Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 14:06
Jusqu'à maintenant mes articles éparpillés aussi bien dans le temps que dans les sujets, ne vous ont jamais permis d'avoir une vision globale de mon école.
Voici un article qui vous présente la tribu:

Madame la directrice (à vous l'honneur) : Elle n'est pas directrice pour rien. Vous connaissez Full Metal Jacket...mais si... avec le militaire qui braille sur un trouffion parce qu'il pense que le respect qu'on lui doit se mesure au nombre de décibels qu'il balance dans le pavillon auditif de ses interlocuteurs. Vous le voyez maintenant. Vous lui collez un tailleur, un paire de boucle d'oreille, une chevelure blonde, frisée et sèche, une toute petite bouche pincée et des yeux noirs tout ronds...et je vous présente Madame la Directrice.

Monsieur Janti dit Le cliché : Une barbe parfaitement taillée. Un pantalon de velours. Un chandail. Une R18. Des mocassins à gland. Une mauvaise haleine. Une carte de syndicat. Mieux...un bulletin d'adhésion à son syndicat qu'il agite sous le moindre prof en galère dans les méandres administratifs de l'Education Nationale. Une carte de miitant d'un parti de gauche. De plus en plus à gauche. Un cartable en cuir. Et le détail qui tue.... un pin's Don du sang.

Madame Lafeuille dite La sauvage : Vous vous rappelez de la pub pour la vache qui rit. Elle peut faire tout le casting à elle toute seule. Trop sérieuse. Trop coincée. Trop prude. Trop chaste.Trop tendue. Trop pas drôle. Trop, quoi.

Aurélie : Un ange dont je suis secrètement amoureux. Mais elle fréquente un pompier (dirait Madame Lafeuille). Un mec un peu baraqué... mais bon ! Ca veut rien dire. Jespère juste qu'on ne sera jamais amené à comparer nos instruments de travail. Avant , j'avais bien une règle de tableau (vous savez une règle jaune de 1 m)...mais elle a rendu l'âme lors d'une expérience en sciences sur les leviers. Et je crains que mon stylo rouge ne fasse pas le poids face à sa lance à incendie.

Véronique et Davina : Nos agents d'entretien. L'eau et le feu. L'une charmante, souriante, avenante. Tous des adjectifs en "ante". L'autre boudeuse, chieuse, emmerdeuse. Tous des adjectifs en "euse".

Gillou : L'homme à tout faire de la mairie. Ne vous laissez pas influencer par son nom. Gillou est une force de la nature. Il est capable de remorquer la twingo de Madame Lafeuille à la main. De casser le double vitrage de la porte vitrée à la tête. De manger tous les goûter des gamins à la bouche. Et de repeindre le couloir de l'école du sol au plafond...au pied.

Moi : Pour en savoir plus sur moi...et me connaître sous mon plus mauvais jour, il suffit de fouiller un peu dans ce foutoir internautique et vous trouverez bien le blog d'un de mes collègues sus-cités qui fera mon portrait avec objectivité. Bonne recherche.

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 12:10

Un froid de canard dans la cour. Il est 15h20. La récré ne va pas s'éterniser. Comme nous l'a fait remarquer Madame la Directrice au début de l'année : " J'ai calculé que si on laisse 5 minutes de récréation en plus à chaque fois.... on perd, tenez-vous bien.... UNE semaine entière d'école". J'ai vérifié. Elle a raison. Monsieur Janti est entré en léthargie depuis le début de notre service. Il n'a pas décroché un mot....même pas sur le mouvement de grève de jeudi 19. Bizarre. Soudain, il s'anime :


Monsieur Janti : Tu sais depuis combien de temps, je suis dans cette école ?
Moi : Euh... non !
Monsieur Janti : Trop longtemps !
Moi (surpris par ce qui ressemble à une confidence) : ...
Monsieur Janti : Il ne  me reste que 10 ans à tirer. Je crois que je vais finir ici.
Moi : Tu sais, c'est pas un peine de prison... C'est juste un job.
Monsieur Janti (avec rire ironique) : On voit que t'es jeune, toi.
Moi (entrant dans l'ironie) : Moi, il me reste un peu plus de 35 ans à tirer...Vaut mieux pas que je raisonne comme ça. Je suis pas encore aigri.
Monsieur Janti : Ca va venir vite, crois-moi.


Et il tape dans ses mains pour signifier la fin de la pause.


Un peu plus tard dans le bureau des profs.


Moi : Il a pas l'air bien, Monsieur Janti. Il me fout les jetons avec ses discours
Aurélie : T'inquiète. Ca lui prend tous les ans à la même époque.
Moi : Le coup de mou à la sortie de l'hiver. Un truc dans le genre ?
Aurélie : Non ! Les représentations de sa troupe de théâtre !
Moi : ....
Aurélie : Ben oui ! Il se met tellement bien dans son personnage, qu'il fait plus la différence avec la vraie vie.
Moi : ...C'est bien ce que je disais...il est malade.
Aurélie : Là, je crois qu'il a un rôle de dépressif, il me semble.
Moi : Il le tient bien, y'a pas de souci.
Aurélie : L'an dernier, il devait interpréter un mec complétement macho, un poil misogyne.
Moi : Ah ouais !
Aurélie : Y'a des parents de gamines de sa classe qui sont venus se plaindre.
Moi : Il va loin quand même !
Aurélie : Le pire, c'est il y a 3 ans, il devait jouer le rôle d'un travesti...

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 16:38

ENFIN !!! Une baston... une vraie baston... dans la cour. Ah, enfin, ils se réveillent... A quelques mètres de moi, ça se chope, se tire, se beigne, se crache dessus... Je réagis tranquillement et je vais enfin justifier ce p***** de temps passer dehors à me cailler pendant que les enfants jouent docilement et que y'a même pas besoin que je sois là.... Alors j'avance lentement en direction du groupe qui s'est formé. Je laisse passer quelques claques et quelques griffures...

Moi : Non, mais ça va pas ... vous vous croyez sur Catch à Claque sur Direct 8....
Francis  : C'est Catch Attack, monsieur, et c'est sur NT1.
Moi : ...

Du coup, Guillaume et Jean (les 2 catcheurs)  se fouttent de moi et ils oublient de se battre...

Moi: Keskispass ???
Guillaume et Jean (en choeur) : C'est pas moi !
Francis : Ils se battent à cause de la moutarde et du frigo...
Moi : ....
Les autres : Ouais !
Francis : Et puis, c'est pas bien de se battre pour des bétîses comme ça... il faut écouter le maître...
Moi : (rouge de colère) : TAIS-TOI... t'es en train de faire mon taf, là. Toi ton boulot, c'est lancer des boulettes en classe, te battre à la récré, vomir dans le bus et pleurer à la piscine, alors laisse-moi engueuler tes potes... J'ai pas trimer 5 ans d'étude pour ne plus rien avoir à faire à cause d'un petit prétentieux qui balance des sermons bateaux à tout va... (A Guillaume et Jean) Et c'est quoi cette histoire de frigo et de mayonnaise...
Francis (qui n'a pas dû m'entendre) : de moutarde...

Pour finir, j'apprends que mes deux catcheurs se prennaient le chou pour une histoire de ménagère... Guillaume soutient qu'il faut  conserver la moutarde au frigo alors que Jean est persuadé que la moutarde doit rester dans un placard....

Finis les vrais débats : Ulysse est-il plus fort que Capitaine Flamme ? Un boulet vaut-il plus que 2 agates ? Chantal Goyat a-t-elle plus de sein que Dorothée ?  ... et j'en passe...

Bonjour les questions existentielles : Faut-il faire fondre le chocolat au bain marie  ou au micro-ondes ? Obama ou McCain ?  Un litre d'essence est-il plus cher qu'un litre de bière ? ....

Bien-sûr, je  n'en reste pas là. Voici la sanction :
A Guillaume : "Explique en 20 lignes, pourquoi il faut mettre la moutarde au frigo ?"
A Jean : "Explique en 20 lignes, pourquoi il ne faut pas mettre la moutarde au frigo ?"
A faire signer par les parents.

Le lendemain, ils me remettent chacun leur copie.
Celle de Guilaume entre les mains, je fais une grimace sans équivoque pour celui qui a commis la faute :

Guillaume (un peu honnête) : C'est mon papa qui m'a un peu aidé.
Moi : T'aurais pu de donner la peine de recopier son texte...

Le texte de Guillaume... euh de son papa.
De nos jours, chacun sait que l'abaissement de la température diminue l'action des bactéries et des enzymes présentes dans les aliments. Des études très anciennes et très sérieuses ont montré que des aliments conservés au delà d'une température de 14°C développaient la scaritorase. Cette enzyme est-allemande d'origine, a traversé nos frontières en 1986, peu de temps avant la chute du mur de Berlin. Elle avait trompé la vigilance des miradors communistes en se  déguisant en virus de la grippe. Depuis elle sévit dans les aliments tels que la moutarde, le beurre de cacahuètes et le guacamol. Mon grand-père a été touché par cette enzyme. A 95 ans, il n'avait plus de cheveux et boitait un peu. C'est pour cela que j'ai très mal réagis quand Jean a dit qu'il ne fallait pas mettre la moutarde au frigo.

Le texte de Jean me paraît beaucoup plus honnête.

Moi : Apparemment, on t'a pas aidé toi.
Jean : NAAN ! J'ai fait tout seul ! Mon père, il m'a juste fait  recopier 26 fois...
Moi: Pourquoi 26 ??
Jean : Parce que c'est le nombre de fautes que j'ai fait aux dictée...
Moi (carrément surpris) : T'en fais jamais des fautes... Elles sortent d'où les 26 ?
Jean : C'est depuis le début que je vais à l'école.

Le texte de Jean :
Un jour, ma maman m'a raconté l'histoire de la moutarde aux allumettes. C'est un petit pot de moutarde qui doit emmener du beurre à sa grand-mère en passant par la cuisine. Dans la cuisine, tous les dangers le guettent. Le carrelage qui veut le fracassé. La poubelle qui veut le trier. Le sandwich qui veut le vider et Guillaume... le méchant Guillaume qui veut le mettre au frigo. Mais Guillaume ne se rend pas compte. Un séjour trop long au congel quand il était petit lui a fait perdre toute ses capacités de réflexion. Je le mettrait bien dans le frigo Guillaume, encore une fois, pour qu'il voit. Mais je ne connais pas de frigo assez gros pour le mettre, ce méchant géant et puis en plus je l'ai battu à la bagarre. Il tapait comme une fille. Et j'ai pas pleurer alors que lui j'ai bien vu que si il clignait des yeux une fois, il allait pleurer. Heureusement que le maître eset venu avec sa blague de Catch à Claque sinon il serait à l'hopital et on aurait dû faire une sortie avec la classe pour lui donner des cadeaux sauf moi qui serrait resté dans la classe de Madame Lafeuille.

C'est toujours elle qui a le mot de la fin.

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 15:55

Je m'étais dit cette année que je ne balancerais pas sur mes collègues... C'est un peu comme arrêter de fumer. Au moment où on se sent fort,  sûr de sa maîtrise... on nous colle un paquet sous le nez.  Et bien, c'est pareil. Quand je pense résister à la moquerie... les collègues se mettent en quatre pour se ridiculiser et me tenter.

Donc, ce matin, Madame Lafeuille arrive à l'école en baskets. Jusque là rien d'anormal vous dîtes vous. Soit vous ne connaissez pas Madame Lafeuille (voici de quoi corriger cela), soit vous aussi, vous mettez des baskets quand vous êtes habillés en tailleur... Je crois que depuis le portable de Michaël (voir image), je n'avais rien vu de plus ridicule.

Mes collègues aveugles ou faux-culs ne font aucune remarque... Je me lance :

Moi : Ben didon... Madame Lafeuille... t'as sorti les pompes.
Madame Lafeuille (à qui le langage jeune  échappe carrément) : ....
Moi : T'as mis des belles baskets... Tu fais sport aujourd'hui ?
Madame Lafeuille ( rougissant) : Non !
Moi (mal à l'aise... ne comprenant pas sa réaction... et complétement faux-derche) : En tout cas, elles te vont super bien.
Madame Lafeuille : Merci.

C'est un peu plus tard que j'ai compris. Ma collègue avait pris rendez-vous avec le jeune-papa-beau-gosse de l'école. J'avoue, moi qui suis du genre à donner mon avis sur les mecs pour jauger la concurrence, que ce papa est plutôt pas mal. En tous cas, même en mettant du gel, du déo et de la pommade, je lui arrive pas à la cheville (c'est dire...).
 
Madame Lafeuille qui secrètement ( et vainement ) espèrait charmer le jeune-papa-beau-gosse avait arrangé un rencart sous un prétexte bidon, genre :

Monsieur,
depuis la rentrée le comportement de Julie m'inquiète. J'en ai déjà parlé à votre épouse entre 2 portes mais  cela n'a servi à rien. J'aimerais donc vous rencontrer vous personnellement, tout seul, sans votre femme, que vous quoi... Lundi soir à partir de 16h30 jusqu'à une durée indéterminée. Je ne  souhaite pas que Julie assiste à la réunion, les propos que nous tiendrons étant, je le crainds pas, de son âge (si vous voyez ce que je veux dire...). Affectueusement Madame Lafeuille.

A 16h30, elle s'enferme seule avec lui dans sa classe.
Avec Aurélie de maternelle, on passe devant et voilà qu'on trippe. On imagine les différentes situations qu'on rencontrerait si on entrait sans prévenir dans la classe...

1. Et là, on rentre... et on voit le papa debout derrière le bureau avec le  compas géant du tableau dans la main. Madame Lafeuille de l'autre côté n'a gardé que ses baskets...

Le papa (histérique, qui perd pas mal de charme) : NAPROCHAIPA !!! NAPROCHAIPAAAA !
Madame Lafeuille : Allons du calme, je veux juste vous parler de Julie....
Le papa (suppliant à bout de force): Rhabillez-vous... s'il vous plaît... s'il vous plaiiiit !
Madame Lafeuille :  J'ai drôlement chaud...pas vous ?
Le papa  (sanglotant et se rendant...) : Prenez moi, faîtes ce que vous voulez de moi... mais couvrez vous... j'en peux plus...aaaaahhhrrr !

 2. Et là, on rentre...

Madame Lafeuille est au tableau et le plus sérieusement du monde, pointe de sa grande règle jaune une position du Kamasutra dessinée au tableau.
Le papa assis à la place de Julie récite docilement :

Le papa : La position 31 : Se pratique de preférence dans un gymnase muni de grand rideaux de séparation. La femme ... [Over-Blog a censuré cette partie... car je n'ai pas la mention adulte]... ce qui lui donne énormément de plaisir.
Madame Lafeuille : Très bien. Et celle-là. Bravo ... nous allons bientôt passer à la mise en pratique... la théorie, c'est tellement ennuyant.
Le papa : Rien qu'avec la théorie, je sens que je fais des progrès... Ma femme est ravie. D'ailleurs elle vous a fait ce gâteau pour vous remercier.

3. Et là, on rentre...

Tout nos collègues surgissent déguisés en criant : "SURPRISE"

Nous : ...
Eux : Kesvoufoutélà ???
Nous : Pivous ??
Eux : Euh...
Nous : Vous attendiez qui ??
Eux : L'inspectrice, c'est son anniversaire aujourd'hui.
Nous : C'est pas vrai... vous êtes que des faillots... Vous faîtes une surprise party pour l'anniv de l'inspectrice !!
Eux : On n'a rien sans rien.


4. Et là, on rentre...

Madame Lafeuille est en pleure et le papa très mal à l'aise à côté d'elle, bafouille :

Le papa : Nan, c'est pas ça... vous êtes très belle (il s'étrangle)... c'est que y'a ma femme et ...

Madame Lafeuille, nous voyant arriver, s'essuie les yeux de la manche et dit  assez fort.

Madame Lafeuille : Non, monsieur.... vous êtes marié. C'en est presque insultant. Qu'avez vous cru ? Je suis la maîtresse de votre fille... pas la vôtre.
Le papa : ...
Madame Lafeuille (très gonflée) : Et puis, je sais que j'ai une belle poitrine... mais vous auriez dû garder vos dans votre sl...vos poches.


Reour à la réalité :

Monsieur Janti (qui passe par là) : Qu'est ce qui vous fait marrer ?
Aurélie (encore dans le trip imagination) : T'entends pas des bruits suspects dans la classe...on s'inquiète.
Monsieur Janti (qui a compris l'allusion) : Vous êtes vraiment des gamins...

 OUI ET VIVE L'ENFANCE..... ET MADAME LAFEUILLE !!!!!!
 

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 09:11

Si vous avez lu le début... Ok. Sinon c'est pour vous :début.

On est obligé de dérouler Damien pour le délivrer de sa serviette.... Le vestiaire étant petit et la serviette de bain très grande, on manque de recul. Quelqu'un ouvre la porte pour nous donner une plus grande marge de manoeuvre. Du coup, la serviette s'étend  jusque dans le couloir et Damien en sort triomphant, son slip à la main... car il a de la suite dans les idées et ce n'est pas une malencontreuse chute et cette position horizontale si inconfortable qui l'ont empêché de retirer son slip. Malheureusement, les filles plus rapides (pour se déshabiller, je précise) et moins nombreuses sont déjà en train d'attendre dans le couloir et Damien brandissant son slip à la main leur donne un spectacle des plus croustillants. C'était le sixième effet piscine.

7. Les douches glacées... c'est l'occasion de recréer l'atmosphère acoustique d'un avion qui passe le mur du son dans votre cage d'ascenseur. La maîtresse qui m'accompagne tente vainement de bleugler plus fort que la troupe. Mais qui ne connait pas l'effet d'une eau glaciale qui tombe sur son corp encore chaud  d'un vestiaire à 35°C.

8. Le pédiluve... L'endroit préféré de toutes les bactéries pédestres , les lipozomes de pieds (dirait Joris)... L'eau n'est pas plus chlorée... ils espèrent juste endormir les bactéries par cryogénèse pour les réveiller dans 60 ans... C'est pour ça que l'eau est aussi froide.
Damien, un peu maladroit, trébuche, il gicle ses voisins de cette eau "saine et tiède" et la maîtresse se prend quelques gouttes et braille comme les gamins sous la douche (Bravo). Résultat, Damien commence sa séance de piscine sur le banc.

Le neuvième effet piscine : c'est Tarzan, le maître nageur. Damien est dans son groupe, bien-sûr.  Le groupe des intermédiares moins moins plus... Je crois que c'est les gamins qui n'ont pas d'appréhension avec l'eau mais qui ne savent pas nager... les plus dangereux en somme. La technique de Tarzan est simple et  originale. Au lieu de leur apprendre à nager, il remonte à la source du problème, et il tente de créer des appréhensions. Comme ça les gamins ont peur de l'eau et ils ne prennent pas le risque d'y aller... Ca fonctionne pas mal, à part Damien qui résiste encore, les autres font une vie chaque jeudi pour ne plus aller à la piscine. (Bravo Tarzan).

Voici les phrases-clés de la méthode de Tarzan que vous pouvez vous procurer aisément à la FNAC sous le titre de "ASSIMIL  : Langage de la Jungle"

"Saute dans l'eau ou c'est moi qui t'pousse."
"C'est que de l'eau, elle va pas te manger... par contre, moi j'ai faim." 
" T'accroche pas à la ligne ou j'envoie une décharge."
"T'as bu la tasse... ça fait 50 centimes.... mouahahaha."
"Tends les bras, lève le menton, souffle dans l'eau, arrête de pleurer..."

 
Voilà, on croit être au bout du bout de l'enfer, quand Jane souffle à plein poumons dans son sifflet pour nous dire de dégager... On croit voir le bout du tunnel... c'est lueur tant attendue depuis le début de ce long après-midi. Pourtant, après le coupde sifflet, on n'enest qu'à la moitié... Il reste :

le pédiluve, re-la douche, re-le vestiaire, re-les chocs thermiques successifs, re-Raymond, le chauffeur de bus....

Moi : Alors Damien, c'était bien la piscine ?
Damien (complètement naze...dans un sursaut dynamique) : OUAIIIS !!!!!

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 12:06

Jeudi matin, le vent souffle dans la cour. Emmitouflé dans mon col, j'aperçois Damien qui perce la foule pour se planter devant moi.

Damien : Maître, on va bien à la piscine cet après-midi ???
Moi  : Oui
Damien : OUAIIIISS !!!

Je crois qu'il réagit comme ça tous les jeudis matin depuis 3 semaines... et même depuis 4 ans, chaque matin de jour de piscine. Et chaque fois, j'essaie de répertorier les raisons qui le mettent dans cet état. En vain.

Vous vous dîtes : Rien d'anormal pour un enfant.
Je vous dis : Oui... pour un enfant lambda qui va à la piscine avec ses parents ou ses copains...
Vous vous dîtes : Quelle différence ??
Je vous dis : On parle de Damien... et on parle surtout de piscine scolaire.

Imaginez un peu :

L'expédition commence dans le bus qui vient nous chercher devant l'école. Damien encore guilleret, ne tient pas à rester au bord du bassin et suit mes conseils : il monte dans le bus dans le calme. Premier effet piscine :

Raymond (le chauffeur) : Tu pourrais dire bonjour, nom de dieu !!
Damien (qui est descendu d'une marche) : Bonjour.
Raymond (qui ne compte pas en rester là) : Non mais c'est pas vrai. Les jeunes maintenant, y savent plus dire bonjour. L'aut'jour encore y'a une école qu'est montée. Je les ai fait redescendre pasqu'ils disaient pas bonjour. Et ben maintenant, ils le disent... vous pouvez me croire.
Moi : En fait, c'était nous... l'école que vous avez fait descendre. Et c'est parce qu'il y avait trop de bruit... alors je leur ai suggéré le calme... et is n'ont pas osé broncher...

Ensuite, c'est le bouclage de ceinture. Le problème des bus ultra modernes qui ont des ceintures... c'est que les ceintures datent de l'époque où elles sont devenues obligatoires dans les voitures...1970. Elles se bloquent si tu tires trop fort, si tu tires pas assez fort ou si tu tires moyen fort... et Raymond n'allume pas le contact tant qu'il n'a pas entendu le nombre de clic correspondant à l'effectif de la classe. Alors je clique 13 fois pour les autres et c'est parti.

Le deuxième effet piscine : c'est la conduite de Raymond. Les rond-points au taquet, les virages sur deux roues et la sensibilité accrue des pédales de freins et d'embrayage (pour ne pas mettre en cause la finesse de motricité de la jambe droite de Raymond). Résultat : Joddy vomit. Vous vous dîtes : pas de souci pour Damien cette fois-ci... Sauf que Damien, il est assis 4 rangées derrière Joddy, et que Damien il est impatient de montrer ses nouvelles lunettes de piscine à son copain Ludo... Raymond apprend la nouvelle (à propos de Joddy), il pile. Damien lâche ses lunettes. Raymond se rend compte qu'il est au milieu de la route, arrêté sans raison apparente pour les véhicules qui le suivent, il redémarre, il voit un parking et pile à nouveau. Les lunettes de Damien, entraînée par le mouvement de freinage, glissent pour arriver dans le vomi de Joddy.


Le troisième effet piscine : Les chocs thermiques successifs:

5°C dans la cour en attendant le bus.
36°C dans le bus de Raymond qui conduit en marcel.
5°C entre le bus et la piscine (presque 600m... merci le plan vigipirate).
39°C dans le hall de la piscine.
15°C, l'eau de la douche obligatoire.
25°C dans la piscine... mais mouillé à attendre en tremblant que Tarzan (le maître -nageur) daigne bien lâcher Jane (la surveillante) pour s'occuper de notre école.

Le quatrième effet piscine : L'enfer des vestiaires.

Les garçons d'un côté, les filles de l'autres. Les 15 gars d'un côté... et les  6 filles (et les 3 jeunes filles dispensées chaque mois à la même période) de l'autre.
15 mecs dans un vestiaire... ça va.
Mais 34 mecs dans un vestiaire, bonjour l'intimité. Ben oui, on partage notre vestiare avec 2 autres classes de la ville. Déjà que se mettre tout nu devant ses potes, c'est pas toujours facile... mais en plus... voilà 20 types qu'on connaît ni de Jane ni de Tarzan.
Damien le roi de l'astuce, qui doit traîner ses guêtres tout l'été sur les plages de la grande motte, s'enroule dans un serviette de 2 km carré. Il faxe son bras droit à l'intérieur et se dandine en essayant vainement d'extirper son slip (bien sûr, je leur avait dit de mettre leur maillot de bain à la maison pour gagner du temps... ).
Pendant ce temps, un élève inconnu entortille sa serviette en faisant un mouvement de rotation et d'un geste expert et assuré, la fait claquer sur la cuisse d'un non-initié qui le regardait, intrigué. Son cri strident et surpris crée un mouvement de foule qui se propage jusqu'à notre ami Damien. Celui-ci a peu d'envergure de jambe dans sa position actuelle et son  centre de gravité se trouve facilement décalé par rapport au petit polygone de sustentation de ses pieds joinds... et c'est la chute. Rappelons-le, son bras droit est coincé dans sa serviette et son bras gauche en fait une affaire d'honneur de ne pas lâcher la serviette... donc pour Damien, les mains ne pourront pas le protéger... et il se laisse tomber comme une grosse... comme une grosse, tout simplement.

Et là, je me dis... il n'est pas encore entré dans l'eau... C'est loin d'être fini pour lui. A suivre.

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 18:47

En début d'année scolaire, tous les profs apréhendent la fameuse réunion lors de laquelle ils rencontrent tous les parents pour leur expliquer comment va se passer l'année (pédagogie, rituels en classe, méthode de travai, projets...). Le plus souvent, cette réunion, qui au préalable, est censée informer les parents se transforme en tribunal où le prof, victime et avocat, se justifie, sue, s'explique, se contredit, sue, parlemente, pue.... et j'en passe.

Il est vrai que cela dépend des écoles. Il en existe  certaines où  la chasse aux parents (ouverture en septembre) est le sport scolaire principal. Aucun parent ne se présente à cette réunion et il est difficile de les aprecevoir à la sortie des classes ou en rendez-vous.

Concentrons-nous uniquement sur le genre d'école où les parents campent devant la classe depuis l'annonce de la date de la réunion comme certains devant l'Olympia avant un concert de Johnny. Pour ceux-là voici quelques conseils indispensables pour éviter une année galère pendant laquelle le Parent-Power fait la loi dans la classe.

Conseil n°1. Aux attaques des parents, il faut répondre par des attaques tout aussi directes, et construites sur le même modèle de phrase pour éviter tout malentendu.

Une maman ( qui hésite à vous tutoyer) : T...Vous êtes jeune.
Le prof ( naïf, qui croit à un jeu de description) : Vous êtes grosse.

Un papa : Vous n'avez pas d'expérience.
Le prof : Vous n'avez pas de travail.

Une maman  (souvent la même , mais déguisée... pour pas passer pour la chiante) : Vous n'avez toujours pas fait le passé antérieur depuis la rentrée.
Le prof : Vous ne nous avez toujours pas accompagnés à la piscine depuis la rentrée.

Un papy  (ben oui, Heidi est dans ma classe) : Vous avez déjà eu ce genre de classe.
Le prof : Si vous voulez parler d'une classe où les parents sont aussi chieurs... Non, il y en a peu.

Conseil n°2. Assurez-vous qu'aucun parent n'est prof à ses heures perdues. Si la voie est libre, innondez les pauvres parents de jargon pédagogique incompréhensible.

Une maman : Et heu... en Français ?
Le prof : En français... c'est simple... j'emploie la PMEV... oui vous savez cette fameuse Pédagogie Maitrîsée à Effet Vicarian... Il s'agit en fait d'un processus de cognitivasation par l'appréhension du terme exercé par sa réciproque dans le cortex binaire de votre enfant. Et vice et versa...

Conseil n°3 : Recadrer les parents qui tentent de profiter du système scolaire pour prendre du bon temps.

Un papa : Et heu... le voyage scolaire ?
Le prof : Houla, malheureux, je vous arrête tout de suite. Il n'est plus question de voyage scolaire depuis belle lurette. Je vous excuse, car aux vues de votre coiffure et de votre style vestimentaire, je vois que vous avez fait une longue escale dans les années 80... En fait, maintenant chaque sortie est en rapport avec un projet de classe ou d'école. Oui, je sais, le maître de l'année dernière est allé au parc Astérix  pour son projet Gaulois... Mais soyons un peu sérieux, pourquoi pas DisneyLand pour étudier la chaîne alimentaire... ou encore la Gay-Pride pour une leçon de civisme et d'ouverture... (sans mauvais jeu de mot)... ou même une virée au MacDo pour notre projet nutrition.

Conseil n°4 : Balancez constemment sur le gamin d'un parent absent pour asseoir votre autorité sans pour autant froisservotre auditoire.

Une maman : Et heu... les sanctions ?
Le prof : Les sanctions sont variables et il existe toujours  une corrélation entre la sanction et   l'acte sanctionné. Par exemple, Kévin a fait tomber son taille-crayon, l'autre jour... Résultat il a passé chaque récréation de la semaine a tailler les crayons de l'école. Ensuite il a rangé les crayons par ordre de taille et par ordre alphabétique inverse des couleurs en roumain. Pour finir il a rembourré les coussins de la bibliothèque avec la "taille de crayon" et comme il était dans la bibliothèque, il a couvert les livres avec du papier toilette triple épaissuer et de la colle à bois. Un autre exemple, pas plus tard que ce matin, je m'aperçois que dans le cahier de liaison de Kévin, le mot concernant la réunion actuelle, n'était toujours pas signé. J'ai empêché ses parents de rentrer classe pour suivre la réunion. Normal, non ??? Je ne voulais pas sanctionner l'enfant pour une faute qu'il n'avait pas commise.

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 14:59
Petite conversation entre la pierre polie et la pierre taillée. Les historiens me diront que c'est anachronique... Je leur rétorquerai : "Vous avez déjà vu des pierres qui parlent ???"

La pierre polie : Bien le bonjour chère Pierre.
La pierre taillée : Salut. Ca caille, hein !!!
La pierre polie : Oui, à pierre fendre... Qu'attendez-vous là, si je puis me permettre ?
La pierre taillée : Ce jour est à marquer d'une pierre blanche... C'est bientôt mon tour.
La pierre polie : Vous voulez parlez sans doute du modelage... Vous connaissez l'expression "J'en prends un pour  taper sur l'autre" ?
La pierre taillée : Ouais...
La pierre polie : Et bien, chère Pierre, c'est ce qui vous attends. Mais vous paraissez sereine.
La pierre taillée : J'ai pas peur.
La pierre polie : Vous avez un coeur de pierre.
La pierre taillée : Ne me jetez pas la pierre, je suis courageuse, c'est tout.
La pierre polie :  Moi, le jour J, je me suis cachée dans un pierrier.
La pierre taillée : Cerise-Gingembre ou Orange Litchi ?
La pierre polie : .... (NDLR : pour ceux qui n'ont pas compris la blague... comme la pierre polie... voici l'explication)
La pierre taillée : Ils t'ont retrouvée apparemment....
La pierre polie : Certes oui, ils ont fait d'une pierre deux coups... j'étais cachée à proximité d'un briquet.
La pierre taillée : A force de t'entendre, j'ai les pierres qui s'entrechoquent...
La pierre polie : La peur vous gagne...
La pierre taillée :  Je pourrai me défendre et sortir ma rapière...
La pierre polie : Celui qui jète une pierre en amont risque de la recevoir sur le nez.
La pierre taillée : Utiliser la séduction alors. Et sortir ma guêpière.
La pierre polie : Vous risquez de passer chez Jean-Pierre Pernaud...
La pierre taillée : Il ne me reste qu'une solution...

Quelques minutes plus tard, Jean-Michel (cest qui ??? c'est lui) arrive pour se fabriquer une belle lance.

Jean-Michel : Ben, elle est où l'autre ???
La pierre polie : Elle s'est taillée.

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 16:10

En Histoire, géographie ou sciences, il est interessant de connaître les représentations initiales des mômes. D'un point de vue pédagogique, c'est utile pour construire les séances autour de leurs représentations et patati et patata... Mais l'intérêt se trouve principalement dans la bonne rigolade du moment où vous lisez les trucs du genre :

" Dans la salive du papa il y a des petits vers de terre qui vont pondre dans le ventre de la maman."

"Les érections volcaniques sont dangereuses, elles lancent des rochers partout et transforme les gens en charbon comme à ton pays." (Pompéi en fait)

En Histoire avec les CE2, on allait aborder la préhistoire. Je n'ai donc pas manqué à ce rituel essentiel à la bonne humeur du maître.

A la lecture de leurs productions  et en discutant avec eux, je me suis apperçu que pour eux, tout datait de la préhistoire. Du capitalisme à la tektonik en passant par le coca-cola et le correcteur ( le blanco)... tout a été découvert ou inventé par l'homme préhistorique. J'ai imaginé alors l'histoire de quelques unes de ces découvertes.


Jean-Michel de Cromagnon est un homme préhistorique lambda. Ne vous fiez pas à la particule. Jean-Michel est issue d'une famille de classe moyenne assez humble. Son père était peintre en batîment sur un chantier dans la Dordogne (Lascaux) et sa mère était gardienne de camp. Pour plus d'informations sur la fonction veuillez regarder Koh Lanta.

Jean-Michel rentre de la chasse. Aujourd'hui avec ses potes; ils ont eu un mammouth. Leur trophée à chacun est obtenu au proratat de leur utilité dans la capture du gibier. Jean-Michel n'est pas très en forme ce jour-là et il ne ramène qu'un ongle de mammouth... Francine, sa femme préhistorique, l'attend :

Francine : Elle est où la bidoche.
Jean-Michel : Euh....
Francine : Laisse tomber, j'ai compris. On va encore se serrer les poils de yack.
Jean-Michel : Regarde, j'ai un ongle.
Francine : Ben moi j'en ai 20.
Jean-Michel :  ????
Francine : Laisse tomber. Qu'est ce tu vas en faire de cet ongle.
Jean-Michel : Ca fera une palette pour la peinture.
Francine : Tu me saoule avec ta peinture. J'use des peaux d'aurochs à longueur de temps à effacer tes bétîses sur le mûr de la grotte.
Jean-Michel :  Tu sais que c'est important pour moi. J'ai l'impression de laisser une trace pour les générations futures.
Francine  : Maintenant tu dois choisir. C'est tes dessins ridicules ou moi.
Jean-Michel : ....
Francine : Bravo, t'as gagné. Je m'en vais.
Jean-Michel : Tu vas où ???
Francine : Chez ma mère pour réfléchir.

Jean-Michel et Francine viennent d'inventer le chantage féminin et la belle-mère... (on peut les remercier).

Un autre jour, Jean-Michel, maintenant célibataire tanne son pote Robert....

Jean-Michel : Allez, viens... ce sera cool.
Robert : Non. J'peux pas. Ma femme préhistorique, elle va me tuer si elle apprend ça. 
Jean-Michel : Elle en saura rien. On sera discret.  Rien que nous deux et les deux filles. Elles sont chaudes comme un truc qu'on n'a pas encore inventé.
Robert : Arrète. Tu me tentes.... Ca craint....
Jean-Michel : Allez. Faut profiter. On n'a que 30 ou 40 ans d'espérance de vie... c'est pas beaucoup.
Robert : Bon d'accord... Où et quand ?
Jean-Michel :  Au lac, à l'heure où la lune est au-dessus du troisième sapin au sud...
Robert : Hein ????
Jean-Michel :  A minuit.
Robert : Ah ! Ok .

Jean-Michel vient d'inventer l'adultère et le bain de minuit. Ben oui... n'oublions pas qu'ils seront à poils.


Jean-Michel, en passant devant la grotte de Gilbert, shoote malencontreusement dans un crâne de singe qui traîne par là. Gilbert sort furax en lui expliquant que c'est un cendrier... pour plus tard. Jean-Michel l'insulte et Gilbert lui saute dessus. Monique, la femme préhistorique de Gilbert sort de la grotte en poussant des cris stridant et les hommes se séparent. Les gars viennent d'inventer le football et Monique l'arbitrage. 

Jean-Michel a bien fait d'en profiter car sa vie va être courte. Il la termine en participant à  la plus grande découverte de tous les temps. Alors qu'il  se promène tranquillement un jour de pluie. Un éclair vient frapper un arbre vers lui. Intrigué il s'approche... trop près. Ses poils s'enflamment. Affolé il court vers ses congènères. La pluie ayant cessé, le feu prend partout sur son corps.
Follement mis en apétit par l'odeur de rôti... les potes de Jean-Michel lui sautent dessus et le mangent.
Ils viennent d'inventer le cannibalisme...

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 15:36

A la rentrée, les profs sont toujours méga-motivés. Après leur deux mois de glandouilles-les-doigts-de-pieds-en-éventail, ils pètent le feu et aucun microbe alpiniste ne peut espérer faire l'ascencion de  la face sud de leur larrynx. Du coup... les remplaçants, ils glandent. Enfin, pas vraiment... mais ils sont pas remplaçants, ils sont plutôt : couvreurs de livres, rangeurs de bibliothèques, tappeurs de listes... Bref, quoi qu'il en soit, il reste dans leur école de rattachement et c'est plutôt tranquille pour eux (même si je n'aimerais pas être à leur place... je sais pas couvrir des livres pour qu'ils se referment après.)

Notre remplaçante, enfin celle qui zone dans notre école en attendant une mission digne de Victor Novak, vaut le détour. Normalement un remplaçant, on l'apperçoit chaque  "soir" dans la file des gamins qui quittent l'école à 16h30 et on ne le revoit pas avant le matin quand il est dans la file des mômes qui montent dans leur classe.

Notre Jeannette... elle est là bien avant ma chère Directrice, c'est-à-dire... avant 7h30... et elle repare souvent  après moi (donc après 18h)...alors qu'elle n'a rien à préparer... Au début, on a cru qu'elle était en rade  de logement et qu'elle squattait les coussins de la bibliothèque et le four de la maternelle. En fait, on s'est vite rendu compte que c'était une accroc d'internet et qu'elle n'était pas connectée chez elle.

Un matin  je me pointe super tôt, parce que j'ai rien préparé la veille (rapport au programme télé ou aux horaires des happy hours)... Il est 7h15... elle est déjà là... Je passe la tête dans la salle informatique...

Moi : Euh, salut Jeannette...ca va ?
Jeannette (les yeux ronds comme des 33 tours, en train de fixer l'écran sur lequel défilent chemisiers, pantalons, nuisettes...) : Oui
Moi : T'es tombé du lit ?
Jeannette (ultra concentrée) : Non.
Moi : Je te dértange ?
Jeannette : Oui...enfin non... c'est que y'a une vente privée du Comptoir des cotonniers, je peux pas louper ça...

En fait pour les non-initiés... Vente privée.com, c'est un site où les grandes marques font des ventes flash à des prix très intéressant...

Moi : Mais... c'est toute la journée...
Jeannette : Tu rigoles... A 8h15, y'a déjà plus rien... je peux pas louper ça.


Un soir vers 18H...

Moi : Bon, j'y vais... t'es la dernière, tu fermeras.
Jeannette (ne lâchant pas l'écran du regard et s'exitant sur son clavier): Ouais ouais t'inquiète...ooooh putain de pomme de terre, j'l'avais pas vue....
Moi : ....

Je m'approche de l'écran et là je vois un petit lapin qui fait du vélo et des légumes qui l'attaquent par les airs... Jeannette matraque la touche Espace du clavier en bavant à moitié et lève les bras au plafond en criant  "OUAIS , 0,01 BUBZ..."
Plus tard quand elle s'est calmée et que sa tension  est redevenue celle d'une remplaçante de base (9)... elle m'explique que sur ce site (Prizee), elle fait une partie par jour de quelques jeux et qu'elle peut gagner des Bubz pour acheter des cadeaux.

Moi : C'est dans quel pays, les Bubz ??
Jeannette : Mais naaan, c'est sur le site. Au bout de 12 Bubz par exemple, tu peux avoir un autocollant du poisson Bubulle...
Moi : Et toi t'as combien ?
Jeannette : J'ai déjà 1,26 Bubz et je joue que depuis 1 mois...

Je m'aperçoit qu'elle a comme un pique -nique à côté d'elle...

Moi : Ca dure longtemps ton jeu...?
Jeannette (comprenant de quoi je parle) : Naaan c'est pour après... je suis là jusqu'à 21H54...
Moi : ...
Jeannette : Merde, j'ai loupé le fromage, putain.
Moi : 21H54 ???????
Jeannette : Ouais y'a une vente qui se finit sur E-Bay... je peux pas louper ça...
Moi : T'achètes quoi ?
Jeannette : Une machine à pain... faut que je l'aie...
Moi : Mais t'es toujours à l'école, t'auras pas le temps de faire du pain...
Jeannette : Youhoooou !!! 0,02 Bubz au jeu de la grenouille-qui-monte-sur-des-oeufs-pour-choper-des-mouches...
Moi : Tu éludes la question.
Jeannette : Mais naaan ! Une machine à pain, tu fais rien, tu mets juste les ingrédients et t'appuies sur le bouton.
Moi : Ah ouais, c'est vrai, t'es remplaçante. Tu mets juste les photocopies sur les tables et t'appuies tes coudes sur le bureau....

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article

Un Prof À L'envers

  • : Un prof à l'envers
  • : Jean Tévélis, professeur de écoles, raconte ses aventures dans ce blog avec des billets remplis d'humour, d'enfance et de vécu...
  • Contact

Le livre (cliquez sur l'image)

La page Facebook

Du même auteur

Catégories