Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 15:00
Aujourd'hui, c'était piscine, pour le plus grand bonheur de Damien... de qui j'ai déjà relaté les aventures aquatiques.

Dans le bus, je m'isole des parents accompagnateurs pour éviter des conversations bourrées d'hypocrisie, et je me colle au fond avec les mauvais élèves.

Je vais vous retranscrire la conversation à laquelle j'ai assité. En italique, vous aurez mes répliques. Pourquoi en italique.... parce que je les ai gardées pour moi. Vous comprendrez qu'il y allait de ma crédibilité d'enseignant de ne pas m'engager dans cette concversation au sujet plutôt...léger.

Ludovic : Vous avez regardé la Nouvelle Star ?
Shems et Alex : Ouais...
Moi : Ah oui...carrément. Faut pas louper ça.
Shems : C'est qui qu'est éliminé ?
Ludovic : Ben t'as regardé ou pas ?
Shems : Ben...pas jusqu'au bout. Je suis allé me coucher à la deuxième pub.
Moi : En fait...la deuxième pub...c'est même pas la moitié de l'émission qui comporte 4 pages de pubs de 30 minutes chacune.
Alex : Tu te couches tôt le mardi.
Shems : Non...c'est parce que j'avais foot le lendemain...
Alex et Ludovic (ricanant) : Ouais c'est ça.
Shems : Alors , c'est qui qu'est éliminé ?
Alex : Ben... Mickaël...
Shems : Celui qui a les cheveux longs... ?
Ludovic : Oui...mon père il dit qu'il est sûrement de l'immeuble d'en face.
Alex et Shems
: C'est ton voisin ?
Ludovic : Ben, faut croire. Mais je l'ai jamais vu.
Moi : Si vous suivez l'émission, vous devez comprendre l'allusion du père de Ludo. Disons que...Thomas aussi doit être de l'immeuble d'en face.
Alex : Charlotte...
Shems : Quoi Charlotte ?
Ludovic : Ben, elle est éliminée aussi.
Shems : Ah bon. Ils sont combien éliminés ?
Alex : Cinq.
Ludovic : T'es sûr que t'as regardé ? T'y connais rien.
Shems : Ben si...je peux même te dire que le gars du jury, il avait un pantalon de ..... (chuchotant, mais pas assez) pute.
Ricanement du trio.
Moi : SHEMS... tu veux que je t'aide ?
Shems : Quoi ?
Moi : Les gros mots tu les gardes dans ta poche...

Oui je sais, elles sont trop nulles mes expressions ... "Tu veux que je t'aide" et "Tu les gardes dans ta poches"... J'ai été pris de cours. Notez tout de même mon honnêteté de les avoir retranscrites telles quelles dans mon blog.

Alex : Ben , c'est vrai c'était à la télé...Il avait mis un pantalon tout serré.
Moi : Et alors, c'est une raison pour être vulgaire  ?
Les 3 garçons : .....
Moi : Bon, continuez.
Ludovic : Quoi ?
Moi : ....

Après 1 minute de silence.
Shems (chuchotant mais pas assez...) : Qui d'autres ?
Ludovic : Antoine, Yasmina et Maria Paz...
Alex : Ah ouais... Maria Paz elle était belle, c'est dommage...
Shems : Moi je préfère Lio...
Ludovic : Ah non, elle est trop vieille....
Shems : Et Maria Paz aussi elle est vieille...
Alex : Ouais c'est vrai...mais moins quand même.
Moi : Moi je préfère carrément Charlotte... mais elle est trop jeune je crois.... Alors faut-il que je me rabatte sur Lio...l'innoubliable interprète de Banana Split...qui a totalement sa place dans un jury dans lequel elle doit juger les talents d'interprètes des autres.

Shems : Vous avez voter pour qui, vous ?
Alex : Personne... j'ai pas le droit.
Ludovic : Moi non plus... Je voulais voter pour le noir, mais mon père il n'a pas voulu. Il a dit que  de toutes façons, c'était déjà tout prévu, que ça ne servait à rien de voter. Il pense que ce ne sera pas le noir, ni le gothique, ni la moche frisée, ni la moche à lunette...
Shems : Ben, ce sera qui alors ?
Ludovic : Il a dit qu'il attendrait la finale pour deviner.
 
Trop fort la papa de Ludo.
Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 16:59
En ce moment, ça bouge pas mal dans les écoles de France.  C'est ce qu'on appelle le mouvement.
C'est quand on veut partirde son école pour des raisons diverses.

Je sais que certaines personnes sont très décidées... soit à partir coûte que coûte...soit à rester quoiqu'il advienne.

C'est pour les autres que cet article s'addresse... Les indécis.
Voici un petit test digne de figurer dans Le monde de L'Education... ou Psychologie...ou même dans Pélerin Magazine.

Devez vous participer au mouvement ?

Question 1: Le matin quand votre réveil sonne....
a. vous êtes déjà levé depuis 30 minutes pour pauffiner vos fiches de préparation.
b. vous serrez les poings et les dents en pensant à Maxime qui vous attends devant la grille.
c. vous pleurez.
d. vous tentez de vous rendormir pour replonger dans ce rêve où Madame Lafeuille et vous ramassiez des champignons dans le plus simple appareil.

Question 2: Qu'est ce qui pourrait vous mettre en colère en arrivant à l'école ?
a. Vos collègues ont annulé la réunion de ce soir.
b. Maxime vous salue de son plus sincère et plus sympathique sourire.
c. Vous avez oublié votre Lexomil sur la table du petit déjeuner.
d. Madame Lafeuille est absente.

Question 3 : Le téléphone sonne. Vous espérez que ce soit ....

a. l'inspecteur qui annonce qu'il vient vous inspecter cet après-midi.
b. le kidnappeur à gage que vous avez contacté pour s'occuper de Maxime.
c. une alerte nucléaire qui vous obligerai à évacuer l'école.
d. La piscine qui confirme que votre classe est programmée avec celle de Madame Lafeuille...ce qui vous permettrait de voir votre maîtresse en maillot de bain (peau de lapin).

Question 4 : Quand vous êtes absent, c'est que :
a. Vous êtes en phase terminale d'une maladie incurable.
b. Maxime reste à l'étude dans votre classe.
c. Vous avez obtenu deux jours par votre psy après votre enième tentative de suicide.
d. Vous avez une poussée d'Herpès  qui vous mange la lèvre et pas question que Madame Lafeuille vous voit ainsi.

Question 5 : Quand vous sortez de l'école. La première chose que vous faîtes, c'est :
a. Courir dans votre association de soutien scoaire.
b. Courir à votre cours de boxe pour décharger ses pulsions qui vous pousseront un jour à commettre une faute professionnelle.
c.Courir au pont le plus proche.
d. Courir vous connecter sur Msn pour converser avec Madame Lafeuille (que vous venez de laisser à l'école).

 Résultats :

Vous avez une majorité de a. Le mouvement, ce n'est pas pour vous. Vous êtes comme un poisson dans l'eau dans cette école. Les parents vous paient l'apéro tous les jeudis soirs. Les enfants vous appellent Tonton. Vos collègues vous adulent parce que vous faîtes la bise à l'inspecteur.

Vous avez un majorité de b. Le mouvement peut vous éviter une facheuse fin de carrière. La prison pour violence sur mineur peut-être évitée en changeant d'école. Vous éviterez également les contusions et les membres cassés par le père de Maxime.

Vous avez une majorité de c. Le mouvement ne sert à rien. Nous vous conseillons de participer à la réunion sur la reconversion des enseignants organisée dans votre circonscription. Tenez vous éloigné de tout ce qui peut, de près ou de loin, vous rappeller l'école.

Vous avez une majorité de d. Mon poste est libre. Je vous l'offre sur un plateau d'argent avec un mèchede cheveu de Madame LAfeuille. Vous contribuerez là à une action sociale de grande envergure.

Pour ceux qui ne connaisse pas Madame Lafeuille, cliquez sur elle pour faire connaissance.
Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:20
Le mois dernier, j'avais un journée de formation continue à l'IUFM. En général, c'est une journée perdue et ultra longue. Au lieu de passer 6 heures à courir partout avec des mômes...on passe 6 heures assis sur une chaise à écouter un formateur qui n'a surement jamais couru partout.

Bref. Mon école et mon domicile n'étant pas situé dans le centre névralgique du département, je dois me taper 1 heure de route pour aller à l'IUFM.  Comme je suis écolo, je me renseigne sur la participation des collègues des écoles voisines pour co-voiturer.

Le combiné du téléphone : Tuuuuuuuut             tuuuuuuuuut    
Une voix : Ecole Machin, bonjour.
Moi : Oui, bonjour c'est Walter de l'école Bidule. Madame Dumous est par là ?
La voix : Madame Demous... C'est moi !
Moi : Bonjour, je voulais savoir... C'est bien vous qui allez à l'IUFM vendredi prochain ?
Madame Demous : Oui.
Moi : J'y vais également. On pourrait partager les frais.
Madame Demous (apparement agacée) : En prenant ma voiture, bien-sûr...
Moi (déstabilisé) : Euh...pas forcément...On pourrait...
Madame Demous : Elle est comment votre voiture ?
Moi : Euh.... rouge.
Madame Demous : Quelle marque, je veux dire ?
Moi : Clio.
Madame Demous : Soyez précis. Cylindré, consommation, chevaux fiscaux...
Moi : Euh....
Madame Demous : Nan, je blague.... Combien de portes? Vous acceptez les chiens?
Moi :  Hahahaha....
Madame Demous : Non, c'est sérieux, je ne peux pas laisser mon chien ce jour-là.... Alors ? Vous acceptez ?
Moi : Euh... c'est que ....
 Madame Demous : Très bien, j'ai compris, on prend ma voiture. Je passe vous prendre à 7h50...
Moi: Oui, où ?
Le combiné : Tuuuuuut  tuuuuut  tuuuuuut.

Ca promet.

Le jour-j, à 7h50, j'attends à l'endroit décidé lors du deuxième coup de fil.
Une Super 5 "Bon jovi" dernière génération déboule sur le rond point à fond de train. La conductrice fait trois tours, en regardant à droite. Elle m'apperçoit enfin...et s'arrète au quatrième tour...

Madame Demous : C'est vous Walter ?
Moi : Oui.
Madame Demous : Ben alors... faut me faire signe... Je vous connais pas.
Moi : Moi non plus !
Madame Demous : Vous deviez vous doutez....
SuperMoi : J'espèrais très fort que ce ne soit pas vous.
Moi : Oui, j'étais pas sûr.

Les présentations faîtes, je me retrouve coincé dans la Renault, avec les genoux qui tentent de rentrer dans la boîte à gants. Elle ne me le propose pas, mais je tente d'activer la manette pour reculer mon siège.

Madame Demous
: Laissez tomber, c'est coincé. En plus, il faut laisser de la place à Harold...
Moi : Harold ????

Je me retourne et comprends pourquoi je ne l'avais pas remarqué avant. Une boule de poil sur pattes est calée derrière la siège de la conductrice.

Moi : Ben, il a de la place, il est pas gros....
Madame Demous : Harold n'a pas le droit de monter sur le siège...alors vous lui laissez de la place derrière vous. En plus faut pas le contrarier, il a le mal des transports.

J'étouffe un pouffement et me concentre pour garder mon sérieux.
Au bout de 5 km, la moquerie que j'avais éprouvée pour Harold se transforme en compassion. Avec Madame Demous, n'importe quel être vivant de la création aurait le mal des transports. Accélérations brutales, coups de frein violents, virages sur 2 roues....

Ce qui est bien avec Madame Demous, c'est que même très myope, on arrive à lire les plaques d'immatriculation des véhicules qui nous précèdent. On arrive même à lire l'adresse du garage où la voiture a été achetée... vous savez le petit autocollant en dessous de l'immatriculation.

Sur la 2 voies (limitée à 110)...elle roule, tenez vous bien.... à 110... en 3ème... Elle n'a pas passé la 5ème du trajet.... Sûrement parce qu'on n'a pas pris l'autoroute.

Au milieu du trajet, je ne me sens pas bien. Les mouvements brusques et les cris incessants du moteur torturé y sont pour beaucoup. Cependant, depuis quelques minutes une odeur pestilentielle a envahie l'habitacle. Je pensais que Madame Demous y était habituée, pourtant elle me dit.

Madame Demous
(inspirant à grandes narines... je me demande d'ailleurs comment elle ne s'est pas évanouie.) : Vous sentez ?
Moi (poli) : Non, quoi ?
Madame Demous : Ca ne sent pas très bon. Vous ne sentez pas ?
Moi (ne voulant pas lui faire penser que l'odeur vient de moi). : Ah si ! En effet ! Pouiii! Ah si si si !
Madame Demous : C'est toi Harold ?
Harold : .....
Moi ( me retournant et voyant Harold) : Il ne vous le dit pas ...mais c'est lui. Je crois qu'il a vomi.

Coup de frein digne de Michel Vaillant quand il arrive aux stands. Braquage de volant. Garage à l'arrache sur l'accôtement. Coup de klaxon de la voiture qui suivait. Ouvrage de portière sans regarder. Autre coup de klaxon d'une voiture qui passait.

Madame Demous fait le tour de sa bagnole et constate, comme je l'avais constaté un instant auparavant, le chien haletant au dessus d'une tache difficilement identifiable visuellement. Heureusement l'odeur nous met sur la  voie... Du vomi... Du vomi de chien.
Malgré sa réaction plutôt vive, Madame Demous semble habituée à cette situation. En moins de 5 minutes, c'est nettoyé et  désodorisé à la mandarine (ce qui n'arrange pas mon mal de coeur). Harold a fait son tour et ça semble aller mieux.

On repart et on arrive à l'IUFM  sans encombre.
Pendant la formation, je ne pense qu'au retour. Madame Demous sera-t-elle aussi patiente qu'elle l'a été avec Harold, quand elle devra nettoyer mon vomi ?

Ue dame : Excuse moi ! Tu habites bien à Machinchose ?
Moi : Oui.
La dame : Je dois y aller ce soir en sortant de l'Iufm.
Moi (En train de remercier le petit Ange de la nausée) : Et vous pouvez m'emmener ?
La dame : Ben, non ! C'est ce que je voulais te demander. T'es venu comment ?
Moi (ultra déçu) : Avec Madame Demous là-bas.
La dame : Je vais lui demander.

Au début, cette petite rencontre me paraissait anodine et je n'avais pas mesurer l'effet qu'elle aurait sur le retour. Cependant, il a fallu que je cède ma place de  devant et je me suis retrouvé avec Harold à 20 cm du spectre de sa tache de vomi.





Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 22:00
Aujourd'hui, Monsieur Janti était absent. Réunion syndicale sans doute. Du coup, on a eu droit à la visite d'un remplaçant. Visite très attendue dans notre petite école où les passagers extérieurs ne sont pas fréquents.

Il s'appelle Jean-Phillppe.... Jean-Phi, quoi ! Je suis sûre qu'on connait tous au moins un Jean-Phi. Jean-Phi c'est le genre de type, tu le connaîs depuis 5 minutes , mais  tu baignes déjà dans ses confidences. T'es au coeur de son intimité. Toi qui n'a rien demandé, tu sais déjà quand et pourquoi il a pleuré pour la dernière fois.  Tu rencontrerais n'importe quel membre de sa famille, tu le reconnaitrais au premier regard. Tu connais même ses positions sexuelles favorites et celles qu'il ne maîtrise pas encore.

Non content, d'être peu pudique... Jean-Phi est aussi très ....peu modeste. Après 2 récréations et 1 repas de 20 minutes, je suis en mesure de vous dresser le CV de Jean-Phi....

Nom : Phi     Prénom : Jean       Alias : SuperProf

Date de naissance : 25 décembre 1984  ( ah oui... Jean-Phi est jeune...).
Lieu de naissance :  Le sommet du Mt Blackburn en Alaska   ( Jean-Phi ne fait rien comme tout le monde).

Formation :

En Juin 1999, à même pas 15 ans, Jean-Phi obtient  la mension : Très Très Excellent à son bac option : Très Très dure.
 Jean-Phi poursuit ses études supérieures en fac de SuperHéros à New-York (bien-sûr). Dans sa promo, il cotoit des gens illustres, tels Superman, Batman, Spiderman, Pacman et... Jean-Jacques Goldman...
Après 5 années d'études acharnées, il sort  major de sa promo avec l'option " Enseignement en milieu méga difficile " en poche.
Il faut noter que les héros sus-cités n'avaient pas la même option que Jean-Phi, ce qui a permis qu'il ne leur fasse pas d'ombre pour la suite de leur carrière. Batman et Spiderman ont pris l'option "Bestioles qui font peur", Superman a pris option "Journalisme"... il a séché les cours de Monsieur Krypton... d'où ses faiblesses.... Quant à Pacman, il a passé sa scolarité dans les bars de New-York, où chaque soir il finissait rond comme un ballon. Jean-Jacques Goldman, lui, avait l'option "Synonymes"  avec une spécilisation en "Rimes faciles".

Expérience professionnelle :

2004 - 2005 : En poste à Rio de Janeiro, dans la célèbre favelas "Cité de dieu", Jean-Phi enseignait à une classe  de 86 élèves. Cette première mutation a été difficile, il nous l'a avoué. Après avoir subit dans sa propre classe de multiples agressions de la part des parents mécontents du caractère précurseur de son enseignement, il a finalement   réussit à amener ses élèves à un niveau tel, que 89% de sa classe a été reçue dans les plus prestigieuses écoles supérieures américaines, à la sortie du CP.

2005-2006 : Année sabatique. Il a alors parcouru la terre en long en large et en travers vivant de petits jobs. Il a été peintre en batîment sur la muraille de Chine, il a été dresseur de dauphins dans le désert de Goby, pirate  sur lac Léman, promoteur immobilier au Pôle Nord, emprisonné aux bagnes de Cayennes pour avoir porté assistance à un bébé chimpanzé qu'on allait sacrifier, taxidermiste en milieu aquatique, cuisinier à bord du concorde.... et j'en passe.

2006-2007 : Une partie de sa vie qu'il n'a pas évoquée. Sûrement un truc ennuyant, genre instit en France dans une école de village... Rien d'excitant, en effet.

2007- à nos jours
: Sauveur d'enfants en difficulté. A lui tout seul il a déjà fait baisser le taux d'échec scolaire de 36% en France. Seulement, cela ne se voit pas , car tous ses collègues imcompétents entraînent ces chiffres dans un gouffre.
Vous avez sûrement entendu parler des Evaluations Nationales de Cm2 de cette année (ultra médiatisées). Jean-Phi, à lui seul, a permis aux écoles du département de ne pas être trop ridicules.

Compétences particulières:

Points de croix, point lancé, point ratrappé, point jonglé,  tricot (maille à l'envers et à l'endroit).
Maîtrise écrite et oral de l'Esperanto.

Loisirs :

compositeur classique, chef cuisinier, champion du monde de craché de melon.


Voilà... Bravo.
 Madame Lafeuille a bien proposé d'écrire à Monsieur le président de la république pour qu'il lui colle la légion d'honneur...Mais je crois bien qu'il l'a déjà.

Ps : Pourquoi ce titre ??  Qui c'est Victor ??  C'est ici l'explication.
Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 15:33
Le coeur lourd, le visage fermé, les yeux baissés, je rentre dans la classe en trainant  les pieds. Le silence se fait plus vite que d'habitude. Les gamins ont noté mon air abattu. Comme chaque année à la même période je dois leur annoncer l'arrivée d'un évènement terrifiant aussi bien pour moi que pour eux.

Je m'éclaircis la gorge pour bien me faire comprendre. Je ne tiens pas à répéter cette annonce qui m'écorche la bouche au sang tant les mots me sont extirpés avec violence pour parvenir à leurs oreilles.  Je prends une inspiration, lève les yeux, jette un regard circulaire pour jauger l'assistance et me lance.

Moi : Dans un mois, il y a le cross des écoles.
Eux : OUAAAAAIIIIIIS !!!
Moi : .....

C'est la première fois que cette annonce provoque cet effet dans la classe. Il ont dû mal comprendre... ou peut-être confondent-ils le cross...avec le hockey-cross, sport nettement plus divertissant. Je retente.

Moi : Le cross des écoles... quand on court....
Eux : OUAAAAIIIIIIS !!!
Moi : ....qu'on est très essouflé, qu'on a chaud mais que le maître veut pas qu'on enlève son anorak parce que c'est pas vraiment le printemps malgré ce que dit le calendrier.
Eux : OUAAAAAAIIIIIIIS !!!!

Ce qui me rassure, c'est que dans 2 jours, après la première séance "d'endurance", il redevriendront raisonables et protesteront lorsque je leur parlerai du cross qui approche.

La première séance. Je l'imagine déjà.

Devant l'école :
Moi : Allez. On va vers le terrain derrière le stade. Comme ça, pour courir longtemps c'est moins ennuyant que dans la cour.
Olivia : On y va en bus...
Moi : Tu rigoles. C'est à 5 minutes.
Shems : Quoi ? On va quand même pas marcher jusque là-bas.

Sur le terrain :
Moi : Allez, Camille... ça  ne fait qu'une minute que tu cours...Allez.
Camille (qui marche en se tordant en deux) : Pfff. J'ai déjà un point. J'aime pas courrir.
Moi : Allez ! Souffle bien.
Camille : Pfff...je fais que ça, souffler...J'aime pas le sport.
Moi : Non Camille, tu souffles pas, tu soupires...

Sur le terrain encore :
Moi : Bon, c'est pas mal. Le jour du cross faudra qu'on court le double. Là, c'est juste le premier entraînement.
Sanah : OUAAAIIIS ! Vous courrez avec nous pour le cross ?
Moi : Ben non !
Sanah : Vous avez dit "Faudra qu'on court..."
Moi (piégé) : Euh... oui...mais non, les maîtres n'ont pas le droit de participer.
Ludovic : L'année dernière notre maîtresse elle l'a fait avec nous.
Moi : C'est bien ce que j'ai dit...les maîtresses, elles peuvent... mais pas les maîtres.
Ludovic : Mais y'avait aussi le maître de l'école de mon cousin qui courrait.
Moi : Monsieurs Frachebois ?
Ludovic : Oui, je crois.
Moi ( balançant ma dernière cartouche, vilement ) : Je ne voulais pas rentrer dans les détails de la vie privée de Monsieur Frachebois, ni aborder le sujets complexes des préférences sexuelles, mais sachez, les enfants, que pour certaines personnes très étriquées d'esprit, Monsieur Frachebois n'est pas vraiment considéré comme un maître...et il est autorisé à courrir.

Sur le chemin du retour. Maxime, pleurant, me montrant sa main ensanglantée...
Moi : T'es tombé ???
Maxime : Non !
Moi : T'as pas courru avec ton compas quand même.
Maxime : Non ! Mais avec un caillou... pour pas avoir de points de côté.
Moi : ???
Maxime : C'est mon papa qui m'a dit de serrer un caillou très fort dans ma main...

Il me montre la dite pierre dans sa main valide. Les hommes préhistoriques en seraient jaloux. Un bijou  tranchant et pointu.

Moi : Il fait du sport du papa ?
Maxime : Ben oui, il est pour l'OM.

Vivement le cross... Je vous en reparlerai.


Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 18:09
Ce matin dans la cour :

Grégory (qui s'adresse  à Madame la Directrice) : Madame, on a bien piscine cet après -midi ?
Madame la directrice : Quel jour est-on aujourd'hui, Grégory ?

Ce que Grégory aurait pu répondre, s'il n'était pas en CP : Le fait est, Madame, que la semaine dernière vous faisiez grève. Donc pas de piscine. La semaine d'avant, le centre nautique était fermé pour cause d'intoxication aquatique. Une algue se développait dans les bassins. Entre nous, je ne serais pas étonné que la même algue prolifère dans la baignoire de Lucien.... vu son hygiène douteuse. Bref, pas de piscine non plus. La semaine encore avant, souvenez vous, le bus n'est pas venu nous chercher, et j'ai ouï dire que vous aviez oublié de confirmer la réservation. Donc toujours pas de piscine. Je me trouve donc dans la plus grande légitimité de me montrer curieux quant à la présence de piscine dans l'emploi du temps d'aujourd'hui.

Ce matin dans le couloir :

Simon ( à Monsieur Janti) : Monsieur, je peux aller fermer la porte ?
Monsieur Janti : Tout le monde est rentré ?

Ce qu'aurait dû répondre Simon, s'il n'avait déjà eu un avertissement la semaine précédente : Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, je ne vous trouve pas cohérent dans vos actions éducatives. Je m'explique. Vous nous bassinez avec le développement durable, les gestes éco-citoyens, le réchauffement de la planète depuis le début de l'année. Or, chaque matin, vous attendez que le dernier élève du rang vous demande docilement s'il a la permission d'aller fermer la porte donnant dans la cour. Vous répondez systématiquement par la même question et l'élève en question, après hésitation, file pour accomplir sa tâche. Vous lui rappelez de ne pas courir dans les couloirs et attendez patiemment qu'il revienne pour enfin commencer votre journée de labeur. Cependant s'il avait de fermer la porte derrière lui en entrant, vous auriez économisé de l'énergie (le radiateur étant situé à côté de la dite porte ) et du temps. Et c'est sur ce dernier point que je porte votre attention et je vais vous répondre par une autre question.  Par cette ridicule et inutile manoeuvre, n'essayez-vous pas de gagner 5 minutes de travail  chaque matin ? 

Ce midi, à la sortie :

Rozane (à sa mère) : Qu'est ce qu'on mange à midi, maman ?
La mère de Rozane : A quoi ça va te servir de le savoir ?

Ce qu'aurait dû répondre Rozane, si sa mère n'avait pas l'habitude de la baffer
: Maman, je te retourne la question. A quoi cela te sert-il de savoir ce qu'il se passe en classe. Si ce n'est pour parader devant le portail en racontant aux mamans curieuses ( réunies 20 minutes avant la sortie pour ce qu'on appelle des réunions-trottoir ) les derniers évènements qui ont animé la classe. Tels que : "le maître a fait une faute au tableau" , "Lucien n'a toujours pas changé de T-shirt depuis les vacances" ou " Shems a été puni parce qu'il a dit un gros mot".

Cet après-midi, en classe :

Alex : Peux -tu me prêter ta gomme, Shems ?
Shems : Elle est où la tienne ?

Ce qu'aurait dû répondre Alex, s'il ne m'avait pas vu dans les parages en train de faire les gros yeux : Shems, ma gomme est dans ma trousse à portée de main. Je pourrais très bien l'utiliser si ma psychopathe de mère ne m'avait pas inculquer le terreur de l'usure. Je me fais disputer chaque soir pour la même chose. "T'as tâché ton pantalon !!" "T'as usé tes feutres en seulement .... 4 ans...tu crois qu'on roule sur l'or !!!", " T'as bousillé les baskets que tes 3 frères t'ont données après les avoir utilisées à tour de rôle !!!"  Pour aller plus loin dans la folie de mes parents. On a gardé les bâches en plastique qui recouvrent les sièges de la voiture qu'on a achetée l'an dernier. Dans les placards; il y a un tas d'appareils electroménagers dont on ne se sert pas  pour ne pas les abîmer. C'est donc la raison pour laquelle je  n'utilise pas mon peit morceau de gomme que j'ai réussi à conserver depuis le CP.

Ce soir, dans le couloir :

Moi (à Davina l'agent d'entretien ) : Davina, t'as fini dans ma classe ? Je peux fermer les volets ?
Davina : Pourquoi ? Tu t'en vas ?

Ce que j'aurais dû répondre, si je n'étais pas aussi soucieux de maintenir une ambiance stable dans mes relations avec mon entourage professionnel : Non, je reste mais j'avais juste envie de bosser à la lueur d'une lumière artificielle. J'avais juste envie de m'exploser la vue et les neurones avec ces p****** de néons qui clignotent et qui font un boucan d'enfer. J'avais envie d'empêcher cette douce lueur  naturelle crépusculaire d'atteindre mon moral si exécrable en cette fin de semaine.

STOOOOOOOOP  !!!!!!!!!!!!

Pourquoi on répond systématiquement à une question par une question ??
Et le premier qui me répond : " Qu'est-ce que ça peut faire ?".... Je le préviens, je ... je ... je fais des études d'informatique, j'apprends ce qu'est une adresse IP, je repère la sienne, je pirate un truc important pour savoir où il habite, je me pointe chez lui  et euh...je sonne et ...je demande à lui parler...et euh....j'attends de voir son gabarit pour choisir quelle sera la sanction.


Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 14:06
Jusqu'à maintenant mes articles éparpillés aussi bien dans le temps que dans les sujets, ne vous ont jamais permis d'avoir une vision globale de mon école.
Voici un article qui vous présente la tribu:

Madame la directrice (à vous l'honneur) : Elle n'est pas directrice pour rien. Vous connaissez Full Metal Jacket...mais si... avec le militaire qui braille sur un trouffion parce qu'il pense que le respect qu'on lui doit se mesure au nombre de décibels qu'il balance dans le pavillon auditif de ses interlocuteurs. Vous le voyez maintenant. Vous lui collez un tailleur, un paire de boucle d'oreille, une chevelure blonde, frisée et sèche, une toute petite bouche pincée et des yeux noirs tout ronds...et je vous présente Madame la Directrice.

Monsieur Janti dit Le cliché : Une barbe parfaitement taillée. Un pantalon de velours. Un chandail. Une R18. Des mocassins à gland. Une mauvaise haleine. Une carte de syndicat. Mieux...un bulletin d'adhésion à son syndicat qu'il agite sous le moindre prof en galère dans les méandres administratifs de l'Education Nationale. Une carte de miitant d'un parti de gauche. De plus en plus à gauche. Un cartable en cuir. Et le détail qui tue.... un pin's Don du sang.

Madame Lafeuille dite La sauvage : Vous vous rappelez de la pub pour la vache qui rit. Elle peut faire tout le casting à elle toute seule. Trop sérieuse. Trop coincée. Trop prude. Trop chaste.Trop tendue. Trop pas drôle. Trop, quoi.

Aurélie : Un ange dont je suis secrètement amoureux. Mais elle fréquente un pompier (dirait Madame Lafeuille). Un mec un peu baraqué... mais bon ! Ca veut rien dire. Jespère juste qu'on ne sera jamais amené à comparer nos instruments de travail. Avant , j'avais bien une règle de tableau (vous savez une règle jaune de 1 m)...mais elle a rendu l'âme lors d'une expérience en sciences sur les leviers. Et je crains que mon stylo rouge ne fasse pas le poids face à sa lance à incendie.

Véronique et Davina : Nos agents d'entretien. L'eau et le feu. L'une charmante, souriante, avenante. Tous des adjectifs en "ante". L'autre boudeuse, chieuse, emmerdeuse. Tous des adjectifs en "euse".

Gillou : L'homme à tout faire de la mairie. Ne vous laissez pas influencer par son nom. Gillou est une force de la nature. Il est capable de remorquer la twingo de Madame Lafeuille à la main. De casser le double vitrage de la porte vitrée à la tête. De manger tous les goûter des gamins à la bouche. Et de repeindre le couloir de l'école du sol au plafond...au pied.

Moi : Pour en savoir plus sur moi...et me connaître sous mon plus mauvais jour, il suffit de fouiller un peu dans ce foutoir internautique et vous trouverez bien le blog d'un de mes collègues sus-cités qui fera mon portrait avec objectivité. Bonne recherche.

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 12:10

Un froid de canard dans la cour. Il est 15h20. La récré ne va pas s'éterniser. Comme nous l'a fait remarquer Madame la Directrice au début de l'année : " J'ai calculé que si on laisse 5 minutes de récréation en plus à chaque fois.... on perd, tenez-vous bien.... UNE semaine entière d'école". J'ai vérifié. Elle a raison. Monsieur Janti est entré en léthargie depuis le début de notre service. Il n'a pas décroché un mot....même pas sur le mouvement de grève de jeudi 19. Bizarre. Soudain, il s'anime :


Monsieur Janti : Tu sais depuis combien de temps, je suis dans cette école ?
Moi : Euh... non !
Monsieur Janti : Trop longtemps !
Moi (surpris par ce qui ressemble à une confidence) : ...
Monsieur Janti : Il ne  me reste que 10 ans à tirer. Je crois que je vais finir ici.
Moi : Tu sais, c'est pas un peine de prison... C'est juste un job.
Monsieur Janti (avec rire ironique) : On voit que t'es jeune, toi.
Moi (entrant dans l'ironie) : Moi, il me reste un peu plus de 35 ans à tirer...Vaut mieux pas que je raisonne comme ça. Je suis pas encore aigri.
Monsieur Janti : Ca va venir vite, crois-moi.


Et il tape dans ses mains pour signifier la fin de la pause.


Un peu plus tard dans le bureau des profs.


Moi : Il a pas l'air bien, Monsieur Janti. Il me fout les jetons avec ses discours
Aurélie : T'inquiète. Ca lui prend tous les ans à la même époque.
Moi : Le coup de mou à la sortie de l'hiver. Un truc dans le genre ?
Aurélie : Non ! Les représentations de sa troupe de théâtre !
Moi : ....
Aurélie : Ben oui ! Il se met tellement bien dans son personnage, qu'il fait plus la différence avec la vraie vie.
Moi : ...C'est bien ce que je disais...il est malade.
Aurélie : Là, je crois qu'il a un rôle de dépressif, il me semble.
Moi : Il le tient bien, y'a pas de souci.
Aurélie : L'an dernier, il devait interpréter un mec complétement macho, un poil misogyne.
Moi : Ah ouais !
Aurélie : Y'a des parents de gamines de sa classe qui sont venus se plaindre.
Moi : Il va loin quand même !
Aurélie : Le pire, c'est il y a 3 ans, il devait jouer le rôle d'un travesti...

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 16:38

ENFIN !!! Une baston... une vraie baston... dans la cour. Ah, enfin, ils se réveillent... A quelques mètres de moi, ça se chope, se tire, se beigne, se crache dessus... Je réagis tranquillement et je vais enfin justifier ce p***** de temps passer dehors à me cailler pendant que les enfants jouent docilement et que y'a même pas besoin que je sois là.... Alors j'avance lentement en direction du groupe qui s'est formé. Je laisse passer quelques claques et quelques griffures...

Moi : Non, mais ça va pas ... vous vous croyez sur Catch à Claque sur Direct 8....
Francis  : C'est Catch Attack, monsieur, et c'est sur NT1.
Moi : ...

Du coup, Guillaume et Jean (les 2 catcheurs)  se fouttent de moi et ils oublient de se battre...

Moi: Keskispass ???
Guillaume et Jean (en choeur) : C'est pas moi !
Francis : Ils se battent à cause de la moutarde et du frigo...
Moi : ....
Les autres : Ouais !
Francis : Et puis, c'est pas bien de se battre pour des bétîses comme ça... il faut écouter le maître...
Moi : (rouge de colère) : TAIS-TOI... t'es en train de faire mon taf, là. Toi ton boulot, c'est lancer des boulettes en classe, te battre à la récré, vomir dans le bus et pleurer à la piscine, alors laisse-moi engueuler tes potes... J'ai pas trimer 5 ans d'étude pour ne plus rien avoir à faire à cause d'un petit prétentieux qui balance des sermons bateaux à tout va... (A Guillaume et Jean) Et c'est quoi cette histoire de frigo et de mayonnaise...
Francis (qui n'a pas dû m'entendre) : de moutarde...

Pour finir, j'apprends que mes deux catcheurs se prennaient le chou pour une histoire de ménagère... Guillaume soutient qu'il faut  conserver la moutarde au frigo alors que Jean est persuadé que la moutarde doit rester dans un placard....

Finis les vrais débats : Ulysse est-il plus fort que Capitaine Flamme ? Un boulet vaut-il plus que 2 agates ? Chantal Goyat a-t-elle plus de sein que Dorothée ?  ... et j'en passe...

Bonjour les questions existentielles : Faut-il faire fondre le chocolat au bain marie  ou au micro-ondes ? Obama ou McCain ?  Un litre d'essence est-il plus cher qu'un litre de bière ? ....

Bien-sûr, je  n'en reste pas là. Voici la sanction :
A Guillaume : "Explique en 20 lignes, pourquoi il faut mettre la moutarde au frigo ?"
A Jean : "Explique en 20 lignes, pourquoi il ne faut pas mettre la moutarde au frigo ?"
A faire signer par les parents.

Le lendemain, ils me remettent chacun leur copie.
Celle de Guilaume entre les mains, je fais une grimace sans équivoque pour celui qui a commis la faute :

Guillaume (un peu honnête) : C'est mon papa qui m'a un peu aidé.
Moi : T'aurais pu de donner la peine de recopier son texte...

Le texte de Guillaume... euh de son papa.
De nos jours, chacun sait que l'abaissement de la température diminue l'action des bactéries et des enzymes présentes dans les aliments. Des études très anciennes et très sérieuses ont montré que des aliments conservés au delà d'une température de 14°C développaient la scaritorase. Cette enzyme est-allemande d'origine, a traversé nos frontières en 1986, peu de temps avant la chute du mur de Berlin. Elle avait trompé la vigilance des miradors communistes en se  déguisant en virus de la grippe. Depuis elle sévit dans les aliments tels que la moutarde, le beurre de cacahuètes et le guacamol. Mon grand-père a été touché par cette enzyme. A 95 ans, il n'avait plus de cheveux et boitait un peu. C'est pour cela que j'ai très mal réagis quand Jean a dit qu'il ne fallait pas mettre la moutarde au frigo.

Le texte de Jean me paraît beaucoup plus honnête.

Moi : Apparemment, on t'a pas aidé toi.
Jean : NAAN ! J'ai fait tout seul ! Mon père, il m'a juste fait  recopier 26 fois...
Moi: Pourquoi 26 ??
Jean : Parce que c'est le nombre de fautes que j'ai fait aux dictée...
Moi (carrément surpris) : T'en fais jamais des fautes... Elles sortent d'où les 26 ?
Jean : C'est depuis le début que je vais à l'école.

Le texte de Jean :
Un jour, ma maman m'a raconté l'histoire de la moutarde aux allumettes. C'est un petit pot de moutarde qui doit emmener du beurre à sa grand-mère en passant par la cuisine. Dans la cuisine, tous les dangers le guettent. Le carrelage qui veut le fracassé. La poubelle qui veut le trier. Le sandwich qui veut le vider et Guillaume... le méchant Guillaume qui veut le mettre au frigo. Mais Guillaume ne se rend pas compte. Un séjour trop long au congel quand il était petit lui a fait perdre toute ses capacités de réflexion. Je le mettrait bien dans le frigo Guillaume, encore une fois, pour qu'il voit. Mais je ne connais pas de frigo assez gros pour le mettre, ce méchant géant et puis en plus je l'ai battu à la bagarre. Il tapait comme une fille. Et j'ai pas pleurer alors que lui j'ai bien vu que si il clignait des yeux une fois, il allait pleurer. Heureusement que le maître eset venu avec sa blague de Catch à Claque sinon il serait à l'hopital et on aurait dû faire une sortie avec la classe pour lui donner des cadeaux sauf moi qui serrait resté dans la classe de Madame Lafeuille.

C'est toujours elle qui a le mot de la fin.

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article
13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 15:55

Je m'étais dit cette année que je ne balancerais pas sur mes collègues... C'est un peu comme arrêter de fumer. Au moment où on se sent fort,  sûr de sa maîtrise... on nous colle un paquet sous le nez.  Et bien, c'est pareil. Quand je pense résister à la moquerie... les collègues se mettent en quatre pour se ridiculiser et me tenter.

Donc, ce matin, Madame Lafeuille arrive à l'école en baskets. Jusque là rien d'anormal vous dîtes vous. Soit vous ne connaissez pas Madame Lafeuille (voici de quoi corriger cela), soit vous aussi, vous mettez des baskets quand vous êtes habillés en tailleur... Je crois que depuis le portable de Michaël (voir image), je n'avais rien vu de plus ridicule.

Mes collègues aveugles ou faux-culs ne font aucune remarque... Je me lance :

Moi : Ben didon... Madame Lafeuille... t'as sorti les pompes.
Madame Lafeuille (à qui le langage jeune  échappe carrément) : ....
Moi : T'as mis des belles baskets... Tu fais sport aujourd'hui ?
Madame Lafeuille ( rougissant) : Non !
Moi (mal à l'aise... ne comprenant pas sa réaction... et complétement faux-derche) : En tout cas, elles te vont super bien.
Madame Lafeuille : Merci.

C'est un peu plus tard que j'ai compris. Ma collègue avait pris rendez-vous avec le jeune-papa-beau-gosse de l'école. J'avoue, moi qui suis du genre à donner mon avis sur les mecs pour jauger la concurrence, que ce papa est plutôt pas mal. En tous cas, même en mettant du gel, du déo et de la pommade, je lui arrive pas à la cheville (c'est dire...).
 
Madame Lafeuille qui secrètement ( et vainement ) espèrait charmer le jeune-papa-beau-gosse avait arrangé un rencart sous un prétexte bidon, genre :

Monsieur,
depuis la rentrée le comportement de Julie m'inquiète. J'en ai déjà parlé à votre épouse entre 2 portes mais  cela n'a servi à rien. J'aimerais donc vous rencontrer vous personnellement, tout seul, sans votre femme, que vous quoi... Lundi soir à partir de 16h30 jusqu'à une durée indéterminée. Je ne  souhaite pas que Julie assiste à la réunion, les propos que nous tiendrons étant, je le crainds pas, de son âge (si vous voyez ce que je veux dire...). Affectueusement Madame Lafeuille.

A 16h30, elle s'enferme seule avec lui dans sa classe.
Avec Aurélie de maternelle, on passe devant et voilà qu'on trippe. On imagine les différentes situations qu'on rencontrerait si on entrait sans prévenir dans la classe...

1. Et là, on rentre... et on voit le papa debout derrière le bureau avec le  compas géant du tableau dans la main. Madame Lafeuille de l'autre côté n'a gardé que ses baskets...

Le papa (histérique, qui perd pas mal de charme) : NAPROCHAIPA !!! NAPROCHAIPAAAA !
Madame Lafeuille : Allons du calme, je veux juste vous parler de Julie....
Le papa (suppliant à bout de force): Rhabillez-vous... s'il vous plaît... s'il vous plaiiiit !
Madame Lafeuille :  J'ai drôlement chaud...pas vous ?
Le papa  (sanglotant et se rendant...) : Prenez moi, faîtes ce que vous voulez de moi... mais couvrez vous... j'en peux plus...aaaaahhhrrr !

 2. Et là, on rentre...

Madame Lafeuille est au tableau et le plus sérieusement du monde, pointe de sa grande règle jaune une position du Kamasutra dessinée au tableau.
Le papa assis à la place de Julie récite docilement :

Le papa : La position 31 : Se pratique de preférence dans un gymnase muni de grand rideaux de séparation. La femme ... [Over-Blog a censuré cette partie... car je n'ai pas la mention adulte]... ce qui lui donne énormément de plaisir.
Madame Lafeuille : Très bien. Et celle-là. Bravo ... nous allons bientôt passer à la mise en pratique... la théorie, c'est tellement ennuyant.
Le papa : Rien qu'avec la théorie, je sens que je fais des progrès... Ma femme est ravie. D'ailleurs elle vous a fait ce gâteau pour vous remercier.

3. Et là, on rentre...

Tout nos collègues surgissent déguisés en criant : "SURPRISE"

Nous : ...
Eux : Kesvoufoutélà ???
Nous : Pivous ??
Eux : Euh...
Nous : Vous attendiez qui ??
Eux : L'inspectrice, c'est son anniversaire aujourd'hui.
Nous : C'est pas vrai... vous êtes que des faillots... Vous faîtes une surprise party pour l'anniv de l'inspectrice !!
Eux : On n'a rien sans rien.


4. Et là, on rentre...

Madame Lafeuille est en pleure et le papa très mal à l'aise à côté d'elle, bafouille :

Le papa : Nan, c'est pas ça... vous êtes très belle (il s'étrangle)... c'est que y'a ma femme et ...

Madame Lafeuille, nous voyant arriver, s'essuie les yeux de la manche et dit  assez fort.

Madame Lafeuille : Non, monsieur.... vous êtes marié. C'en est presque insultant. Qu'avez vous cru ? Je suis la maîtresse de votre fille... pas la vôtre.
Le papa : ...
Madame Lafeuille (très gonflée) : Et puis, je sais que j'ai une belle poitrine... mais vous auriez dû garder vos dans votre sl...vos poches.


Reour à la réalité :

Monsieur Janti (qui passe par là) : Qu'est ce qui vous fait marrer ?
Aurélie (encore dans le trip imagination) : T'entends pas des bruits suspects dans la classe...on s'inquiète.
Monsieur Janti (qui a compris l'allusion) : Vous êtes vraiment des gamins...

 OUI ET VIVE L'ENFANCE..... ET MADAME LAFEUILLE !!!!!!
 

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article

Un Prof À L'envers

  • : Un prof à l'envers
  • : Jean Tévélis, professeur de écoles, raconte ses aventures dans ce blog avec des billets remplis d'humour, d'enfance et de vécu...
  • Contact

Le livre (cliquez sur l'image)

La page Facebook

Du même auteur

Catégories