Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 06:46

 

Rédaction : Raconte tes vacances. 

 

Classique. Trop. Beaucoup trop.

Arrivés en CM2, la plupart des élèves a déjà traité ce sujet au moins trois fois.

 

En plus, on entretient leur nostalgie des vacances. Avec hypocrisie. Car le reste de l'année, on leur rabâche des « C'est fini les vacances ! » et des « C'est pas encore les vacances ! » à longueur de période.

Encore plus hypocritement, on leur fait croire qu'on s'y intéresse. Pour ma part, leurs vacances chez la grand-mère, devant le tour de France ou à la piscine municipale, je m'en balance comme du nom du troisième assistant de photographie du film du dimanche soir qui défile quand même lors du générique.

 

Du coup, j'ai réfléchi à un sujet moins hypocrite.

Je pense à « Raconte pourquoi tu es content(e) de reprendre l'école. ». Pour le coup, on baigne dans l'hypocrisie jusqu'au cou.

 

Alors je l'ai joué plus fine. « Raconte le pire moment de tes vacances ».

 

Et sans surprise je suis tombé sur des pires moments très légers. Des petites peines d'enfants.

 

Mon pire moment des vacances, c'est à la Grande Motte. Mes parents m'avaient acheté une glace trois boules. Goût Kinder, Chocapic et Guimauve grillée façon barbecue. Nous nous promenions le long de la plage.

Je suis passé près d'un homme qui portait sa main en visière pour regarder un avion avec un long bandeau qui flotte au vent. Visiblement peu intéressé par le message publicitaire qui annonçait des promotions sur les moules-frites d'un restaurant ( « Chez Moumoule, les frites sont à volonté si on vient en bottes en caoutchouc »), l'homme a violemment rabattu sa main, qui a emporté ma glace dans son élan.

Elle était irrécupérable, ensablée.. J'ai rejoint papa et maman en courant et en pleurant un peu. Ils m'ont consolé et m'ont acheté une autre glace un peu plus loin.

 

Mon pire moment des vacances c'est une nuit au camping quand l’alarme de la BMW de papa n'a fait que sonner. Tous les voisins étaient mécontents et j'ai pu apprendre de nouveaux gros mots que je ne connaissais pas. Au début, Papa n'a pas voulu débrancher l'alarme. Il avait trop peur car, la nuit précédente, son copain Paulo s'était fait piquer son épuisette et son pack de bière qu'il avait mis au frais sous la caravane. Ensuite il l'a quand même coupée puis il a fait le guet pour surveiller sa BMW.

Le lendemain, comme il n'a pas trop dormi, il était drôlement en pétard. Surtout quand il a vu que c'était une guêpe coincée dans l'habitacle qui déclenchait l'alarme avec les détecteurs de présence.

 

Mon pire moment des vacances, c'est plutôt une grosse déception. Avec mon Papa, tous les samedis soirs des vacances, on est allé à des fêtes. On est allé à la fêtes des escargots à Saint-Point-Lac, à la fête du foot à Montperreux, à la fête de la paille à Chaffois, à la fête de la bouse à Vaux-et-Chantegrue, aux Fines Gueules à Saint Colombe, à la fête du cheval à Houtaud, à la fête des sapins à Levier et même à la fête de l'éponge à Saint-Hippolyte. Mon papa prenait sa voiture, ils nous emmenait, ma sœur et moi, et aussi des copains à lui. Pour revenir, c'est jamais lui qui conduisait. C'était un de ses copains. C'était jamais le même, mais mon papa, il l'appelait toujours Sam.

Ma grosse déception, c'est que mon papa, il me parle tout le temps d'une fête. Presque toute l'année. Il en parle beaucoup et on n'y est même pas encore allé. C'est la fête du slip.

 

Parfois dans les rédactions, je soupçonne quelques récits inventés de toutes pièces Je ne jette pas la pierre, imaginant parfois moi-même les récits qui composent ce blog. L'école a beau être une vraie source d'inspiration et un monde riche en événements, il y a quand même des limites. C'est pareil pour les vacances.

 

Mon pire moment des vacances, c'est quand j'ai participé au concours de plongeon du camping On sautait de 40 mètre de haut depuis des falaises rocheuses dans une mer agitée. Il fallait bien viser à cause des rochers, en bas.

Je me suis élancé. Après une minute de chute, 4 vrilles, 2 salti tendus, cassé et détendus, je me suis aperçu que je n'avais pas noué le cordon de mon maillot de bain. Comme il me restait une bonne minute de chute, j'ai tenté de le renouer. J'avais le temps. Malheureusement un bout du cordon était rentré dans la couture. J'ai donc fini mon plongeon et suis arrivé dans l'eau nu comme un ver.

Par pudeur et par respect pour mon public, je ne suis pas sorti de l'eau vers le site du concours. J'ai nagé quelques kilomètres dans cette mer intenable. Par chance

  , au bout d'une demie-heure, mon père m'a rejoint en hélico. Il m'a lancé la corde-échelle que j'ai gravi aisément. J'ai attend la cabine juste avant qu'il se pose sur l'hélistation du camping à côté de notre tente 2 secondes.

 

Il m'arrive aussi de regretter mon idée d'un sujet de ré daction original. Car, tous les enfants ne sont pas protéger par cette sorte d'immunité enfantine. Ils ne sont pas tous équipés de cette carte, qu'il pourrait brandir à tous moments en disant « Stop. Mon statut d'enfant me permet de ne pas être confronté à vos problèmes d'adulte. Je fait jouer mon immunité. »

Alors, naïvement bercé par les souvenirs de mon enfance heureuse, je me prends une claque en lisant certains récits.

 

Mon pire moment des vacances, c'est quand je suis rentrée à la maison le dernier jour d'école. Papa m'attendait devant l’immeuble car c'était son tour de garde. Il m'a  empêchée d'aller embrasser Maman que je n'allais pas voir pendant un mois car cette dernière lui avait interdit de prendre ma valise. Papa m'a alors acheté quelques affaires que Maman allait jeter dans un mois à mon retour.

Au début, avec Papa c'était bien, mais comme je ne m'entendais pas trop avec sa nouvelle copine, je suis allée trois semaines en colonie à la dernière minute. Avec des affaires pour 4 jours. Il ne restait de places que dans le thème sports mécanique. J'étais la seule fille.

Au mois d'Août, comme Maman n'a pas pu poser de vacances, je suis restée au centre aéré pendant les 4 semaines. C'était un peu comme à l'école. C'était à l'école d'ailleurs. Du coup, c'était les moments les moins pires de mes vacances. Mais ça, c'est hors sujet.

 

 

 

 http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcStF2R0bDswQtyA0SfP4Pevpt6Vhsn9iAMirRyckdAXiAJ2Jnv4

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Tévélis - dans En classe
commenter cet article

commentaires

delf 15/09/2011 22:14


pauvre gamine! et comme ça doit être difficile de noter cela


Mary 07/09/2011 12:59


dire que la dernière histoire doit à peine être exagérée...


Tévélis 07/09/2011 13:21



Malheureusement oui, à peine.



Carine 07/09/2011 11:18


Je me suis mise à éviter les sujets de rédactions mettant en liaison leur vie privée directement pour laquelle que je ne saurai faire face...
;0)
Mise à part, j'espère que tu as une classe pas trop agitée, comme c'est mon cas cette année, je suis ravie pour mon second CM2 ! L'année dernière, c'était beaucoup plus sportif !

Bonne continuation...


Tévélis 07/09/2011 11:27



J'en tirerai la leçon.


Pour ma part, plus ma classe est agitée, plus j'ai d'anecdotes pour le blog.


Bonne année scolaire.



Un Prof À L'envers

  • : Un prof à l'envers
  • : Jean Tévélis, professeur de écoles, raconte ses aventures dans ce blog avec des billets remplis d'humour, d'enfance et de vécu...
  • Contact

Le livre (cliquez sur l'image)

La page Facebook

Du même auteur

Catégories