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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 15:55

Je m'étais dit cette année que je ne balancerais pas sur mes collègues... C'est un peu comme arrêter de fumer. Au moment où on se sent fort,  sûr de sa maîtrise... on nous colle un paquet sous le nez.  Et bien, c'est pareil. Quand je pense résister à la moquerie... les collègues se mettent en quatre pour se ridiculiser et me tenter.

Donc, ce matin, Madame Lafeuille arrive à l'école en baskets. Jusque là rien d'anormal vous dîtes vous. Soit vous ne connaissez pas Madame Lafeuille (voici de quoi corriger cela), soit vous aussi, vous mettez des baskets quand vous êtes habillés en tailleur... Je crois que depuis le portable de Michaël (voir image), je n'avais rien vu de plus ridicule.

Mes collègues aveugles ou faux-culs ne font aucune remarque... Je me lance :

Moi : Ben didon... Madame Lafeuille... t'as sorti les pompes.
Madame Lafeuille (à qui le langage jeune  échappe carrément) : ....
Moi : T'as mis des belles baskets... Tu fais sport aujourd'hui ?
Madame Lafeuille ( rougissant) : Non !
Moi (mal à l'aise... ne comprenant pas sa réaction... et complétement faux-derche) : En tout cas, elles te vont super bien.
Madame Lafeuille : Merci.

C'est un peu plus tard que j'ai compris. Ma collègue avait pris rendez-vous avec le jeune-papa-beau-gosse de l'école. J'avoue, moi qui suis du genre à donner mon avis sur les mecs pour jauger la concurrence, que ce papa est plutôt pas mal. En tous cas, même en mettant du gel, du déo et de la pommade, je lui arrive pas à la cheville (c'est dire...).
 
Madame Lafeuille qui secrètement ( et vainement ) espèrait charmer le jeune-papa-beau-gosse avait arrangé un rencart sous un prétexte bidon, genre :

Monsieur,
depuis la rentrée le comportement de Julie m'inquiète. J'en ai déjà parlé à votre épouse entre 2 portes mais  cela n'a servi à rien. J'aimerais donc vous rencontrer vous personnellement, tout seul, sans votre femme, que vous quoi... Lundi soir à partir de 16h30 jusqu'à une durée indéterminée. Je ne  souhaite pas que Julie assiste à la réunion, les propos que nous tiendrons étant, je le crainds pas, de son âge (si vous voyez ce que je veux dire...). Affectueusement Madame Lafeuille.

A 16h30, elle s'enferme seule avec lui dans sa classe.
Avec Aurélie de maternelle, on passe devant et voilà qu'on trippe. On imagine les différentes situations qu'on rencontrerait si on entrait sans prévenir dans la classe...

1. Et là, on rentre... et on voit le papa debout derrière le bureau avec le  compas géant du tableau dans la main. Madame Lafeuille de l'autre côté n'a gardé que ses baskets...

Le papa (histérique, qui perd pas mal de charme) : NAPROCHAIPA !!! NAPROCHAIPAAAA !
Madame Lafeuille : Allons du calme, je veux juste vous parler de Julie....
Le papa (suppliant à bout de force): Rhabillez-vous... s'il vous plaît... s'il vous plaiiiit !
Madame Lafeuille :  J'ai drôlement chaud...pas vous ?
Le papa  (sanglotant et se rendant...) : Prenez moi, faîtes ce que vous voulez de moi... mais couvrez vous... j'en peux plus...aaaaahhhrrr !

 2. Et là, on rentre...

Madame Lafeuille est au tableau et le plus sérieusement du monde, pointe de sa grande règle jaune une position du Kamasutra dessinée au tableau.
Le papa assis à la place de Julie récite docilement :

Le papa : La position 31 : Se pratique de preférence dans un gymnase muni de grand rideaux de séparation. La femme ... [Over-Blog a censuré cette partie... car je n'ai pas la mention adulte]... ce qui lui donne énormément de plaisir.
Madame Lafeuille : Très bien. Et celle-là. Bravo ... nous allons bientôt passer à la mise en pratique... la théorie, c'est tellement ennuyant.
Le papa : Rien qu'avec la théorie, je sens que je fais des progrès... Ma femme est ravie. D'ailleurs elle vous a fait ce gâteau pour vous remercier.

3. Et là, on rentre...

Tout nos collègues surgissent déguisés en criant : "SURPRISE"

Nous : ...
Eux : Kesvoufoutélà ???
Nous : Pivous ??
Eux : Euh...
Nous : Vous attendiez qui ??
Eux : L'inspectrice, c'est son anniversaire aujourd'hui.
Nous : C'est pas vrai... vous êtes que des faillots... Vous faîtes une surprise party pour l'anniv de l'inspectrice !!
Eux : On n'a rien sans rien.


4. Et là, on rentre...

Madame Lafeuille est en pleure et le papa très mal à l'aise à côté d'elle, bafouille :

Le papa : Nan, c'est pas ça... vous êtes très belle (il s'étrangle)... c'est que y'a ma femme et ...

Madame Lafeuille, nous voyant arriver, s'essuie les yeux de la manche et dit  assez fort.

Madame Lafeuille : Non, monsieur.... vous êtes marié. C'en est presque insultant. Qu'avez vous cru ? Je suis la maîtresse de votre fille... pas la vôtre.
Le papa : ...
Madame Lafeuille (très gonflée) : Et puis, je sais que j'ai une belle poitrine... mais vous auriez dû garder vos dans votre sl...vos poches.


Reour à la réalité :

Monsieur Janti (qui passe par là) : Qu'est ce qui vous fait marrer ?
Aurélie (encore dans le trip imagination) : T'entends pas des bruits suspects dans la classe...on s'inquiète.
Monsieur Janti (qui a compris l'allusion) : Vous êtes vraiment des gamins...

 OUI ET VIVE L'ENFANCE..... ET MADAME LAFEUILLE !!!!!!
 

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 09:11

Si vous avez lu le début... Ok. Sinon c'est pour vous :début.

On est obligé de dérouler Damien pour le délivrer de sa serviette.... Le vestiaire étant petit et la serviette de bain très grande, on manque de recul. Quelqu'un ouvre la porte pour nous donner une plus grande marge de manoeuvre. Du coup, la serviette s'étend  jusque dans le couloir et Damien en sort triomphant, son slip à la main... car il a de la suite dans les idées et ce n'est pas une malencontreuse chute et cette position horizontale si inconfortable qui l'ont empêché de retirer son slip. Malheureusement, les filles plus rapides (pour se déshabiller, je précise) et moins nombreuses sont déjà en train d'attendre dans le couloir et Damien brandissant son slip à la main leur donne un spectacle des plus croustillants. C'était le sixième effet piscine.

7. Les douches glacées... c'est l'occasion de recréer l'atmosphère acoustique d'un avion qui passe le mur du son dans votre cage d'ascenseur. La maîtresse qui m'accompagne tente vainement de bleugler plus fort que la troupe. Mais qui ne connait pas l'effet d'une eau glaciale qui tombe sur son corp encore chaud  d'un vestiaire à 35°C.

8. Le pédiluve... L'endroit préféré de toutes les bactéries pédestres , les lipozomes de pieds (dirait Joris)... L'eau n'est pas plus chlorée... ils espèrent juste endormir les bactéries par cryogénèse pour les réveiller dans 60 ans... C'est pour ça que l'eau est aussi froide.
Damien, un peu maladroit, trébuche, il gicle ses voisins de cette eau "saine et tiède" et la maîtresse se prend quelques gouttes et braille comme les gamins sous la douche (Bravo). Résultat, Damien commence sa séance de piscine sur le banc.

Le neuvième effet piscine : c'est Tarzan, le maître nageur. Damien est dans son groupe, bien-sûr.  Le groupe des intermédiares moins moins plus... Je crois que c'est les gamins qui n'ont pas d'appréhension avec l'eau mais qui ne savent pas nager... les plus dangereux en somme. La technique de Tarzan est simple et  originale. Au lieu de leur apprendre à nager, il remonte à la source du problème, et il tente de créer des appréhensions. Comme ça les gamins ont peur de l'eau et ils ne prennent pas le risque d'y aller... Ca fonctionne pas mal, à part Damien qui résiste encore, les autres font une vie chaque jeudi pour ne plus aller à la piscine. (Bravo Tarzan).

Voici les phrases-clés de la méthode de Tarzan que vous pouvez vous procurer aisément à la FNAC sous le titre de "ASSIMIL  : Langage de la Jungle"

"Saute dans l'eau ou c'est moi qui t'pousse."
"C'est que de l'eau, elle va pas te manger... par contre, moi j'ai faim." 
" T'accroche pas à la ligne ou j'envoie une décharge."
"T'as bu la tasse... ça fait 50 centimes.... mouahahaha."
"Tends les bras, lève le menton, souffle dans l'eau, arrête de pleurer..."

 
Voilà, on croit être au bout du bout de l'enfer, quand Jane souffle à plein poumons dans son sifflet pour nous dire de dégager... On croit voir le bout du tunnel... c'est lueur tant attendue depuis le début de ce long après-midi. Pourtant, après le coupde sifflet, on n'enest qu'à la moitié... Il reste :

le pédiluve, re-la douche, re-le vestiaire, re-les chocs thermiques successifs, re-Raymond, le chauffeur de bus....

Moi : Alors Damien, c'était bien la piscine ?
Damien (complètement naze...dans un sursaut dynamique) : OUAIIIS !!!!!

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 12:06

Jeudi matin, le vent souffle dans la cour. Emmitouflé dans mon col, j'aperçois Damien qui perce la foule pour se planter devant moi.

Damien : Maître, on va bien à la piscine cet après-midi ???
Moi  : Oui
Damien : OUAIIIISS !!!

Je crois qu'il réagit comme ça tous les jeudis matin depuis 3 semaines... et même depuis 4 ans, chaque matin de jour de piscine. Et chaque fois, j'essaie de répertorier les raisons qui le mettent dans cet état. En vain.

Vous vous dîtes : Rien d'anormal pour un enfant.
Je vous dis : Oui... pour un enfant lambda qui va à la piscine avec ses parents ou ses copains...
Vous vous dîtes : Quelle différence ??
Je vous dis : On parle de Damien... et on parle surtout de piscine scolaire.

Imaginez un peu :

L'expédition commence dans le bus qui vient nous chercher devant l'école. Damien encore guilleret, ne tient pas à rester au bord du bassin et suit mes conseils : il monte dans le bus dans le calme. Premier effet piscine :

Raymond (le chauffeur) : Tu pourrais dire bonjour, nom de dieu !!
Damien (qui est descendu d'une marche) : Bonjour.
Raymond (qui ne compte pas en rester là) : Non mais c'est pas vrai. Les jeunes maintenant, y savent plus dire bonjour. L'aut'jour encore y'a une école qu'est montée. Je les ai fait redescendre pasqu'ils disaient pas bonjour. Et ben maintenant, ils le disent... vous pouvez me croire.
Moi : En fait, c'était nous... l'école que vous avez fait descendre. Et c'est parce qu'il y avait trop de bruit... alors je leur ai suggéré le calme... et is n'ont pas osé broncher...

Ensuite, c'est le bouclage de ceinture. Le problème des bus ultra modernes qui ont des ceintures... c'est que les ceintures datent de l'époque où elles sont devenues obligatoires dans les voitures...1970. Elles se bloquent si tu tires trop fort, si tu tires pas assez fort ou si tu tires moyen fort... et Raymond n'allume pas le contact tant qu'il n'a pas entendu le nombre de clic correspondant à l'effectif de la classe. Alors je clique 13 fois pour les autres et c'est parti.

Le deuxième effet piscine : c'est la conduite de Raymond. Les rond-points au taquet, les virages sur deux roues et la sensibilité accrue des pédales de freins et d'embrayage (pour ne pas mettre en cause la finesse de motricité de la jambe droite de Raymond). Résultat : Joddy vomit. Vous vous dîtes : pas de souci pour Damien cette fois-ci... Sauf que Damien, il est assis 4 rangées derrière Joddy, et que Damien il est impatient de montrer ses nouvelles lunettes de piscine à son copain Ludo... Raymond apprend la nouvelle (à propos de Joddy), il pile. Damien lâche ses lunettes. Raymond se rend compte qu'il est au milieu de la route, arrêté sans raison apparente pour les véhicules qui le suivent, il redémarre, il voit un parking et pile à nouveau. Les lunettes de Damien, entraînée par le mouvement de freinage, glissent pour arriver dans le vomi de Joddy.


Le troisième effet piscine : Les chocs thermiques successifs:

5°C dans la cour en attendant le bus.
36°C dans le bus de Raymond qui conduit en marcel.
5°C entre le bus et la piscine (presque 600m... merci le plan vigipirate).
39°C dans le hall de la piscine.
15°C, l'eau de la douche obligatoire.
25°C dans la piscine... mais mouillé à attendre en tremblant que Tarzan (le maître -nageur) daigne bien lâcher Jane (la surveillante) pour s'occuper de notre école.

Le quatrième effet piscine : L'enfer des vestiaires.

Les garçons d'un côté, les filles de l'autres. Les 15 gars d'un côté... et les  6 filles (et les 3 jeunes filles dispensées chaque mois à la même période) de l'autre.
15 mecs dans un vestiaire... ça va.
Mais 34 mecs dans un vestiaire, bonjour l'intimité. Ben oui, on partage notre vestiare avec 2 autres classes de la ville. Déjà que se mettre tout nu devant ses potes, c'est pas toujours facile... mais en plus... voilà 20 types qu'on connaît ni de Jane ni de Tarzan.
Damien le roi de l'astuce, qui doit traîner ses guêtres tout l'été sur les plages de la grande motte, s'enroule dans un serviette de 2 km carré. Il faxe son bras droit à l'intérieur et se dandine en essayant vainement d'extirper son slip (bien sûr, je leur avait dit de mettre leur maillot de bain à la maison pour gagner du temps... ).
Pendant ce temps, un élève inconnu entortille sa serviette en faisant un mouvement de rotation et d'un geste expert et assuré, la fait claquer sur la cuisse d'un non-initié qui le regardait, intrigué. Son cri strident et surpris crée un mouvement de foule qui se propage jusqu'à notre ami Damien. Celui-ci a peu d'envergure de jambe dans sa position actuelle et son  centre de gravité se trouve facilement décalé par rapport au petit polygone de sustentation de ses pieds joinds... et c'est la chute. Rappelons-le, son bras droit est coincé dans sa serviette et son bras gauche en fait une affaire d'honneur de ne pas lâcher la serviette... donc pour Damien, les mains ne pourront pas le protéger... et il se laisse tomber comme une grosse... comme une grosse, tout simplement.

Et là, je me dis... il n'est pas encore entré dans l'eau... C'est loin d'être fini pour lui. A suivre.

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 18:47

En début d'année scolaire, tous les profs apréhendent la fameuse réunion lors de laquelle ils rencontrent tous les parents pour leur expliquer comment va se passer l'année (pédagogie, rituels en classe, méthode de travai, projets...). Le plus souvent, cette réunion, qui au préalable, est censée informer les parents se transforme en tribunal où le prof, victime et avocat, se justifie, sue, s'explique, se contredit, sue, parlemente, pue.... et j'en passe.

Il est vrai que cela dépend des écoles. Il en existe  certaines où  la chasse aux parents (ouverture en septembre) est le sport scolaire principal. Aucun parent ne se présente à cette réunion et il est difficile de les aprecevoir à la sortie des classes ou en rendez-vous.

Concentrons-nous uniquement sur le genre d'école où les parents campent devant la classe depuis l'annonce de la date de la réunion comme certains devant l'Olympia avant un concert de Johnny. Pour ceux-là voici quelques conseils indispensables pour éviter une année galère pendant laquelle le Parent-Power fait la loi dans la classe.

Conseil n°1. Aux attaques des parents, il faut répondre par des attaques tout aussi directes, et construites sur le même modèle de phrase pour éviter tout malentendu.

Une maman ( qui hésite à vous tutoyer) : T...Vous êtes jeune.
Le prof ( naïf, qui croit à un jeu de description) : Vous êtes grosse.

Un papa : Vous n'avez pas d'expérience.
Le prof : Vous n'avez pas de travail.

Une maman  (souvent la même , mais déguisée... pour pas passer pour la chiante) : Vous n'avez toujours pas fait le passé antérieur depuis la rentrée.
Le prof : Vous ne nous avez toujours pas accompagnés à la piscine depuis la rentrée.

Un papy  (ben oui, Heidi est dans ma classe) : Vous avez déjà eu ce genre de classe.
Le prof : Si vous voulez parler d'une classe où les parents sont aussi chieurs... Non, il y en a peu.

Conseil n°2. Assurez-vous qu'aucun parent n'est prof à ses heures perdues. Si la voie est libre, innondez les pauvres parents de jargon pédagogique incompréhensible.

Une maman : Et heu... en Français ?
Le prof : En français... c'est simple... j'emploie la PMEV... oui vous savez cette fameuse Pédagogie Maitrîsée à Effet Vicarian... Il s'agit en fait d'un processus de cognitivasation par l'appréhension du terme exercé par sa réciproque dans le cortex binaire de votre enfant. Et vice et versa...

Conseil n°3 : Recadrer les parents qui tentent de profiter du système scolaire pour prendre du bon temps.

Un papa : Et heu... le voyage scolaire ?
Le prof : Houla, malheureux, je vous arrête tout de suite. Il n'est plus question de voyage scolaire depuis belle lurette. Je vous excuse, car aux vues de votre coiffure et de votre style vestimentaire, je vois que vous avez fait une longue escale dans les années 80... En fait, maintenant chaque sortie est en rapport avec un projet de classe ou d'école. Oui, je sais, le maître de l'année dernière est allé au parc Astérix  pour son projet Gaulois... Mais soyons un peu sérieux, pourquoi pas DisneyLand pour étudier la chaîne alimentaire... ou encore la Gay-Pride pour une leçon de civisme et d'ouverture... (sans mauvais jeu de mot)... ou même une virée au MacDo pour notre projet nutrition.

Conseil n°4 : Balancez constemment sur le gamin d'un parent absent pour asseoir votre autorité sans pour autant froisservotre auditoire.

Une maman : Et heu... les sanctions ?
Le prof : Les sanctions sont variables et il existe toujours  une corrélation entre la sanction et   l'acte sanctionné. Par exemple, Kévin a fait tomber son taille-crayon, l'autre jour... Résultat il a passé chaque récréation de la semaine a tailler les crayons de l'école. Ensuite il a rangé les crayons par ordre de taille et par ordre alphabétique inverse des couleurs en roumain. Pour finir il a rembourré les coussins de la bibliothèque avec la "taille de crayon" et comme il était dans la bibliothèque, il a couvert les livres avec du papier toilette triple épaissuer et de la colle à bois. Un autre exemple, pas plus tard que ce matin, je m'aperçois que dans le cahier de liaison de Kévin, le mot concernant la réunion actuelle, n'était toujours pas signé. J'ai empêché ses parents de rentrer classe pour suivre la réunion. Normal, non ??? Je ne voulais pas sanctionner l'enfant pour une faute qu'il n'avait pas commise.

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 14:59
Petite conversation entre la pierre polie et la pierre taillée. Les historiens me diront que c'est anachronique... Je leur rétorquerai : "Vous avez déjà vu des pierres qui parlent ???"

La pierre polie : Bien le bonjour chère Pierre.
La pierre taillée : Salut. Ca caille, hein !!!
La pierre polie : Oui, à pierre fendre... Qu'attendez-vous là, si je puis me permettre ?
La pierre taillée : Ce jour est à marquer d'une pierre blanche... C'est bientôt mon tour.
La pierre polie : Vous voulez parlez sans doute du modelage... Vous connaissez l'expression "J'en prends un pour  taper sur l'autre" ?
La pierre taillée : Ouais...
La pierre polie : Et bien, chère Pierre, c'est ce qui vous attends. Mais vous paraissez sereine.
La pierre taillée : J'ai pas peur.
La pierre polie : Vous avez un coeur de pierre.
La pierre taillée : Ne me jetez pas la pierre, je suis courageuse, c'est tout.
La pierre polie :  Moi, le jour J, je me suis cachée dans un pierrier.
La pierre taillée : Cerise-Gingembre ou Orange Litchi ?
La pierre polie : .... (NDLR : pour ceux qui n'ont pas compris la blague... comme la pierre polie... voici l'explication)
La pierre taillée : Ils t'ont retrouvée apparemment....
La pierre polie : Certes oui, ils ont fait d'une pierre deux coups... j'étais cachée à proximité d'un briquet.
La pierre taillée : A force de t'entendre, j'ai les pierres qui s'entrechoquent...
La pierre polie : La peur vous gagne...
La pierre taillée :  Je pourrai me défendre et sortir ma rapière...
La pierre polie : Celui qui jète une pierre en amont risque de la recevoir sur le nez.
La pierre taillée : Utiliser la séduction alors. Et sortir ma guêpière.
La pierre polie : Vous risquez de passer chez Jean-Pierre Pernaud...
La pierre taillée : Il ne me reste qu'une solution...

Quelques minutes plus tard, Jean-Michel (cest qui ??? c'est lui) arrive pour se fabriquer une belle lance.

Jean-Michel : Ben, elle est où l'autre ???
La pierre polie : Elle s'est taillée.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 16:10

En Histoire, géographie ou sciences, il est interessant de connaître les représentations initiales des mômes. D'un point de vue pédagogique, c'est utile pour construire les séances autour de leurs représentations et patati et patata... Mais l'intérêt se trouve principalement dans la bonne rigolade du moment où vous lisez les trucs du genre :

" Dans la salive du papa il y a des petits vers de terre qui vont pondre dans le ventre de la maman."

"Les érections volcaniques sont dangereuses, elles lancent des rochers partout et transforme les gens en charbon comme à ton pays." (Pompéi en fait)

En Histoire avec les CE2, on allait aborder la préhistoire. Je n'ai donc pas manqué à ce rituel essentiel à la bonne humeur du maître.

A la lecture de leurs productions  et en discutant avec eux, je me suis apperçu que pour eux, tout datait de la préhistoire. Du capitalisme à la tektonik en passant par le coca-cola et le correcteur ( le blanco)... tout a été découvert ou inventé par l'homme préhistorique. J'ai imaginé alors l'histoire de quelques unes de ces découvertes.


Jean-Michel de Cromagnon est un homme préhistorique lambda. Ne vous fiez pas à la particule. Jean-Michel est issue d'une famille de classe moyenne assez humble. Son père était peintre en batîment sur un chantier dans la Dordogne (Lascaux) et sa mère était gardienne de camp. Pour plus d'informations sur la fonction veuillez regarder Koh Lanta.

Jean-Michel rentre de la chasse. Aujourd'hui avec ses potes; ils ont eu un mammouth. Leur trophée à chacun est obtenu au proratat de leur utilité dans la capture du gibier. Jean-Michel n'est pas très en forme ce jour-là et il ne ramène qu'un ongle de mammouth... Francine, sa femme préhistorique, l'attend :

Francine : Elle est où la bidoche.
Jean-Michel : Euh....
Francine : Laisse tomber, j'ai compris. On va encore se serrer les poils de yack.
Jean-Michel : Regarde, j'ai un ongle.
Francine : Ben moi j'en ai 20.
Jean-Michel :  ????
Francine : Laisse tomber. Qu'est ce tu vas en faire de cet ongle.
Jean-Michel : Ca fera une palette pour la peinture.
Francine : Tu me saoule avec ta peinture. J'use des peaux d'aurochs à longueur de temps à effacer tes bétîses sur le mûr de la grotte.
Jean-Michel :  Tu sais que c'est important pour moi. J'ai l'impression de laisser une trace pour les générations futures.
Francine  : Maintenant tu dois choisir. C'est tes dessins ridicules ou moi.
Jean-Michel : ....
Francine : Bravo, t'as gagné. Je m'en vais.
Jean-Michel : Tu vas où ???
Francine : Chez ma mère pour réfléchir.

Jean-Michel et Francine viennent d'inventer le chantage féminin et la belle-mère... (on peut les remercier).

Un autre jour, Jean-Michel, maintenant célibataire tanne son pote Robert....

Jean-Michel : Allez, viens... ce sera cool.
Robert : Non. J'peux pas. Ma femme préhistorique, elle va me tuer si elle apprend ça. 
Jean-Michel : Elle en saura rien. On sera discret.  Rien que nous deux et les deux filles. Elles sont chaudes comme un truc qu'on n'a pas encore inventé.
Robert : Arrète. Tu me tentes.... Ca craint....
Jean-Michel : Allez. Faut profiter. On n'a que 30 ou 40 ans d'espérance de vie... c'est pas beaucoup.
Robert : Bon d'accord... Où et quand ?
Jean-Michel :  Au lac, à l'heure où la lune est au-dessus du troisième sapin au sud...
Robert : Hein ????
Jean-Michel :  A minuit.
Robert : Ah ! Ok .

Jean-Michel vient d'inventer l'adultère et le bain de minuit. Ben oui... n'oublions pas qu'ils seront à poils.


Jean-Michel, en passant devant la grotte de Gilbert, shoote malencontreusement dans un crâne de singe qui traîne par là. Gilbert sort furax en lui expliquant que c'est un cendrier... pour plus tard. Jean-Michel l'insulte et Gilbert lui saute dessus. Monique, la femme préhistorique de Gilbert sort de la grotte en poussant des cris stridant et les hommes se séparent. Les gars viennent d'inventer le football et Monique l'arbitrage. 

Jean-Michel a bien fait d'en profiter car sa vie va être courte. Il la termine en participant à  la plus grande découverte de tous les temps. Alors qu'il  se promène tranquillement un jour de pluie. Un éclair vient frapper un arbre vers lui. Intrigué il s'approche... trop près. Ses poils s'enflamment. Affolé il court vers ses congènères. La pluie ayant cessé, le feu prend partout sur son corps.
Follement mis en apétit par l'odeur de rôti... les potes de Jean-Michel lui sautent dessus et le mangent.
Ils viennent d'inventer le cannibalisme...

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 15:36

A la rentrée, les profs sont toujours méga-motivés. Après leur deux mois de glandouilles-les-doigts-de-pieds-en-éventail, ils pètent le feu et aucun microbe alpiniste ne peut espérer faire l'ascencion de  la face sud de leur larrynx. Du coup... les remplaçants, ils glandent. Enfin, pas vraiment... mais ils sont pas remplaçants, ils sont plutôt : couvreurs de livres, rangeurs de bibliothèques, tappeurs de listes... Bref, quoi qu'il en soit, il reste dans leur école de rattachement et c'est plutôt tranquille pour eux (même si je n'aimerais pas être à leur place... je sais pas couvrir des livres pour qu'ils se referment après.)

Notre remplaçante, enfin celle qui zone dans notre école en attendant une mission digne de Victor Novak, vaut le détour. Normalement un remplaçant, on l'apperçoit chaque  "soir" dans la file des gamins qui quittent l'école à 16h30 et on ne le revoit pas avant le matin quand il est dans la file des mômes qui montent dans leur classe.

Notre Jeannette... elle est là bien avant ma chère Directrice, c'est-à-dire... avant 7h30... et elle repare souvent  après moi (donc après 18h)...alors qu'elle n'a rien à préparer... Au début, on a cru qu'elle était en rade  de logement et qu'elle squattait les coussins de la bibliothèque et le four de la maternelle. En fait, on s'est vite rendu compte que c'était une accroc d'internet et qu'elle n'était pas connectée chez elle.

Un matin  je me pointe super tôt, parce que j'ai rien préparé la veille (rapport au programme télé ou aux horaires des happy hours)... Il est 7h15... elle est déjà là... Je passe la tête dans la salle informatique...

Moi : Euh, salut Jeannette...ca va ?
Jeannette (les yeux ronds comme des 33 tours, en train de fixer l'écran sur lequel défilent chemisiers, pantalons, nuisettes...) : Oui
Moi : T'es tombé du lit ?
Jeannette (ultra concentrée) : Non.
Moi : Je te dértange ?
Jeannette : Oui...enfin non... c'est que y'a une vente privée du Comptoir des cotonniers, je peux pas louper ça...

En fait pour les non-initiés... Vente privée.com, c'est un site où les grandes marques font des ventes flash à des prix très intéressant...

Moi : Mais... c'est toute la journée...
Jeannette : Tu rigoles... A 8h15, y'a déjà plus rien... je peux pas louper ça.


Un soir vers 18H...

Moi : Bon, j'y vais... t'es la dernière, tu fermeras.
Jeannette (ne lâchant pas l'écran du regard et s'exitant sur son clavier): Ouais ouais t'inquiète...ooooh putain de pomme de terre, j'l'avais pas vue....
Moi : ....

Je m'approche de l'écran et là je vois un petit lapin qui fait du vélo et des légumes qui l'attaquent par les airs... Jeannette matraque la touche Espace du clavier en bavant à moitié et lève les bras au plafond en criant  "OUAIS , 0,01 BUBZ..."
Plus tard quand elle s'est calmée et que sa tension  est redevenue celle d'une remplaçante de base (9)... elle m'explique que sur ce site (Prizee), elle fait une partie par jour de quelques jeux et qu'elle peut gagner des Bubz pour acheter des cadeaux.

Moi : C'est dans quel pays, les Bubz ??
Jeannette : Mais naaan, c'est sur le site. Au bout de 12 Bubz par exemple, tu peux avoir un autocollant du poisson Bubulle...
Moi : Et toi t'as combien ?
Jeannette : J'ai déjà 1,26 Bubz et je joue que depuis 1 mois...

Je m'aperçoit qu'elle a comme un pique -nique à côté d'elle...

Moi : Ca dure longtemps ton jeu...?
Jeannette (comprenant de quoi je parle) : Naaan c'est pour après... je suis là jusqu'à 21H54...
Moi : ...
Jeannette : Merde, j'ai loupé le fromage, putain.
Moi : 21H54 ???????
Jeannette : Ouais y'a une vente qui se finit sur E-Bay... je peux pas louper ça...
Moi : T'achètes quoi ?
Jeannette : Une machine à pain... faut que je l'aie...
Moi : Mais t'es toujours à l'école, t'auras pas le temps de faire du pain...
Jeannette : Youhoooou !!! 0,02 Bubz au jeu de la grenouille-qui-monte-sur-des-oeufs-pour-choper-des-mouches...
Moi : Tu éludes la question.
Jeannette : Mais naaan ! Une machine à pain, tu fais rien, tu mets juste les ingrédients et t'appuies sur le bouton.
Moi : Ah ouais, c'est vrai, t'es remplaçante. Tu mets juste les photocopies sur les tables et t'appuies tes coudes sur le bureau....

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 15:42

Depuis la rentrée, il y a une nouvelle politique dans l'école. le "chacun pour sa gueule à la récré". Jusqu'à maintenant, tous les profs de l'école (ou presque) descendaient dans la cour pendant la récré pour boire thé, café, papoter, médire, se plaindre... C'était pas l'éclate, mais ce moment convivial permettait une vraie coupure avec les cours... Bien-sûr; il y avait un maître de service, mais il ne servait qu'à mettre son nom sur les déclarations d'accidents.
La politique du "chacun pour sa gueule à la récré" n'est peut-être que provisoire. En effet, depuis 15 jours des travaux de malade se déroulent dans la rue. Si l'ampleur du chantier est proportionnelle au bruit qu'ils font, je m'attends chaque matin à voir une écluse à péniche ou une portion d'autoroutre devant l'école. Pour l'instant, je ne vois aucun changement. Bref, toujours est-il que dès qu'on peut éviter  d'exposer nos sensibles noreilles aux tonnerres des pelteuses et autres brailleries des ouvriers, on saute sur l'occasion. Ainsi le maître de service se retrouve seul dans la cour.

Quand c'est mon tour, je regarde le match de foot des CM2... Il y a un niveau correct et je vibre plus debout dans la cour que vautré sur mon sofa devant un match de l'équipe de France. J'ai remarqué aussi que les gamins se laissaient aller à quelques  grossièretés sur le terrain. Où ont-ils bien pu entendre tout ça ? ....Note pour plus tard : penser  à écrire à TF1 pour qu'ils évitent de laisser les micros d'ambiance prêt du banc français. En plus des insultes en serbe ou en autrichien, ça sonne bien aussi.

Aujourd'hui, je décide d'être intraitable et je tends l'oreille pour percevoir, par delà le cri des engins de la rue, les voix des mômes qui beuglent.
Ni une ni deux :

Joris (à Nicolas qui fait le mur un peu trop près du ballon) : Espèce d'enculé !!!
Moi (dans un mauvais reflexe): JORIS.... tu veux répéter ce que tu viens... Nooooonn !!!
Joris : Quoi ?
Moi : Je t'ai entendu. Tu sors du terrain et on s'expliquera en classe quand il y aura moins de bruit.
Joris (réellement surpris) : Pourquoi ?
Nicolas (pareil) : Qu'est-ce-qu'il a fait ?
Moi : Ben tu dois le savoir.... c'est à toi qu'il l'a dit.
Joris : Keskegédi ???
Nicolas : Keskiladi ??
Moi : ....
Moi (de moins en moins sûr) : Ben... des gros mots ... Non ?
Joris : Nan ! Je lui est dit de reculer... il était trop près pour le coup franc.
Nicolas : Ben oui.
Moi : Ah.
Joris : Vous aviez compris quoi ?
Moi (lançant le ballon sur le terrain) : Allez, ça joue.

Un peu plus tard, toujours attentif, je saute sur Ludovic qui venait de dire " Ta mère, c'est qu'une grosse pute !!". Après des explications, il me dit qu'il a dit :" T'as marqué un beau but"....

Encore plus tard, je crois entendre  " Tu peux te toucher le clitoris"... J'analyse le contexte sportif avant d'intervenir et j'en conclue qu'il disait : Y'a touche, elle est sortie"...

La fin de la récré, je tape dans mes mains. Les élèves se rangent. Mes Cm se collent devant moi avec Lisa au premier rang.

Moi (d'un ton fraternel, parce que je suis dans un bon jour):  En piste les artistes
Lisa : HANNNN !! Vous avez dit un gros mot, maître !!!

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 15:50

A l'occasion de la sortie du film Indiana Jones et le royaume des crânes de cristal, un petit article sur le sujet s'impose.

Voilà donc que Steven Spielberg en remet une couche. Cela dit ce n'est pas pour me déplaire. J'ai largement apprécié la trilogie de départ... lors de sa sortie (ou quelques mois après, à la télé). J'avoue avoir été déçu par la redécouverte des 2 premiers volets lors de leur rediffusion récemment (aurais-je mûri ?) mais j'admets que  « La dernière croisade » reste pour moi un très bon divertissement... Sean Conery y est pour beaucoup.

Ce préambule est l'introduction d'une anecdote scolaire. J'espère avoir attiré ainsi, des cinéphiles ou des aventuriers tout simplement. Pour les retenir, mon anecdote va rester dans le thème allèchant de l'aventure...

La semaine dernière, lors d'un des deux jours pendant lesquels j'ai travaillé... (c'est malin... j'ai déjà perdu tout mes cinéphiles non profs qui n'ont pas accepter la taquinnade... tant pis, continuons sans eux...)... Bref, nous étions dans l'école maternelle (batîment jouxtant l'école élémentaire) en train de nous repaître entre collègues. Soudain, alors que Charlotte (la maîtresse des petits... trop sympa...) était en train de nous expliquer les effets malsains de l'abus de laitages sur nos petits organismes si fragiles (...mais trop bio, aussi), Ghislaine (l'ATSEM... je ne sais plus ce que ça veut dire)  acourut essouflée en criant :

"ASSAIRE PAN... ASSAIRE PAN"

Je n'eus même  pas le temps de décoder le message que Charlotte et Madame Lafeuille étaient déjà debout sur leur chaise. Et Madame Lafeuille de crier : "Où ça un serpent, où ça ?". Et moi, venant de décoder le message, grimpant sur ma chaise.

Ghislaine : Ben dans la cour.
Nous trois (descendant de nos chaises respectives) : Ah bon ! Ben, c'est pas grave.
Ghislaine (lucide) : Et les enfants !!!  Ils arrivent dans un quart d'heure.

Nous voilà donc dans la cour. Monsieur Janti (vrai instituteur qui habite au-dessus de l'école) nous annonce que c'est son lot quotidien...enfin hebdo..mensuel...enfin ça lui est déjà arrivé de devoir chasser des couleuvres (insiste-t-il pour jouer les connaisseurs) de la cour. Il  a été appelé à la rescousse... et porte pour toute arme... un balai. Il approche le balai de la bête pour l'éloigner, mais contre toute attente de sa part, celle-ci attaque le balai d'un geste vif qui nous surprend tous.

Monsieur Janti : Vous me l'avez énervée, c'est malin. D'habitude c'est plus facile. On va placer au plan B. Walter, va me chercher la grosse boîte en carton qui est dans ma classe à côté de l'élevage de phasmes.

Je ne pensais pas faire parti du plan B. Ce n'est pas dans mon contrat.... pourtant, l'idée était que je devais lancer la boîte sur la couleuvre pendant que Monsieur Janti, à distance de manche à balai, devait l'occuper. Mon collègue m'avait donc choisit pour mes capacités motrices et mon habileté motrice fine en situation extrème. Je ne voulais pas le décevoir et c'est ainsi que son plan B s'est déroulé sans accroc ("J'adore quand un plan se déroule sans accrocs" ).

Ensuite, le cantonier est arrivé. On a à peine eut le temps de raconter nos exploits qu'il avait déjà coller la couleuvre dans un sac de toile. (Il avait soulevé la boîte, compressé la tête de la bête sous un balai, empoigné le bestiau à main nue puis l'avait enfourné dans ce sac). Il jeta nonchalament le sac sur son épaule et dit :

"Bon, j'la ramène dans l'boué !
Charlotte : Où ça ??
Monsieur Janti (articulant) : Dans le bois.

La suite est à lire avec la musique d' Indiana Jones ... Tatatatin tatatin...


Une demie heure plus tard dans la classe :

Adrien : Maître, c'est vrai que vous avez attrapé un serpent ??
Moi  : Un serpent !!!! Noooon, c'était seulement... (soudain perdant tout dissernement)... un boa constrictor.
Les gamins (bouches, yeux, oreilles, tout ouvert) : ...
Moi : Il était midi et demie, j'étais dans le hall de la maternelle, je sculptais un morceau de bois grâce à mon canif Casino... vous savez celui qui sert à partager les p****** de brioches au Nutella pour vos anniversaires ( Pour + de détails... voir ici)... quand soudain j'entends le cri perçant d'une jeune demoiselle en détresse.... Je lève mon chapeau qui me tombait sur le front d'un geste de l'index et aperçoit La Maman de Jordan... vous savez la jolie maman de Jordan...en CP ...
Les mômes : ....
Jérôme : Elle est trop vieille, elle a au moins 30 ans...
Moi : Bref, je la vois à moitié nue, se débattre avec ce que je prenais au début pour un énorme tuyau d'arrosage. En m'approchant, je m'aperçois que c'est en fait le fameux....
Les gosses : BOA CONSTRICTOR !!!!!
Moi : Ni une ni deux, je rentre la lame trop émoussée de mon canif... pour en sortir le tire bouchon.  Je me précipite vers la porte quand soudain je percute un bidule qui pendouillait au plafond ( un cadeau de la fête des mères des grandes sections qui était en train de sècher). Le choc me fait perdre mon chapeau... mais je suis déjà dehors. Je me retourne et vois la porte qui se referme sous l'action d'un courant d'air. J'ai juste le temps de passer mon bras et récupérer mon chapeau fétiche avant que la porte ne claque, brisant la vitre du haut. Je traverse la cour à grandes emjambées... j'arrive vers le boa, je suis complétement essouflé... alors je  me dirige vers les lavabos pour me désaltérer. Le temps que je revienne, le boa constrictor avait commencé à etouffer sa proie. La Maman (à demie nue... on ne sait pourquoi) prend une teinte bleuâtre sur tout le corps (enfin tout ce qui était visible en tout cas)...
Je me jette alors sur le monstre et lui plante le tire bouchon dans l'oeil. Je tourne, tourne, tourne encore et encore.... Ensuite je place mes pieds sur la tête du serpent aveuglé juste à côté du tire bouchon. Prenant appui ainsi, je tire de toutes mes forces et ... POP... l'oeil sort de son orbite. Le boa désserre alors son étreinte et fuit à toutes jambes  jusque dans le bois qui borde le village...

Et pour conclure, je vais vous avouer que j'ai peur.... Oui j'ai peur car avant de prendre la fuite, j'ai pu lire dans le dernier oeil valide du serpent une rancoeur intarrissable... comme un air de " I'll be back" .... Vous comprenez les enfants... je sens qu'il va y avoir un 2...

Tatatatin tatatin


 

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 17:27

Je commence mon article par un petit coup de gueule.
La veille de la grève, j'entendais une journaliste râleuse d'Europe1 (je ne connais pas son nom mais râleuse c'est très bien), qui disait que Oui tout ça tout ça...  les enseignants prennent les élèves en otage... il reste le trimestre le plus important et ils font la grève....blabla.... Bon d'accord, elle devait s'adresser aux profs des lycéens passant le bac... parce que les autres ne servent à rien.

Mon coup de gueule, c'est : D'accord, je veux bien faire travailler mes CM2 jusqu'au 2 ou 3 juillet (je ne sais plus) 16h30... Mais l'éducation Nationale ne me facilite pas la tâche quand il me demande de faire signer aux parents la décision du conseil des maîtres concernant la poursuite de scolarité de leurs enfants.... avant le 19 Mai....


En clair, les gosses savent s'ils passent ou non, presque un moi et demi avant la fin de l'année.
On a beau dire avec des grands gestes et des gros yeux ronds et des sourcils froncés  : "Attention, attention... on peut très bien revenir sur cette décision si les résultats du dernier trimestre sont mauvais..." On sait qu'on parle à des CM2 et que ce discours, on leur sert depuis 5 ans (ou plus).
Ceux qui passent, restent en roue libre jusqu'aux vacances : "Trennquille...je passe..."
Ceux qui redoublent, restent en roue libre jusqu'aux vacances : "Treenquille...je redouble..." 

Quand la décision de redoublement est annoncée aux parents , voici le genre de réunion que l'on se coltine :

Moi : Bonjour Monsieur, bonjour Madame.
Le Papa de Jéromine : Jour...
La Maman de Jéromine : ...
Moi : Alors... vous vous opposez au maintien de Jéromine en Cm2...
Le Papa de Jéromine : Naan...je veux pas qu'elle redouble, c'est tout.
Moi : Oui... c'est ça. Vous savez, on en a déjà parlé au cours de l'année... Vous paraissiez accepter cette décision si les résultats de Jéromine ne s'amélioraient pas et...
Le Papa de Jéromine : Naan...je veux pas qu'elle redouble, c'est tout.
Moi : Oui, mais la 6ème vous savez....
Le Papa de Jéromine : Ouii, elle va en 6ème.
Moi : Ca va être difficile en 6ème, ici elle ne perdra pas son temps. Ellle reverra le programme de CM2 et de Cm1 et de CE...
Le Papa de Jéromine : Naan...je veux pas qu'elle redouble.
Moi : Ce n'est pas dans son intérêt de la faire passer....
Le Papa de Jéromine : Elle redoublera l'année prochaine.
Moi : Ca fait 5 ans que vous dites ça, Monsieur...

Je vous épargne la suite tout aussi stérile de ma liste d'arguments (un peu bateaux je l'avoue...mais je suis jeune...merde).

Voici maintenant la tournure que Supermoi aurait fait prendre à la conversation.

SuperMoi : Pour être franc, elle est complètement à la rue Jéromine.
Le Papa de Jéromine : Naan, elle est dans la cour, elle attend.
SuperMoi : Je veux dire qu'elle est archi nulle en classe. Ce n'est pas très valorisant pour elle. Elle subit les moqueries de ses camarades....
Le Papa de Jéromine : C'EST KIKI S'MOQUE DE MA FILLE ???
SuperMoi : Tout le monde, même moi  et mes collègues, on se bidonne pendant les récrés à lire les cahiers de votre fille. J'ai un ami qui tient un blog de perles scolaires... Chaque semaine c'est Jéromine qui gagne. C'est une idole dans la blogosphere.
Le Papa de Jéromine : La blogokoi ???
SuperMoi : Et vous Madame, qu'en pensez vous ?
Le Papa de Jéromine : Elle en pense rien, elle.
SuperMoi : Ah, on progresse, je sais au moins de qui tient Jéromine...
Le Papa de Jéromine : ....
SuperMoi : Cela dit, monsieur, le menton c'est tout à fait vous.... Bon, trève de plaisanteries... comme vous l'ont sans doute proposé mes collègues les années précédentes, il serait bien pour votre fille d'aller consulter quelqu'un qui pourrait l'aider dans son travail et dans ...sa tête.
Le Papa de Jéromine : Je comprends pas ...
SuperMoi : Vous ne comprenez pas quel mot ? Précédentes ou consulter ?
Le Papa de Jéromine : Ma fille va très bien, elle va pas voir de psy...
SuperMoi : Oh, Monsieur, tout de suite les grands mots.... Qui a parlé de psy ? Moi ? non.... Je parlais d'un.... spécialiste.
Le Papa de Jéromine : ....
SuperMoi : ...

J'abandonne... même SuperMoi ne peut rien contre autant d'entêtement.
Pour être plus sérieux, j'avoue qu'il doit être très difficile d'accepter les difficultés (voire les déficiences) de son enfant. Heureusement, certains parents ouvrent les yeux à temps pour orienter le môme dans le bon secteur (même si  les choix restent limités).

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