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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:26

Samedi soir, je commence juste à m’endormir quand soudain je chois. Dans mon rêve, je venais d’escalader un mur qui me barrait la route, et j’ai basculé de l’autre côté. La chute me  réveille dans un spasme incontrôlé.

 

C’est déjà arrivé à tout le monde. Une contraction soudaine des muscles qui nous réveille dans un sursaut. Cela s’appelle les myoclonies d’endormissement.

 

Mais cette nuit, cela n’a rien à voir avec une quelconque secousse musculaire. Je le sens. C’est plutôt comme une alarme lointaine et inconsciente qui ressurgirait à la surface pour me prévenir. Comme mon portable qui vibre dans ma poche à la Sainte Josiane pour me rappeler de penser à ma mère.

 

Moi : Allô Maman ! Bonne fête.

Ma mère : Tu sais très bien que je n’aime pas ça.

Moi : Quoi ?

Ma mère : Ça me donne un coup de vieux quand tu me rappelles que c’est ma fête.

Moi : Non Maman, le coup de vieux, c’est pour les anniversaires.

Ma mère : Ah oui, c’est vrai ! Bon ben merci. Salut

 

Je regarde les chiffres lumineux sur mon réveil : il est 0h30 ! Je prends alors conscience de ce qu’il s’est vraiment passé. Ce mur de briques devant moi était une limite. Un point de non-retour que j’ai allégrement franchi sans me poser de question. Une frontière européenne privée de douanier que j’ai traversée inconsciemment.

 

Sans savoir que je basculais dans la deuxième moitié de mes vacances.

 

Depuis le vendredi  juillet 16h30, il s’est exactement écoulé 704 heures. Et il en reste autant jusqu’au lundi 2 septembre 8h30.

 

En ce 4 août 2013, il est minuit trente et c’est l’heure des bilans. Qu’ai-je fait pendant les 704 dernières heures ?

 

Statistiquement parlant, et selon une étude qui ne tient pas compte dans mon état de vacancier et pour laquelle mon temps de sommeil et de lecture est légèrement erroné :

- j’ai mangé pendant quarante-trois heures et trente minutes

- j’ai rigolé pendant trois heures

- j’ai pianoté sur mon ordinateur parcourant les confins du WEB pendant près de cinquante heures

-  j’ai attendu un train que je n’ai jamais pris pendant 42 minutes

- et j’ai dormi pendant deux-cent-cinquante et une heures et dix-huit minutes.

 

 

251,3 heures de sommeil ! « Quel gâchis ! » diront certains insomniaques.

Mais les vacances ne sont-elles pas faites pour se reposer ?

 

Après les bilans, les perspectives.

Statistiquement parlant, il me reste autant de temps à effectuer ses activités vitales (dormir, manger, rire, attendre un train et aller sur le Net). Mais une fois que j’aurai effectué ces 348 heures de tâches obligatoires, il me restera 356 heures de temps libres, soit presque quinze jours complets à faire ce que je veux.

 

Quinze jours complets, à conditions, que pendant tout ce temps, j’évite d’aller aux toilettes, de me laver, de faire le ménage, les courses et que je ne fasse aucun trajet.

 

Alors je pourrai ressortir ma liste de bonnes résolutions. Pas celle du mois de janvier, celle du début des vacances. La liste de mes envies dirait Grégoire Delacourt. La liste sur laquelle j’avais écrit toutes les activités que la perspective de deux mois de vacances me donnait  envie de réaliser. La liste sur laquelle, pendant ces 704 dernières heures, je n’ai encore rien coché.

 

Il faudra que je la réduise. Je barrerai sans doute le saut en parachute, le tour de France en monocycle, le changement du feu stop de ma Clio Maïf et l’écriture d’un best-seller international.

 

Alors il me restera  l’apprentissage du point de croix afin de  broder un à un les vingt-cinq noms de mes futurs élèves sur le protège-cahier de leur cahier du jour.

 

Il me restera aussi les vendanges dans le Jura si les conditions météorologiques permettent aux raisins des cépages qui entrent dans la composition du Macvin d’arriver à maturité avant le 2 septembre 8h30.

 

Et enfin, il me restera la rédaction de quelques articles d’un blog où je raconterai les vacances d’un prof des écoles ordinaire.

 

Mais il faut faire vite. Comme le disait Montesquieu dans Lettres Persanes par la voix de Usbeck : « Les vacances, c’est comme un toboggan. La première moitié est une longue série de marches à gravir et la deuxième moitié est une rapide descente à peine perceptible. ».

 

A minuit trente, aujourd’hui, je suis arrivé au sommet de mes vacances. J’aimerais savourer ce moment. Profiter de la vue surélevée sur un paysage ensoleillé du mois d’août. Prolonger ce temps de suspension, juste avant la chute.

 

Mais je regarde mon radio réveil. Il est 0h31. Je glisse déjà irrémédiablement vers la rentrée de septembre.

 

Bonne descente à tous !

 

 

 

Mes sources : Topito et Mirror

 

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Published by Tévélis - dans Hors classe
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beuleu 04/08/2013 12:40

Bon, pour apprendre le point de croix, ça prend environ 5 minutes 43 secondes et 12 dixièmes, donc il va rester du temps pour le reste :D

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