bref. Boulerversé. Anéanti. Au fond du fond du bout du gouffre, je décidai à ma manière de rendre hommage au grand Patrick en parsemant ici et là des répliques de Dirty Dancing. Les 10 jours qui suivirent me le permirent. Seuls les vrais fans comprendront la démarche et toute la finesse de mon action créative...et surtout sauront mettre des images et une musique sur ces répliques.

Le 15 septembre après-midi, à Isham qui se déplaçait attivement dans la classe pour, soit disant, récupérer son dessin qui avait glissé de sa table.
" Arrète de courir après ton dessin comme un cheval sauvage."

Le 17 septembre au matin. Contexte : Bobby est assis dans un coin du gymnase sur une décision de l'arbitre (moi) après avoir étranglé  Nadia avec une corde à sauter destinée à une chorégraphie de GRS (encore mon côté Dancing).  Les élèves sont rangés.

Moi : On y va.
Joddy : Et pis Bobby ?
Moi : Epibobi ????
Joddy (me montrant du doigt le coin du gymnase) : Bobbyyy !

Regardant le coin du gymanse, redressant le torse et gonflant mes poumons ( je ne lui tends pas la main...faut pas pousser): "On laisse pas Bobby dans un coin".


Le 17 septembre, après midi. Tous les mômes sont en autonomie. Un silence d'église.  D'une beauté.  J'en ai les larmes aux yeux Je m'aperçois qu'il me manque une photocopie pour la suite du programme. Je  dois désigner un surveillant et m'éclipser rapidement  pour accomplir ma tache laborale afin d'assurer un enseignement digne de ce nom à mes élèves. Avant de partir je proclame :
" J'ai peur de sortir de cette classe et de ne plus jamais resentir ce que je ressens en ce moment".


Lundi 21 septembre. Travail de compréhension de texte. Il faut identifier les indices qui permettent de savoir si le narrateur est un narrateur ou une narratrice.

Sylvain :  C'est une fille.
Allya : Non, Frédérique, c'est un nom de mec aussi.
Moi : Non, Frédérique c'est le nom d'une vraie femme.

Pour conclure, je vous propose la danse finale de Dirty Dancing.
Le moment fort pour moi, c'est le saut au ralenti de Patrick  depuis la scène. Enchaîné par un regard à Jenifer dans un mouvement de mèche humide exceptionnel. Et ponctué par un double axel piqué.... Quel acteur !

Impossible d'intégrer la vidéo. C'est désactivé. Voici le lien. Bon visionnage.
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 19:10
Les parents d'élèves, c'est comme les champignons. Quand tu en cherches (sac plastique en poche, bottes aux pieds et Opinel en mains)....tu rentres bredouille...ou juste de quoi te chopper une diarhée parce que tu n'avais pas ton petit manuel du cueilleur de champignons ( mais là on s'éloigne de l'analogie avec les parents...quoique !). Et quand tu te promènes juste pour te promener ( clopes en poche, converses aux pieds et portable en main), tu tombes sur une tache de chanterelles dont même K2R ne viendrait pas  à bout.

En clair, tu veux voir les parents de Katia, parce que Katia te sort par les yeux. Chaque nuit, son prénom raisonne dans ta tête et le matin ta femme te demandes d'un air très réveillé, les bras croisés et les sourcils en V.... "C'est qui cette Katia ?".
Hors, les parents de Katia savent très bien ce que tu as à leur dire... vu que tous les ans, c'est la même chose. Mais toi, coincé entre ton inexpérience, ta douce naïveté et ta foi presque intacte... tu espères encore que ça changera quelque chose dans le comportement de Katia, si ses parents se pointent dans ta classe. Alors tu mets un mot dans le carnet de liaison. Tu téléphones. Tu penses même aller sonner chez Katia... mais un chien méchant t'en dissuade.

Pourtant un beau jour, au volant de ton caddie dans les rayons du Cora, tu tombes sur sa mère.

Toi : Bonjour madame.
La mère de Katia : 'jour
Toi : Je suis le maître de Katia à l'école.
La mère de Katia (qui se sent coincée et plutôt surprise) : Comment vous savez que je suis la mère de Katia ??
Toi : Ben...euh.... elle vous tient la main...là...juste à côté de vous. Bonjour Katia.
La mère de Katia (à sa fille) : Ben, dis bonjour, toi !
Katia : Ben bonjour !
Toi : Je suis content de vous rencontrer. Ca fait un moment que j'essaie de vous joindre pour parler de Katia...mais apparemment c'est assez difficile. Vous n'êtes pas très disponible.
La mère de Katia (faussement surprise) : Ah bon. Keskivapa avec Katia ?
Toi (haussant le ton en repensant à tout ce qu'elle a fait ) : Ben...c'est la catastrophe !! La CA-TA-STR-OP-HE.

Un attroupement se forme autour de vous. Les utilisateurs du Cora sont des gens curieux. Pour une fois que ce n'est pas eux qui se font agresser par l'éducation nationale.

La mère de Katia (se tassant) : Comme quoi par exemple ?
Toi (qui n'avait pas prévu cette réunion) : Ben...comme....comme...euh...tenez par exemple...elle ne lève jamais la main pour prendre la parole...par exemple,...en fait.... quoi !
La mère de Katia  (pas très convaincu) : C'est pas bien ça, Katia !...Et quoi d'autre ?
Toi : Ben...euh...quoi d'autre ? ...Et ben, pas plus tard que le mois dernier...elle a...elle a fait tomber sa trousse par terre.
La mère de Katia : ....
Toi : Oui, mais elle l'a fait exprès
La mère de Katia (de moins en moins tassée) : ...  c'est tout ?
Toi : Non, non... euh ...parfois elle... elle...oublie les majuscules aux noms propres....
La mère de Katia : Viens Katia... on doit finir les courses...On perd notre temps.
Toi :....
Les badauds (qui se dispersent pour reprendre le cour de leurs choses) : Pfff, n'importe quoi !

Voilà. Sans préparation, on n'arrive à rien. Même pas à se souvenir de ce qui nous hante.

Cependant, il existe aussi les parents que tu ne veux pas voir.... mais qui cherchent par tout les moyens à te rencontrer.

Fin août. La plage du lac est bondée. Malgré les rayons du Cora déjà pleins à craquer de fournitures scolaires, tu te sens encore en vacances. Allongé sur ta serviette, un livre de Marc Levy dans les mains ( c'est encore les vacances, on réfléchira plus tard), tu profites des derniers jours de ces 2 longs mois annuels.

Une dame : Bonjour Monsieur !
Toi : Bonjour.
La dame : Vous êtes bien le maître des CM2 de l'école Machin ?
Toi ( qui ne connaît ton niveau de classe que depuis hier...rapport à la "bonne" ambiance entre collègues qui ne permet pas de répartir les classes  avant les vacances) : Euh oui...vous travaillez là-bas ? (seule explication possible).
La dame : Non ! Je suis la maman de Sophian.
Toi : Sophian ?
La dame : Ben oui ! Sophian de votre classe.
Toi (qui n'as eu ta liste que hier....évidemment) : Sophian, évidemment. Comment allez-vous ?
La dame : Pas très bien en fait... Sophian me fait du souci !
Toi : Ah....
La dame : Il n'a pas fini son cahier de vacances et il ne reste que 4 jours de vacances.
Toi :.... Ah oui, c'est embêtant.
La dame : Voilà ! Je voulais juste vous prévenir.
Toi (curieux) : Merci...mais il est où Sophian ?
La  dame : Je suis venue vous voir toute seule.Il est à la maison. Il révise ses tables de multiplications. L'an dernier, il ne savait pas très bien la table du 16.
Toi (vraiment curieux): Ah... c'est bien....Mais comment vous savez qui je suis et où j'étais...
La dame (un peu gênée) : Vous savez, maintenant..... avec Facebook, les copains d'avant, google et compagnie... on trouve tout ce qu'on veut.




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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 15:52
Dès le début de l'année, j'ai fait connaissance avec Monsieur Grandjean, l'homme à "tout faire" de l'école. Le monsieur de la mairie, disent les enfants. Jojo d'après Madame Mollard (ma directrice). Pour moi, ça reste  Monsieur Grandjean.

Pour vous faire une rapide idée du personnage, voici la retranscription de notre première conversation. Le jour de la pré-rentrée, il erre dans l'école à l'affût du moindre défaut technique. Il arrive dans ma classe, se présente et poursuit :

Monsieur Grandjean :  C'est à vous le vélo dans le local à poubelle ?
Moi : ( croyant à un reproche) : Oui...c'est Madame Mollard qui m'a dit de le mettre là.
Monsieur Grandjean : Non, non ! Oui, oui ! Y'a pas de problème... C'est juste pour savoir.
Moi : Ah...ben oui, c'est à moi.
Monsieur Grandjean : Faîtes gaffe ! Je risque de le passer à la benne si je le confonds avec les ordures. (rire gras)
Moi (rire forcé) : Oh ben non.
Monsieur Grandjean : Vous n'avez pas de voiture ?
Moi : Si !
Monsieur Grandjean (complètement interloqué) : ....
Moi : Pourquoi ?
Monsieur Grandjean : Non mais...euh... enfin ...on vous a retiré le permis ?
Moi : Euh...non ! Pourquoi ?
Monsieur Grandjean : Pourquoi vous venez en vélo, alors ?
Moi : Ben...pour faire du sport...et pour ne pas polluer.
Monsieur Grandjean : (pas très convaincu ) : Ah !
Moi : ....
Monsieur Grandjean :  Ben moi, même si je venais à pied...je polluerai quand même ! (rire gras)
Moi : (pas de rire du tout... juste les sourcils en V) : Euh...ah bon ? Comment ça ?
Monsieur Grandjean : Ben oui...la marche, ça me fait péter ! (rire gras...limite dégoulinant).

Voilà. Les présentations sont faîtes. Mais continuons un peu.
Monsieur Grandjean en impose. Un tour de taille grand comme ...sa hauteur.... Un cube, quoi ! Mais pas un cube genre unité...plutôt un cube genre millier (pour ceux qui ont le pack-numération des années 70). De plus, sa grosse barbe drue... serait un sujet d'étude pour la police scientifique qui grace à son analyse pourrait remonter jusqu'à la plus tendre enfance de Monsieur Grandjean ( joli oxymore).

Il faut savoir aussi que le "monsieur de la mairie" passe son temps dans l'école. Madame Mollard le sollicite très fréquemment... pour des broutilles du genre : brancher le micro-ondes qui ne marche plus depuis une semaine, reboucher un trou dans la cour  pour empêcher les mômes de jouer aux billes, graisser la porte de la salle-photocopieuse pour ne pas entendre ses incessants va-et-vient pendant sa journée de classe?.

Et chaque soir, j'ai droit à une visite de politesse et une blague un peu balourde (pour ne pas dire carrément vulgaire).

La seule fois où j'ai vraiment ri... je l'avoue, c'était à ses dépens.
La lumière de mon tableau ne marchait plus . Malgré un changement de néon, le résultat reste inchangé : pas de lumière. Monsieur Grandjean dont les compétences en éléctricité parraissent aussi avancées que les miennes en mandarin du sud, prend la chaise d'un élève et se hisse dessus pour surplombé la lampe du tableau.

Je retiens mon souffle. J'ai peur pour la chaise. Déjà qu'elles couinent à longueur de journée quand les gamins se dandinent.... Mais là, sous mes yeux, celle-là est en train de gémir, de souffrir, de pleurer....

Monsieur Grandjean (qui farfouille dans la lampe)  : Y'a comme un faux contact... Y'a quequ'chose qui doit faire masse.

Et la chaise semble me dire : Oui, je confirme, y'a quelque chose qui fait masse.

Et pour teminer se post... une dernière anecdote (vous êtes gâtés aujourd'hui) :

Lundi soir. 17h26. Monsieur Grandjean rentre dans ma classe. Il fait ses blagues et fait le tour de la classe en faisant mine d'inspecter je ne sais quoi. Ma réunion-parents commence dans 4 minutes.

Des parents arrivent. Monsieur Grandjean ne décampe pas. Il fait la bise aux mamans, sert la mains des papas... et moi j'attends. La plupart des parents annoncés semblent arrivés. Ils s'installent aux places de leurs mouflets (tradition oblige).

Soudain, l'improduisible se produit. Monsieur Grandjean,  en pleine conversation avec une jolie maman,  s'assied dans le même mouvement que les autres.

Moi (me raclant la gorge) : Monsieur Grandjean...on va commencer.
Monsieur Grandjean ( de tout son applomb) : Allons-y.
Moi (de plus en plus déconcerté...voir mal à l'aise) : Euh...en fait...c'est une réunion pour les parents.
Monsieur Grandjean : Ben...je sais.
Moi : Et bien, que faîtes-vous encore ici ?
Monsieur Grandjean (enfin destabilisé, voir hésitant et regardant les parents autour de lui...puis me fixant d'un air perdu ) : .... Je suis le papa de Caroline....


Sans commentaire.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 19:08
Production d'écrits. Sensibilisation à la citoyenneté et au dévelloppement durable. Utilisation du conditionnel.

Trois raisons pour faire plancher mes mômes sur ce sujet de rédaction :
"Que se passerait-il si il n'y avait plus d'eau sur Terre ?"

Et une quatrième raison : publier un post sympatique sur mon blog.

Morceaux choisis (et adaptés).

1. Si il n'y avait plus d'eau, on serait obligé de boire du coca, de se doucher avec du Fanta , d'apprendre à nager dans du Sprite...et de tirer la chasse avec de l'Orangina... 
Malvin : un élève gourmand....un tantinet gazeux.

2.  En fait, ça n'arrivera pas. Ce matin sur Europe1 et la question environnement, Brigitte Béjean elle a dit que des chercheurs allemands savaient comment fabriquer de la pluie artificielle.
Judith : Une élève informée...un tantinet arrogante.

3.  Je ne sais pas vraiment ce que ça ferait si il n'y avait plus d'eau... .... Mais, ce dont je suis sûr, c'est que ce n'est pas mon père que ça dérangerait...vu qu'il en boit jamais.
Olive : Une élève mal entourée...un tantinet en danger.

4. ON VA TOUS MOURIIIIIIIR !!!!
Isham : Un élève alarmiste....un tantinet réaliste.

5. En biologie, on a appris que le corps humlain est constitué de 70% d'eau. Quand il n'y aura plus d'eau, on pourra toujours essorer les gros. On mettra des grosses personnes sur une machine qui les entortillera et l'eau sera récupérée dans des bassines.
Lucien : un élève scientifique...un tantinet sadique.

6. Si il n'y avait plus d'eau sur Terre...on irais tous vivre en Bretagne.
Anne-Laure : Une élève en colère....un tantinet déçue par ses vacances à Lampaul-Ploudalmézeau.


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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 13:10
Madame Montessori, c'est la maîtresse des CE2... Ca, c'est ma collègue. La vraie Madame Montessori, c'est une pédagogue du début du siècle dernier qui a innové avec sa méthode particulière.

Tous les profs la connaissent et la plupart la connaissent mal. Moi inclus. C'est pourquoi, ne vous fiez pas à la définition qui va suivre pour vous faire une opinion. Allez plutôt sur Wikipédia.

La méthode Montessori : C'est genre la méthode du grand sage dans le film Kickboxing... Vous savez : "Celui qui n'apprends que par les autres, ne retient rien" (avec l'accent asiatique ça sonne mieux...). Dans mon esprit, cette méthode est parsemée de dictons orientaux plus tordus les uns que les autres. Et tellement incompréhensibles que chacun peux les interpréter à sa manière.

Mme Montessori, ma collègue, elle, prône que l'éducation et l'instruction sont affaires de temps . Un enfant n'apprendra que quand il aura envie d'apprendre.

Au début du mois, visitant les lieux, jaugeant les collègues.... je me promène dans l'école.  J'arrive dans la classe de Mme Montessori.  Tout le mobilier est dehors dans le couloir.

Moi :C'est le grand ménage ?
Mme Montessori :  Le ménage n'est pas affaire de grandeur. Il est ou il n'est pas.
Moi (que se premier contact surprend un peu) : ....
Mme Montessori : ....
Moi : Enfin, je veux dire... vous nettoyez un peu avant l'arrivée des enfants.
Mme Montessori : Non...les enfants arriveront dans une classe vide. Ils aménageront eux-mêmes leur espace.
Moi : Cool ! C'est pas mal ça. Comme ça ils ne peuvent pas brailler comme quoi c'est dégueulasse qu'il soit à côté d'untel et pas de machin...
Mme Montessori : Brailler, crier, parler, chuchoter... tout est affaire de communication, pourquoi tous ces mots pour la même chose ? Les enfants s'expriment comme ils veulent.
Moi (regardant ma montre en prétextant une excuse bidon pour échapper à ce cauchemard) : Oula... déjà... Je vais rater la quotidienne de Secret Story... Je vous laisse.

Deux jours après la rentrée, me revoilà devant sa classe. La curiosité est un vilain défaut. Mais j'avais hâte de voir à quoi ressemblait une classe aménagée par des mômes de 7 ans.

Moi
: Oooh interressant cet agencement.... Vraiment vraiment original... C'est la première fois que je vois ça...
Mme Montessori (tout sourire et toute fière) : Impressionné, hein !
Moi : Oui, carrément impressionné.
Mme Montessori : Pourtant il ne faut jamais rester sur une simple impression. Entrez.

J'escalade la table placée devant la porte.

Moi : Pas très pratique tout de même.
Mme Montessori : Cet enfant est encore très attaché à son chez-lui...c'est pourquoi il se met le plus près possible de la sortie. Au fil de l'année il intégrera le milieu de la classe.... Quand il le jugera utile.
Moi : ..... ..... Et la table, là ? Il le voit comment le tableau ?
Mme Montessori (ricanant) :   Je vois que vous étes très terre à terre. Cet enfant tourne le dos aux apprentissages pour le moment. Ce n'est pas grave.
Moi :... Mais dîtes moi.... vous n'avez pas beaucoup d'élèves ? Que...9, 10.... ONZE ?
Mme Montessori : Non, ils sont 26.
Moi : Où sont leurs tables ?
Mme Montessori :  Dans le couloir. Ils attendent le déclic pour rester assis en classe. Cela viendra bien assez tôt.
Moi : Et votre bureau...c'est eux qui l'ont retourné.
Mme Montessori :  Je les ai aidés. Mais c'était leur souhait. Je pense qu'ils symbolisaient là, l'envie d'une maîtresse différente.... d'un prof à l'envers.
Moi : Ah...! Ca, je comprends.

Hier, dans la salle des profs. Mme Montessori ne mange pas là. Sûrement que "La nourriture ne se fait qu'en terrain conquis"...un truc dans le genre. C'est donc l'occasion pour mes collègues de m'initier au sport favori du midi-deux : Balancer sur la pauvre maîtresse des CE2.

Un collègue
: Vous entendiez le bordel dans le couloir hier. Je crois qu'elle faisait chorale.
Un autre collègue : Tu rigoles, ça a duré toute la matinée... A moins qu'elle leur apprenait le double album live d'AC/DC.
Une collègue : Au fait, je l'ai pas vue ce matin à la récré....
Un collègue : Ben oui, elle est restée en classe.
Une autre collègue : Comme quoi, ça marche sa méthode... Va garder tes mômes en classe pendant la récré !
Une collègue : Non, elle était toute seule en classe. Ses élèves ont refusé qu'elle sorte. Elle a dit que c'était un passage obligée de sa pédagogie. Ils s'éloignent de l'enseignant pour bientôt voler de leur propres ailes.

Une collègue : Et toi Walter....t'as bien un truc à dire sur Mme Montessori.
Moi : ... euh non...pas spécialement.
Un collègue : Allez... qu'est-ce-que t'en penses ?
Moi (hésitant) : C'est pas mon genre...!

Eclat de rire général.

J'ai alors  compris comment ils avaient interprété ma dernière réplique : "Ce n'est pas mon genre de femme !"
Je me suis donc  joint à la rigolade pour ne pas passer pour le bêbête de l'école et devenir la cible de leurs colibets faciles pendant leur temps libre.....

Cependant, vous qui me "connaissez"....vous savez ce que je voulais dire : "Ce n'est pas mon genre de critiquer ! "

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 16:49
Voici un titre qui permettra d' améliorer considérablement le référencement de mon blog.

Comme je suis honnète, me voilà donc obligé de pondre une anecdote sur ce fameux virus...ou plutôt sur ses ravages (avant l'heure) à l'école.

Au fond de la classe, les mômes ont accès à la presse lorsqu'ils ont du temps libre.  Le Nouvel'Obs et l'Express pour les généralistes. Elle et Marie-Claire pour les filles. L'équipe et Onze Mondial pour les mecs. Le monde de l'éducation pour le maître. Lire et Psychologie Magazine pour Judith.... et bien-sûr la vedette de la classe : Mon Quotidien pour les 9-10 ans.

Pour être honnête... depuis la rentrée ils n'ont pas eu beaucoup de temps libre. Vu que la première semaine de classe est préparée avec ferveur pendant la dernière semaine d'aôut, le planning est serré. Ca risque de vite se décanter d'ici peu...surtout si la météo clémente m'attire loin de mes prepas.

Ce matin, Isham et sa tête gomminée à l'excés, ont dû pouvoir se glisser (la gomina ayant fait office de vaseline) dans une brêche temporelle. Il en a ramené un "Mon Quotidien" sur sa table qu'il feuilletait bribe par bribe... et pour être plus précis image par image.

Au retour de la récré, je retrouve mes gamins en pleine discussion m'attendant dans la cour. Le remue ménage ne me permet pas de comprendre le propos. Seule une phrase claire s'échappe de ce brouhaha.

Un élève : ON VA TOUS MOURIR !!!

Après avoir obtenu le calme au risque de me déchirer l'arcade sourcilière tant le fronçage était violent, je donne la parole à Isham qui me paraissait au centre du débat.

Isham : Dans "Mon Quotidien", ils disent qu'on va tous mourir.
Moi (méga étonné) : Ben bien-sûr.
Les mômes atterrés : .... HEEE IIIINNNN  ?
Moi : Ben oui. Quand même... en Cm2...  vous devez savoir qu''on meurt tous un jour ou l'autre.
Isham : Ouiiiii ! Mais là, on va mourir de la grippe Machin Et Nain.
Moi (soulagé) : Aaaaaah bon.
Greg : Ca fait mal MAchin Et Nain ?
Moi (réagissant enfin) : Quoi ??? Ils disent ça dans votre journal. Montre moi.

Il faut savoir que même pour des CM2, certains textes sont difficiles  à comprendre. Ils se mettent en mode j'essaie-de-piger-des-bouts-pis-après-je réfléchis-à-l'ensemble.  Il était bien écrit "On va tous mourir" dans le fameux journal...mais dans le contexte ils expliquaient qu'il ne fallait pas céder à la panique et clamer ce genre de phrase.

Je les rassure, genre : " Mais non, y'en a que 2 ou 3 qui vont mourir par classe. Et moi je connais personnellement le virus...alors si je peux lui glisser un nom, comme ça... je me génerai pas".

Entre midi et deux, nous voilà réunis entre collègues pour nous régénérer. Repas, anecdotes et vannes sur les parents. Je ne connais pas encore bien l'équipe et je jauge avant de balancer mes vannes. Pourtant, aujourd'hui je récite mon anecdote gentillette qui fait sourire la plupart des personnes réunies, genre "Ô c'est mignooon !"

C'est grâce à cet épisode que j'ai trouvé la première victime de mon blog parmi mes collègues : J'ai nommé : Mme MONTESSORI ! Plus de précisions sur le cas, demain.





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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 09:33
Il est 8h20, le portail s'ouvre sur mon ancienne maîtresse. Elle me sourit, je me détends. Jusqu'ici, tout va bien.

Nous rentrons en silence dans la cour. Les décibels augmenteront au fur et à mesure de l'année.

Je garde mon cartable sur le dos. Il n'est pas encore très lourd, parce que vide...et surtout il est neuf... Enfin presque. Seuls mes deux frères l'ont utilisé avant moi. Mon ancien cartable avait pesé sur les épaules de 2 générations. Un jour, j'ai même retrouvé une bille coincée dans la couture. Mon père m'a expliqué que c'était un jeu auquel il jouait dans la cour avec ses camarades. Il a essayé de me faire comprendre les règles... mais ça avait l'air un peu « bébé » et surtout, pas très sensationnel. Loin des vertiges du jeu du foulard et des montées d'adrénaline des « passages à tabac collectifs ».

Sylvain me rejoint. Il me montre ses nouvelles chaussures. Je pose mon sac sur les miennes, j'ai honte de mes vieilles baskets... Horreur, je m'aperçois que j'ai mis mes sandales méduses transparentes. Sylvain n'a rien vu... Bientôt un attroupement se forme autour de Sylvain et du prix de ses chaussures. Je m'éclipse discrètement en reculant. La matinée promet d'être longue. Dur de cacher ses pieds pendant 3 heures à une centaine d'élèves.

Soudain je bute contre un obstacle. Je me retourne en sursautant. Horreur, c'est Mylène... Je ne pensais pas la revoir un jour. Elle m'avait pourtant dit qu'elle changeait d'école à la rentrée... J'étais loin d'imaginer que ce serait mon école. J'ai rencontré Mylène au centre aéré cet été. Je l'ai... elle m'a embrassé sur la bouche à la boum du vendredi. Les autres garçons se sont moqués de moi à cause de son gros nez et des ses lunettes qui ressemblent aux jumelles du pépé de Nour. Finalement on s'était dit qu'heureusement qu'elle avait un nez aussi gros...sinon ses lunettes, elles ne tiendraient pas.

Enfin, on se range dans la cour. Le nouveau maître apparaît. C'est la première fois que j'ai un maître en classe. Il est grand...plus grand que mon ancienne maîtresse. Il a l'air sévère. On n'est pas encore arrivé dans la classe qu'il a déjà froncé 3 fois les sourcils et haussé le ton sur Simon qui a éternué sans mettre sa main ( rapport au virus H1N1).

Je regarde le maître avec intérêt et insistance car il me semble le connaître... Shems me donne un coup de coude.

Shems : C'est lui.
Moi : Lui qui ?
Shems : Le maître c'est lui.
Moi : Ben...je sais.
Shems : Non...mais c'est le type d'hier.

Et là, la mémoire me revient. Ce visage, ce corps, ces sourcils, je les ai déjà vu me courir après. Pas plus tard qu'hier...juste après avoir assouvi un besoin naturel sur la portière d'une voiture.... et maintenant je le sais ... la voiture du maître.

 Soudain, il me fixe, s'approche de moi. Je sais qu'il m'a reconnu. Il pointe son doigt sur mes pieds et articule clairement à l'adresse de toute la classe.

Le maître (un sourire sadique se dessinant sur ses lèvres) : Il faudra que tu changes de chaussures. Cet après-midi, on fait sport.

 L'effet escompté par le maître ne tarde pas à se produire. Je sens la terrible déflagration d'un trentaine de rires contenus. Je me sens livide comme mes méduses. Je ferme les yeux et je prie pour les ouvrir dans mon lit quelques heures plus tôt, soulagé de n'avoir vécu qu'un mauvais rêve.
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