Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 19:57

Voici une petite chanson coup de gueule pour dire à Monsieur le Ministre qu'il ya d'autres priorités dans l’Éducation Nationale.

Et voici les paroles pour chanter en chœur avec moi. Trois, quatre...

Couplet 1

Merci beaucoup Monsieur Hamon

Merci pour votre première action

Mais vous avez dû mal comprendre

C'est pas vraiment ça qu'on vous d'mande

Juste un conseil là entre nous

Faudra faire attention à vous

Oui, nous on est capables de tout

Même de prérentrée un mois d’août

Refrain

Merci Monsieur mais non merci

Nous, on vous avait rien demandé

Ça sert à rien d'faire le gentil

En nous décalant la rentrée

Merci Monsieur mais non merci

On n'avait rien revendiqué

Franchement on s'en s'rait bien passé

Maint'nant pour quoi on va passer

Couplet 2

Merci beaucoup Monsieur du SNES

Mais faut pas croire qu'on soit en stress

Il faut pas croire que ça nous coûte.

Parce qu'on va bosser au mois d'août

Psychologiquement ça peut s'faire

On l'a djà fait l'année dernière

On n'est pas morts, on n'a rien dit

Alors pourquoi ce préavis ?

Refrain

Couplet 3

Maint'nant j'ose plus dire qu'j'ai une classe

Ni regarder les gens en face

Ces gens normaux qu'ont un métier

Qui bossent paraît-il en été !

Merci pour notre réputation

Aux médias qui relaient tout ça

Merci pour notre profession

Mais j'suis pas sûr qu'on aie besoin de ça

Refrain (bis)

Repost 0
Published by Tévélis
commenter cet article
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 08:00

Quand il y a une semaine, l’affaire des écoutes de Patrick Buisson a retenti sur les ondes de ma radio, je m’attendais à de la grosse révélation. J’espérais du lourd, du sensationnel, du Watergate à la française. Je pensais que des têtes allaient tomber. Que la balance de la Justice allait enfin pencher en défaveur de politiques véreux.

Malheureusement, mes espoirs (et ceux des journalistes) se sont évanouis dans le son pourri qu’on pouvait entendre de la poche de la chemise du conseiller de l’ancien Président. On espérait quelque chose de clair et net, du genre :

Sarkozy : Carla, tu me feras penser à envoyer une couronne fleurie pour les obsèques de Mouammar.
Carla : Khadafi ?
Sarkozy : Ben oui, tu sais, celui qui a financé ma campagne présidentielle.
Carla : Ok.
Sarkozy : Ou alors, non, j’ai une meilleure idée. Demande à Bernard  de lui en envoyer une.
Carla : Tapie ?
Sarkozy : Ben oui, il me doit bien ça. Les 403 millions de l’arbitrage pour l’affaire Adidas, c’est quand même grâce à bibi qu’il les a touchés.

Mais non. Rien de tout cela dans le dictaphone. Rien d’exploitable dans un tribunal. Les politiques ne sont peut-être pas si « tous pourris » que ça. Ou alors très prudents. Et les affaires vraiment délicates, ils ne les abordent qu’en langage des signes.

Les journalistes se sont alors rabattus sur des informations de seconde zone. Une médiocre piquette qu’ils ont servie à leurs lecteurs et auditeurs faute de mieux.

Les journalistes : Sur ces enregistrements, on entend Untel dire qu’Untel est incompétent, Unetelle dire d’Untel qu’il est calamiteux et qu’Unetelle ne dit que des conneries.
 
Le message des journalistes étaient peut-être : Regardez-moi ces politiques comme ils sont mesquins.

Mesquins, peut-être. Mais pas plus qu’un guichetier de La poste, qu’un ingénieur en aéronautique ou qu’un animateur télé. Pas plus mesquins qu’une caissière de Monoprix, qu’une chef d’entreprise ou qu’une chanteuse lyrique.

C’est le lot quotidien de chacun dans le monde du travail de chercher, trouver, souligner et partager les petits défauts de ses collègues.

Alors, enfin, l’élite politique de notre pays redevient humaine à mes yeux. Les couloirs de l’Elysée me semblent plus proches. Ils ressemblent maintenant aux salles de pause du Cora où les employés critiquent, pourrissent et bavent sur  leurs collègues absents.

Plus proche encore, car ils ressemblent à s’y méprendre à une salle des maîtres.

Quel professeur digne de ce nom n’a jamais cancané sur ses collègues adorés. Une petite vanne par-là, une grosse critique par-ci et nous voilà d’aplomb pour débuter la journée de bonne humeur.


Cela s’appelle le bashing et ce sera peut-être dans nos futurs nouveaux programmes comme unité d’enseignement.

La ponctualité, l’autorité, les méthodes pédagogiques, la flemmardise et même la tenue vestimentaire sont des sujets intarissables pour rigoler entre paires sur le dos d’autres paires.

Et le physique ? Ah non, on a dit pas le physique ! Qui a dit ça ? Qui a inventé cette règle inepte censée limiter les dérives du cancanage en restreignant les critiques à des sujets dont la nature n’est pas responsable ?

Alors oui, le physique aussi. Les rondeurs de Madame Lafeuille, les poils de nez de Monsieur Janti et même les implants capillaires de Directrice.

Plusieurs fois par jour, les salles des maîtres de toutes les écoles du monde, comme les loges de tous les théâtres du monde, comme les salles de pauses de toutes les boîtes du monde, comme les couloirs de tous les Elysées du monde sont les témoins de terribles procès sans victime où seule l’accusation a la parole. Des procès d’où sont exclus les avocats et les témoins de la défense, et surtout l’accusé.

Une petite pensée pour Georges Lopez, l’instituteur d’Être et avoir, et tous nos collègues enseignant en classe unique. Une pensée émue pour ces cocottes minutes pressurisées qui ne peuvent même pas évacuer un peu de pression en pourrissant un collègue en salle des maîtres.

Sans oublier enfants et parents qui sont aussi des victimes faciles de nos médisances. Car, bien-sûr, quand toute l’équipe est présente, la décence nous dicte de se rabattre sur quelqu’un d’autre. Encore un privilège de l’Education Nationale : la multitude d’exutoires possibles après une dure journée.

Bien-sûr, il ne faut pas être dupe. Chacun de nous, aussi parfait soit-il, se retrouve régulièrement au centre des allégations de ses collègues.

Pour ma part, pour éviter qu’on me pourrisse sur la place publique, je suis un précepte simple que Madame Cressot, ma prof de catéchisme m’a enseigné il y a 27 ans. D’après l’Evangile de Jésus Christ selon Mathieu 18, 15-20 :

Jésus : Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.
Mathieu : Ben, pourquoi ?
Jésus : Comme ça, ils ne peuvent pas dire du mal de moi.

Malin, Jésus ( bel oxymore). Du coup, à l'école, je suis omniprésent voire omniscient. Je cours partout pour m'incruster dans toutes les conversations de l'école. C’est très fatigant mais ça évite à mes oreilles de siffler.

Mais depuis l’affaire Buisson, la donne a changé. Personne n’est à l’abri d’un dictaphone trop curieux qui trainerait dans une poche trop ouverte.

Maintenant, dans les salles des maitres, l’ambiance est à la suspicion. Tout le monde se soupçonne. Chacun cherche  son Buisson. La moindre poche bombée, le moindre déclic suspect provoque la défiance. Alors on ne cancane qu’entre gens de toute confiance après une fouille au corps rapprochée.

L’affaire Buisson n’a peut-être pas sonné le glas des ambitions de notre ancien gouvernement, mais sera-t-elle à l’origine de la fin de ce sport national qu’est le bashing.

Je ne l’espère pour rien au monde. J’ai encore envie de médire à tour de bras et que mes oreilles sifflent aussi fort qu’elles le peuvent.

 

Car qui aime bien, châtie bien.

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cb/Couloir_salle_des_fetes_elysee_2.JPG

Déjà 1148 personnes aiment la page Facebook d'Un Prof à l'Envers

Cliquez sur les chaises des couloirs de l'Elysée pour les rejoindre.

Repost 0
Published by Tévélis - dans En classe
commenter cet article
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 07:38

 

A l’heure des revendications, des manifestations et autres révolutions, j’avoue ne pas être un enseignant engagé. Je dirais même, en plagiant Pierre Desproges, que je suis du genre dégagé. Les slogans, les banderoles, les pavés, ça ne me fait pas vibrer. Je rentre dans le troupeau et suis bêtement mes paires jusqu’au faux pas qui nous entraînera tous par-dessus bord.

 

Il n’y a qu’une chose cependant qui me fait lever la tête de l’herbe verte pour regarder par-dessus le troupeau par moment, quand justement l’herbe n’est plus verte.

 

L’état de notre planète.

 

Quand il s’agit de prendre la défense de cette pauvre Terre martyrisée par ses locataires, je sors de ma léthargie et brandis bien haut mon poing à la manière d’Amel Bent pour exprimer mon mécontentement.

 

A l’école, je m’insurge. Contre les robinets poussoirs qui déversent des mètres cubes de flotte pour des mimines d’à peine 30 cm2. Contre les collègues qui n’éteignent pas leur classe pendant les récréations. Contre les écrans d’ordi qui restent en veille pendant toutes les vacances. Contre le chauffage détraqué qui nous poussent à ouvrir nos fenêtres même en plein hiver alors que les collègues du rez-de-chaussée sont obligés de s’équiper de radiateurs électriques pour faire fondre les stalactites qui tombent du nez de leurs élèves.

 

Ce n’est pas de tout repos d’être écolo.

 

Il y a ces mouchoirs en papiers remplis de glaires qu’il faut quotidiennement retirer de la poubelle du tri à mains nues en rappelant aux élèves qu’ils ne sont pas recyclables.

 

Il y a aussi cette mère furax qui m’avait attrapé par le col parce que j’utilisais des brouillons pour faire les photocopies de ma classe. Et que j’avais malencontreusement utilisé le verso du bulletin de son 6ème de fils qui nous est remis par le collège à nous enseignant du CM2 pour suivre un brin de chemin de nos anciens élèves. Et que, par le biais d’un de mes élèves, ce bulletin révélant clairement l’état chaotique de la scolarité du collégien s’était retrouvé affiché dans la cage d’escalier dudit 6ème  qui était devenu la risée de tout son voisinage.

 

Il y a ces moments de  réflexion soutenue dans la salle de la photocopieuse pour réduire le plus possible mon utilisation de papier. Des montages tordus d’exercices qui doivent tenir sur un A4 et qui me rappellent mon record de 186 lignes à Tétris sur mon Game-Boy première génération.

 

Il y a ce sac d’épluchure destiné au composteur du jardin de l’école qui était resté dans le casier d’Akim pendant toutes les vacances. Qui nous avait montré que les épluchures de carottes mélangées aux peaux de kiwi et aux fanes de  poireau se dégradent très bien sous l’action du chauffage détraqué de l’école et que même le cahier du jour et le livre de géographie peuvent se dégrader.

 

Il y a aussi mes collègues qui râlent parce qu’ils perdent 32 précieuses secondes chaque matin lors du préchauffage de l’imprimante que j’éteins chaque soir avant de partir.

 

Il y a ce blâme de l’Inspectrice qui avait eu connaissance d’une sortie pédagogique où mes élèves s’étaient allongés sur les rails pour stopper un convoi de déchets nucléaires qui traversait la France. J’ai échappé aux tribunaux et aux lynchages de parents de justesse parce que nous n’étions allés que sur une voie désaffectée qui mène à une ancienne forgerie à la sortie de la ville.

 

Mais il y a aussi des petites victoires.

 

Il y a le composteur du jardin qui déborde et qui réduit considérablement le poids des poubelles du quartier. Mais qui embaume la cour de récréation par vent d’Est.

 

Il y a Sonia, ma collègue qui me montre fièrement qu’elle s’est mise au tri sélectif dans sa classe. Et qui exhibe sa poubelle à papier électrique flambant neuve très loin de l’esprit Développement Durable mais devant laquelle je ferme les yeux pour ne pas la décourager.

 

Il y a Mehdi et Lucie qui rivalisent d’imagination et qui s’amusent à dessiner le futur apocalyptique qui leur tarde de voir.

 

Mais c’est ça le problème. Mes élèves s’amusent.

 

J’ai pourtant essayé de créer une terreur sourde autour de ce sujet. Quand j’en parle en classe, je prends la voix off des bandes-annonces des films d’épouvante.  J’échafaude des scénarii catastrophes plus que terrifiants pour leur avenir proche. Je leur explique comment ils vont perdre leur peau dans un premier temps, puis comment leurs globes oculaires vont exploser dans leurs orbites. Et pour finir je leur décris la mort la plus atroce possible.

 

Tout ça parce qu’ils n’ont pas mis le papier dans la bonne poubelle.

 

La pédagogie par la terreur.

 

Mais ça les amuse.

 

Ils s’amusent de me voir traverser la classe, grimaçant, avec un kleenex dégoulinant de morve au bout de mon bras entre le pouce et le index.

 

Ils s’amusent de mes incursions systématiques dans la classe des collègues pour éteindre leur lumière lors de notre longue traversée du couloir jusqu’à la cour de récré.

 

Ils s’amusent à reconnaitre de quels films catastrophes sont extraits les posters montrant des scènes apocalyptiques du futur affichés dans la classe entre les règles de conjugaison et la carte de France des McDo.

 

Ils s’amusent à découvrir au dos de quel document a été photocopiée leur fiche d’exercices. Quel bulletin scolaire, quelle fiche de paie,  quelle autorisation d’absence. Quel document compromettant pourront-ils afficher dans un endroit public.

 

Ça les amuse ?

 

Très bien.

 

Dans 50 ans, quand nos cheveux  s’embraseront sur notre crâne meurtri. Quand nos dents se déchausseront au moindre bâillement. Quand les ours polaires côtoieront les chameaux. Quand Copacabana sera sous les eaux et que les Jeux Olympiques d’été se dérouleront au cœur de l’Himalaya. Moi, assis sur un transat, un Pont à la main à contempler la source du Doubs dans  le seul endroit vivable de France, je ne me retiendrai pas de leur dire que je les avais prévenus.

 

Moi : Des douches, les enfants ! Des douches, pas des bains !

 


  http://a404.idata.over-blog.com/2/60/80/22/MOUTHE/Mouthe-doubs.jpg

Déjà 1140 personnes aiment la page Facebook d'Un Prof à l'Envers

Rejoignez-les en cliquant sur la cascade de la source du Doubs

Repost 0
Published by Tévélis - dans En classe
commenter cet article
18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 07:59

Une petite chanson avant les fêtes !

Un peu tard pour l'apprendre à vos mouflets pour la chorale de Noël.

Cela dit, en découvrant les paroles, vous ne la trouverez pas forcément adaptée  à l'ambiance naïve, enfantine et candide que crée la légende du Père Noël.

Elle s'intitule "Les Pères Noël".

Comme dans tout featuring, Je tiens à remercier la maison de production du Père Noël Portable (PNP) pour son aimable autorisation contrainte. Merci aussi à Youtube et à ce logiciel magique qui permet d'extraire le son des vidéos.

Et un spécial Thanks à Emilien ((label indépendant) pour sa naïve participation.

Bonne écoute et joyeuses fêtes à tous.

 

 

 

 

Les Pères-Noël

 

Qui c'est ce gros bonhomme en manteau rouge et blanc ?

Qui c'est ce vieux monsieur qu'a l'air d'avoir 100 ans.

Le Père-Noël, j'en suis sûr, ça paraît évident.

Le Père-Noël, dis c'est lui ? Dis c'est bien lui, Maman ?

 

C'est ton oncle Jean-Marc, sous cette fausse barbe blanche.

Regarde on voit son caleçon rayé quand il s'penche.

Mais pour son ventre, c'est un vrai, pas besoin d'oreiller.

Par perfection, cette année, il l'a laissé pousser.

 

Qui c'est ce gros bonhomme qui rit comme un bûcheron?

Qui c'est ce vieux monsieur avec son nez tout rond ?

Le Père-Noël, j'en suis sûr, depuis l'temps qu'j'l'attends.

Le Père-Noël, dis c'est lui ? Dis c'est bien lui, Maman ?

 

Non c'est Paulo, tu sais, le collègue de Papa.

Vu son bilan, le chef lui a pas laissé le choix.

T'as pas reconnu son haleine quand t'étais sur ses genoux.

Les yeux qui t'piquent, c'était lui, en t'donnant tes joujoux.

 

Refrain :

Te laisse pas berner par tous ces parents qui te disent d'être gentils.

Fais ce qui te plaît, car sage ou pas sage, tu seras gâté pourri.

Le Père-Noël, c'est du vent.

Un vent d'hiver qui te ment.

 


Qui c'est ce gros bonhomme avec tous ces lutins ?

Ce vieux monsieur avec tous ces cadeaux tout plein ?

Le Père-Noël, j'en suis sûr, ça paraît évident.

Le Père-Noël, dis c'est lui ? Dis c'est bien lui, Maman ?

 

C'est un contractuel embauché pour un mois

Un p'tit intermittent qu'a trouvé qu'cet emploi.

Au mois d'avril tu verras, il sera en lapin,

A Halloween en citrouille, l'an prochain en lutin.

 

Refrain :

Te laisse pas berner par tous ces parents qui te disent d'être gentils.

Fais ce qui te plaît, car sage ou pas sage, tu seras gâté pourri.

Le Père-Noël, c'est du vent.

Un vent d'hiver qui te ment.

 


 

http://groupe.sfr.fr/sites/default/files/pere_noel_portable.jpgDéjà 926 personnes aiment la page Facebook d'un Prof à l'Envers

Cliquez sur le Père Noël Portable pour les rejoindre !

Repost 0
Published by Tévélis - dans Chansons
commenter cet article
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 15:45

Depuis le début de l’année, les garçons de ma classe sont atteints  d’une étrange maladie psychologique. Un sujet les obsède, ôtant de leur cerveau la place nécessaire aux apprentissages scolaires. Une monomanie qui les tourmente au point de ne plus parler que de ça dans leurs bavardages intempestifs, dans les rangs, dans la cour, dans leurs rédactions, dans leurs dessins, dans leur sommeil (j’imagine).

 

Le football !

 

J’aurais aimé participer au combat contre les clichés, j’aurais souhaité tordre le cou à certaines idées reçues. Malheureusement ce fléau, cette obsession caractérisée du ballon rond ne concerne qu’une partie de ma classe. Et tant pis pour le catalogue de jouets qui lutte contre le sexisme, mais dans ma classe, la personne qui pose sur la photo en tenue de foot avec un pied sur le ballon est bien un garçon. L’obsession des filles sera peut-être le sujet d’un prochain article : elle se prénomme Violetta.

 

Le football a un pouvoir invasif. Il s’insinue jusque dans les programmes scolaires bien malgré moi.

 

En géographie :

 

Moi : Citez-moi les principales villes françaises.

Lucas : L’OM, le PSG, le LOSC…

Moi : Ah non, ça, ce sont des clubs de foot. Je veux des villes.

Karim : Evian-Thonon-Gaillard.

Moi : Encore un club de foot. Mais tu m’as quand même cité trois villes, on progresse. Mais j’ai demandé les principales villes. Les plus grandes.

Karim : Trois villes ?

Moi : Oui ! Evian, Thonon et Gaillard. C’est une fusion de plusieurs clubs issus de ces trois villes.

Memhet : Aaaaaah ! C’est pour ça qu’ils ont battu le PSG. Ils étaient trois contre un !

Les autres (comprenant) : Aaaaaah ! C’est pour ça.

 

En histoire :

 

Moi : Quel pays Napoléon a-t-il battu à Austerlitz !

Elliot : L’Ukraine !

Moi (levant les yeux au ciel) : …

Bilal : Oui ! Il les a même battus 3-0 !

Les autres (levant les bras en l’air) : OUAAAAAAAAAAIS !!!!

 

En histoire des arts :

 

Moi : Alors ! Comment il s’appelle ce célèbre musée parisien ? Vous savez, celui qui a la Joconde.

Fred : Le parc des Princes !

 

En éducation à la citoyenneté :

 

Karim : Maître, il y a une erreur dans le livre.

Moi : Ah bon !

Karim : Ils disent que la fête nationale française, c’est le 14 juillet.

Lucas : T’as raison. Ils se sont trompés !

Moi : Ben non, c’est ça.

Karim : Mais c’est pas le 14, c’est le 12 juillet !

Moi : Non, c’est le 14 !

Lucas : Mais non, vous aussi vous vous trompez.

Karim : En plus, vous, vous étiez déjà né et on sait mieux que vous.

Moi : En 1789, je n’étais pas né.

Karim : Mais non, nous, on parle de 1998 !

Les autres (chantant) : OUAAIIIIS ! Et 1, et 2, et 3 – zéro !

 

En vocabulaire :

 

Moi : Dans la vie professionnelle, pour réussir il faut être… il faut être…

Les mômes : ….

Moi : Il faut être r…. r….

Les mômes : ….

Moi : Il faut être ri…

Allan : Ribery !!!

Les autres (scandant) : OUAAIIIS ! Le ballon d’or ! Le ballon d’or !

Moi (blasé) : Non, il faut être rigoureux.

 

 

Mais parfois, les filles s’y mettent aussi :

 

Moi (venant d’expliquer la consigne d’un exercice) : Des questions ?

 

Justine lève la main. L’intello de la classe. Celle qui parfois m’explique mes propres consignes.

 

Moi (sincèrement surpris) : Justine, quelque chose que tu ne comprends pas ?

Justine : Oui, la règle du hors-jeu au foot !

 

Cette ambiance est de plus en plus pesante dans ma classe. Je ne peux plus faire un pas pédagogique sans tomber sur le spectre du ballon rond qui hante la totalité de mes garçons.

 

Je sais que cette obsession va s’accroitre jusqu’au mois de juin 2014. Elle atteindra son paroxysme le 15 juin un peu avant 16h, heure du coup d’envoi du premier match de la France dans la coupe du monde 2014.

 

A partir de là, cela s’atténuera. Le football quittera petit à petit les esprits de mes élèves. Jusqu’à complétement disparaître le 25 juin à la fin du dernier match de groupe de notre équipe nationale quand le coup de sifflet final sonnera le glas des espoirs des millions de mômes dont font partie les garçons de ma classe. Quand les bleus ne seront même pas qualifiés pour les huitièmes de finales.

 

Alors, enfin, le programme scolaire reprendra ses droits. Et il me restera une dizaine de jours pour préparer mes élèves à la sixième.  

 

http://www.coloriage.tv/js/coupe-du-monde.png

Déjà 917 personnes aiment la page Facebook d'un Prof à l'Envers.

Rejoingnez-les en cliquant sur la coupe du monde !

Repost 0
Published by Tévélis - dans En classe
commenter cet article
27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 07:30

En 2002, une certaine ministre déléguée à la famille, tombée dans l’oubli depuis, a instauré le congé paternité en plus du congé de naissance. Après en avoir profité une fois en 2010, j’ai remis le couvert il y a peu, bien décidé à bénéficier de ce dispositif une nouvelle fois. La loterie de la fin de grossesse et le hasard du calendrier m’ont permis de rester cinq semaines consécutives loin de ma classe (vacances comprises, je vous rassure).

 

Cinq semaines, c’est presque autant que pour les vacances d’été. La température et l’ambiance estivales en moins. Alors pas question de louer un mobil home dans le sud de la France, même si, au mois de novembre, les prix sont enfin abordables. Pas question non plus de balades à vélo, de pique-niques champêtres ou de couchers de soleil lascifs dans la fraîcheur tombante du crépuscule. Non, le mois de novembre n’offre qu’humidité, nuit précoce et raclette au fromage aux oisifs vacanciers hors-saison.

 

Cela dit, me direz-vous, le congé paternité, dans l’esprit de la fameuse ministre déléguée, avait un autre objectif que de permettre à l’heureux papa de vaquer à de futiles activités divertissantes. Dans mon esprit aussi, cela va de soi. Je m’attendais à dorloter, changer, cajoler, consoler, changer, nourrir, changer, baigner ma toute neuve progéniture. Fidèle au complément du nom accompagnant mon congé, je m’attendais à paterner.

 

C’était sans compter sur la pulsion réactionnaire, un poil extrémiste, carrément antiféministe de ma compagne qui m’a dit :

 

Ma compagne : Les couches, les tétées, les vomis et les câlins, je m’en occupe. Le rôle du père, c’est de finir les travaux dans la maison qu’on vient d’acheter.

 

Du coup, j’ai passé les trois dernières semaines dans une maison vide à faire des travaux. Trois semaines dans la peau d’un artisan constructeur de maison. Un peu comme dans l’émission Vis ma vie. Trois semaines à vivre  la vie de Marc-Emmanuel Dufour, le type de l’émission Tous ensemble. http://s.tf1.fr/mmdia/i/28/0/tous-ensemble-fait-sa-rentree-le-14-septembre-a-17h50-sur-tf1-10979280tbnmh_2568.jpg?v=1

 

Cela dit quand je parlais de mes travaux à mon entourage, les gens tiquaient sur le mot « travaux ». Ils me parlaient gros oeuvre, maçonnerie, carrelage et électricité. Je leur rétorquais tapisserie, parquet, peinture et linoléum.

 

Mon entourage : Ah oui…de la déco, pas des travaux.

 

Alors, fhttp://www.ninapeople.com/i/2008/9/5959_s.jpgace à leur dédain, pour ne pas perdre la face je m’empressais d’ajouter qu’il y avait aussi un peu de plomberie. Sans préciser qu’il s’agissait juste d’un joint à changer, mais résigné à participer pendant trois semaines à « Vis ma vie de Valérie Damidot ». A passer un petit mois dans la confortable et spacieuse peau de la joviale animatrice de télévision.

 


Au début, ma nouvelle activité me convenait parfaitement. Mes outils de travail étaient d’un calme rassérénant. Contrairement à mes élèves, les murs ne bavardaient pas, les pinceaux ne se battaient pas et  la colle ne me répondait pas. Quand je me trompais dans la découpe d’un lé de papier peint, il finissait à la poubelle. Et aucun risque qu’à la sortie son père ne vienne me demander des comptes. Je rêvais alors qu’à l’école on puisse chiffonner et jeter un élève en difficulté puis en découper un tout neuf pour le remplacer. Je rêvais que les bavardages des élèves puissent se diluer dans l’eau comme la peinture dont on cherche la bonne teinte. Je rêvais que les apprentissages s’emboîtent dans les mômes comme des lames de parquets, avec un simple coup de marteau.

 

Je me voyais finir ma vie professionnelle dans des maisons vides à rénover.

 

Deux jours plus tard, je carburais aux antidépresseurs. J’étais à bout. Seul. Au bord du gouffre.

 

Je n’en pouvais plus de ces dociles rouleaux qui se laissaient malmener sur les murs sans rien dire, de ces lés de papier peint uniformes et sans personnalité qui se rangeaient selon mon bon vouloir sans même moufeter, de cet escabeau soumis et silencieux que j’escaladais sans scrupule. Je n’en pouvais plus de ces pièces vides aux murs bruts où résonnait jusqu’à m’étourdir la solitude qui m’assaillait.

 

Mais surtout, je n’en pouvais plus de mes mains autrefois délicates, devenues rêches, écorchées et douloureuses.

 

J’étais en manque. En manque de cris, de différences, d’irrespect, d’incompréhension. En manque d’humains. D’humains de dix ans. Et d’adultes aussi. En manque de mes collègues. De les critiquer, et qu’ils me critiquent.

 

Mais surtout en manque de douceur pour mes mains désormais calleuses et râpeuses. Ces mains aux longs doigts de pianiste qui faisait la fierté de ma mère dans mon enfance, mais qui n’ont jamais joué que de la flûte à bec et de la guitare.

 

De retour dans mon école, vendredi dernier, pour faire le point avec ma remplaçante, dans le couloir, j’ai croisé mes élèves surexcités avec un grand sourire candide, j’ai serré Monsieur Janti dans mes bras, j’ai embrassé chaleureusement Madame Lafeuille, et j’ai même fait la bise à Directrice.

 

Et lorsque ma remplaçante m’a remis les clés de l’école, j’ai trouvé le moment hyper solennel. Même si elle a un peu mal galéré pour la retirer de son trousseau duquel pendait un énorme porte-clés Falbala, il y avait quelque chose de cérémoniel. J’ai eu l’impression qu’elle me rendait ma vie.

 

Ma vraie vie.

 

Ma vie de professeur des écoles.

 

http://souklaye.files.wordpress.com/2009/04/segolene-royal.jpg

Déjà 890 personnes aiment la page Facebook d'Un prof à l'Envers

Rejoignez-les en cliquant sur la ministre déléguée à la famille de 2002.

Repost 0
Published by Tévélis - dans Hors classe
commenter cet article
16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 16:55

 

Pour cause d'heureux événement, je n'ai pas écrit d'article depuis une quinzaine.

Mon congé paternité m'éloigne de ma source d'inspiration, du coup je sèche.

 

De plus, les fêtes approchent et il serait temps de penser à faire la promo du livre dont je suis l'auteur, ouvrage qui figure dans ses deux versions dans la colonne de droite sur votre écran.

 

Trois bonnes raisons (la naissance, la panne d'inspiration et la publicité) de vous proposer un extrait des Tribulations d'un futur papa (réintitulé Au secours, journal d'un futur papa gaga dans sa deuxième version).

 

 

Jour 169 : Comment tu t'appelles ?

 

Le choix du prénom. Le choix d'un « cadeau » pour la vie. Pour le coup, c'est vraiment le seul cadeau qui plaît à celui qui l'offre et pas forcément à celui qui le reçoit. Et pas de service après vente. Pas de retouche. Pas de bon d'échange. Même pas un « Ça te plaît ?? » poli.

 

Juste un prénom qui te tombe sur la tronche sans vraiment que tu t'en rendes compte. Il s'insinue dans ta vie comme si c'était normal, comme s'il émanait d'une décision divine ou d'un ordre supérieur. Jusqu'au jour où tu te rends compte que Dieu n'y est pas pour grand chose dans ce choix et que l'être supérieur qui est à l'origine de ton prénom s'appelle Aaron Spelling le célèbre producteur de séries américaines telles que Beverly Hills 90210, Melrose Place, Sunset Beach, Charmed, Sept à la maison ou encore les Frères Scott, et bien d'autres séries, sources intarissables de prénoms à la mode.

 

Mais comme tous les parents. On ne va pas attendre l'avis de notre chérubin avant de lui attribuer un prénom. Pendant 15 ans, il sera difficile de ne pas l'appeler.

 

Alors on fait appel à plein de références. Phonologique, orthographique, biblique, personnelle, cinématographique...

 

Et chaque fois que l'un de nous pense à prénom, on recherche les difficultés éventuelles à le porter.

 

La dame de l'administration : Comment tu t'appelles ?

Kristèlhe :: Kristèlhe.

La dame ( écrivant) : Chri – stelle...

Kristèlhe : Non, non ! K-R-I-S-T-E-accent grave-L-H-E

 

La maîtresse : On dit Ja-Zon ou Djeï-zone ?

Jason : Jâ-zôôône, Maîtresse, je viens du Haut-Doubs.

 

Le père de Brian : Mon fils est au collège. Y'a plus de la moitié des profs qui l'appellent Brillant.

Le père de Brâillane : Moi, j'ai trouvé la solution.

 

La maman : Elle s'appelle Pom' !

La dame de l'état civil : C'est pas possible, Madame. Désolée de vous couper dans votre élan originalo-artistique mais l'apostrophe est interdite dans les prénoms.

La maman : Bon, ben Pomme.

 

La difficulté pour tout enseignant, c'est que chaque prénom rappelle à un cas souvent grave qu'il a rencontré dans sa carrière (même courte).

 

Elle : Valentin, t'aimes bien ?

Moi : Valentin ? Ah non ! J'en ai un qui m'avait pris les phasmes de la classe pour des bâtons de réglisse et qui les avait sucer à la récréation.

Elle : Et Hugo ?

Moi : Lui, je l'avais surpris dans les toilettes en train de se peigner avec la brosse à chiottes.

Elle : Et Diégo

Moi : … ben non, j'en ai jamais eu !

Elle ( espérant ) : Et ça te plaît ?

Moi : J'en ai jamais eu en classe mais j'en connais un qui s'est qualifié en demi-finale de la coupe du monde de foot 1986 en faisant une main. Ensuite il a grossi et il est tombé dans la drogue.

Elle : Tu nous arranges pas la tâche, tu sais ?

 

Alors on essaye de se mettre à la mode. On invente des prénoms à partir d'autres noms.

 

Elle : Et si on faisait un mixe des grands-pères si c'est un garçon.

Moi (ironique) : Voyons ? Bernard et Alain ! Tu préfères quoi ? Berlain ou Anard ?

Elle : …

Moi : En plus, c'est déjà pris.

 

Du coup, on cherche dans les consonances qui nous plaît.

 

Moi : J'aime bien les prénoms en A.

Elle : Ouais, mais y'en a à foison en ce moment des prénoms de filles en A.

Moi : C'est vrai... mais pour un mec ?

Elle : T'en connais ?

 

Après plusieurs heures de recherche, je n'ai qu'un prénom dans ma liste.

 

Judas.

 

Masculin, court, qui se finit en A, bonne sonorité avec le nom de famille, pas trop connoté, pas beaucoup porté. En tous cas je n'en connais aucun. Presque parfait. Dommage, mais après des recherches sur l'origine, Google me renvoie à de nombreuses références bibliques. On préfère un prénom païen. Comme Sabrina par exemple. Qui rappelle plus la célèbre interprète toute mouillée de Boys Boys Boys qu'une figure quelconque de l'ancien testament. Du coup, Judas passe à la trappe.

 

Au final, on décide de penser à contre-courant. Comme tout le monde recherche l'originalité, on se dit que les prénoms les plus portés du moment vont bientôt tomber dans l'oubli. L'originalité de notre enfant sera qu'il s'appelle comme tout le monde... avant.

 

Un petit tour sur internet et les statistiques de l'année 1959 met fin à notre torture mentale quotidienne.

 

Notre enfant s'appellera Philippe ou Brigitte.

 

http://www.city-editions.com/IDEO/Couv%20ideo/couv-au-secours-futur-papa.jpgDéjà 832 personnes aiment la page Facebook d'un Prof à l'Envers !

Rejoignez-les en cliquant l'image.

Repost 0
Published by Tévélis - dans Hors classe
commenter cet article
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 07:30

Déjà en vacances !

Voilà ce que j'entends depuis cinq jours de la bouche de tout le monde et de n'importe qui.

Alors, dans un moment de faiblesse, je me suis mis du côté des détracteurs d'enseignants. Me laissant submerger par la dictature de la masse, je me suis rallié au plus grand nombre et dans un élan de culpabilité, j'ai crié... ou plutôt, j'ai chanté qu'on avait trop de vacances.

Bonne écoute et bonnes vacances (malgré tout) :



On n'est pas fatigués

Ça commence par la Toussaint  et ça nous coupe dans notre entrain.
Deux semaines de repos forcé, on vient à peine de s'échauffer !
Des vacances en plein automne, même en gros pull moi je frissonne
Quand j'traverse le cimetière avec  des fleurs... pour ma grand-mère.

En décembre, le vent d'hiver ne me rend pas trop impatient
D'me r'trouver dans deux semaines et sans travail et sans élèves
A m'ennuyer comme un rat mort en attendant qu'l'année s'achève.
En espérant trouver dans mes cadeaux... un nouveau boulot.

Refrain :
Quatre mois par an à buller comme des retraités
Seize semaines au moins, à rester loin du turbin.
Faut pas abuser des bonnes choses.
N'abusons pas des trop longues pauses !
A quoi ça sert de s’arrêter...
On n'est même pas fatigués.

Puis on enchaîne en février, à peine l'année est entamée
On n'arrête pas de s'arrêter, c'est un vrai rythme saccadé
On envahit la montagne, on la capture avec des cordes
A quoi ça sert d'aller là-bas, moi j'sais même pas faire de snowboard !

A Pâques on laboure le jardin à la recherche de p'tits lapins
Ça prend 10 minutes quasiment, qu'est-ce qu'on va foutre le reste du temps
Attendre gentiment le printemps qui doit se pointer normalement
Et trépigner sur notre banquise, impatient d'voir venir la r'prise.

Refrain

 

Voilà en fin des vrais vacances, des au soleil, des qui sentent bon
La crème solaire, le romarin, et l'air marin et le melon
Mais huit semaines à ce rythme-là, c'est inhumain c'est bien trop long
Vivement la rentrée pour se pauser, on commençait... à fatiguer.

Refrain

 

http://www.musicplusfrance.com/wp-content/uploads/2007/02/photo-pour-site-054.jpg

Que vous culpabilisiez oui non d'avoir autant de vacances,
rejoignez la page Facebook d'un Prof à l'Envers

Repost 0
Published by Tévélis - dans Chansons
commenter cet article
18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 16:00

Quand je rentre dans la classe ce matin, mes yeux pétillent lorsqu'ils tombent sur le tableau de devoirs. C'est cette phrase qui les met en émois : "Pour jeudi 17 octobre, apporter des gâteaux de l'Aïd au maître".

Ce ne sont pas seulement mes yeux qui sont aux anges. Mon ventre aussi. Mon estomac, en fait. Que je n'ai pas rempli depuis deux jours. Depuis mardi, lorsque j'ai vu qu'il me manquait 16 élèves pour cause de fête religieuse.

Seize absents. Autant d'assiettes remplies de succulentes petites pâtisseries dégoulinantes de miel, de neige de coco et de noisettes concassées. C'est pourquoi, j'ai décidé de jeûner en attendant de me gaver de ces délices.

Seize desserts ! Cela me fait penser aux treize desserts provençaux. Ceux de Noël. Ceux du château de ma mère. Pas la mienne, celle de Marcel Pagnol.

Comme le film n'est pas plus culte que le livre, voici la scène en vidéo (elle ne dure que 16 secondes, encore un signe).


Alors quand je repense à cette scène, je file dans la BCD, là où se trouve la plus grande table de l'école. Il m'en faudra de la place pour disposer toutes ces pâtisseries. Je consulte le planning d'occupation de la salle. Parfait, elle sera libre ce matin. DSCN0803

Je préparerai la table pendant la récréation et je me régalerai à midi loin de la salle des maîtres, des odeurs mélangées de micro-ondes et des jacassements de mes collègues féminines. Seul, comme dans un rêve couvert de sucre glace, croquant et moelleux à la fois.


Je fais place nette sur la table. Elle est vierge et n'attend qu'à être dépucelée par une bande de makrouts,de cornes de gazelle, de ghrybias et autres ghriwechs.

Mais finalement, les quinze minutes de la récréation sont largement suffisantes pour préparer la table.

DSCN0805


Après avoir posé l'unique Tupperware apporté par Sanah. Je consacre les treize dernières minutes de cette triste récréation à noter dans la fiche de comportement des quinze autres élèves absents mardi, l'annotation suivante : Travail à la maison non effectué, même si elle s'adresse plus aux parents qu'aux gamins.

A midi, je décide quand même de m'isoler. De manger seul dans la bibliothèque dans une tristesse absolue. Mais dans le calme, pour apprécier le mieux possible, ce repas léger.

 

Léger, léger. Au bout de trois boules de coco, de deux makrouts et d'une espèce de mini croissant croquant d'où s'échappe une douce odeur de friture, le mot léger associé à ce repas n'est plus aussi approprié.

DSCN0806

Déjà 680 personnes aiment la page Facebook d'un Prof à l'Envers

Cliquez sur les délices de Sanah pour les rejoindre !

Repost 0
Published by Tévélis - dans Hors classe
commenter cet article
13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 07:30

Chaque année,  je scrute le calendrier réligieux musulman en salivant.

aidJ'attend que la Lune se transforme en bourreau le temps d'une observation de la Cour suprême de l'Arabie Saoudite et qu'elle enterine, avec son croissant, le sort des quelques milliers de pauvres moutons.

Ce n'est pas le croissant qui me fait saliver. Encore moins, le mouton égorgé se noyant dans une baignoire rempli de son propre sang.

Ce n'est pas non plus le fait que ma classe sera réduite à un effectif d'équipe de basketball (sur le terrain). 

Non, ce sont les pâtisseries cuisinées pour l'occasion : les makrouts, les cornes de gazelle, les ghrybias et autres ghriwechs.

Mais les traditions se perdent et chaque année ma gourmandise est de moins en moins satisfaite. Et ce n'est pas la charte sur la laïcité qui va arranger les choses.

Alors cette année, j'ai pris le mouton par les cornes. J'ai prévenu mes élèves :

  • qu'ils vaquent le mardi 15 octobre
  • qu'ils se reposent
  • qu'ils mangent du mouton à ma santé
  • mais surtout qu'ils fassent leurs devoirs pour jeudi... et leurs parents aussi !

 

devoirs

 

Et tant pis si la leçon sur Louis XIV et le poème ne sont pas correctement sus. En CM2, ils doivent être capables d'identifier les priorités parmi les tâches imposées par le maître.

 

 

A suivre...

 

http://imworld.aufeminin.com/dossiers/D20110801/makrout0-1-184009_L.jpg

Déjà 678 personnes aiment la page Facebook d'Un Prof à l'Envers.
Cliquez sur les makrouts pour nous rejoindre !

Repost 0
Published by Tévélis - dans En classe
commenter cet article

Un Prof À L'envers

  • : Un prof à l'envers
  • : Jean Tévélis, professeur de écoles, raconte ses aventures dans ce blog avec des billets remplis d'humour, d'enfance et de vécu...
  • Contact

Le livre (cliquez sur l'image)

La page Facebook

Du même auteur

Catégories