Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 16:17
Peu de temps après la rentrée. Je croise ma directrice, Madame Mollard.

Ma directrice : Tiens ! Ca te dit d'être animateur USEP ?
Moi : Euh animateur... Je sais pas chanter et je raconte super mal les blagues...alors...
Ma directrice : Mais non... l'USEP, c'est le sport scolaire... et les animateurs c'est ceux qui accompagnent les enfants. Rien de plus.
Moi : Pfff...du sport...mouais.
Ma directrice : Allez ! Fais un effort. C'est qu'un mercredi par mois.
Moi : Quoi ! Pfff, je sais pas...  Tu sais j'ai des trucs à faire le mercredi.
Ma directrice : Comme quoi ?
SuperMoi : Comme vous pourrir, toi et les collègues, sur mon blog !
Moi : Comme...préparer mon jeudi.
Ma directrice : Allez...en plus c'est indemnisé.
Moi : Je sais pas..... Vraiment je sais pas.
Ma directrice : Allez, c'est super marrant. Y'a une bonne ambiance en général.
Moi : Allez, ça marche. Je signe où ?
Ma directrice : Ici.
Moi (levant la tête après avoir signé) : Y'a qui d'autres de l'école ?
Ma directrice : Y'a que toi !
Moi : .....
Ma directrice : Ben oui, tu crois quoi ? On n'a pas le temps le mercredi, on a des mômes nous !
Moi : ....

Voilà comment je me suis retrouvé dans un bus à 8h30 ce matin, pour aller faire une rando avec 300 gamins.
Pas 300 gamins dans le bus. Seulement 40.  On partageait le transport avec une autre école. Donc me voilà, accompagnant 40 mômes avec l'aide d'une collègue et de 2 parents.

Bien-sûr, le chauffeur était sans doute un frustré (sexe ou motorisation de son véhicule, je ne sais pas la raison). Bien-sûr, Pauline était malade. Bien-sûr je lui ai donné un sac. Et bien-sûr, elle l'a rempli juste avant d'arriver. Bien-sûr, c'était la cohue (vous verrez plus tard que dans la cohue, on oublie de faire certains gestes vitaux pour la santé morales des gamins)  parce que en plus on était en retard et que  tout le monde nous regardait descendre du bus.

A la manière d'Anthony Browne dans son Histoire à 4 voix, je vais vous conter un extrait de la journée selon le point de vue de quatre personnages.

1. MOI.
Il était 12h45. On venait de marcher près de 2 heures. Et ça faisait 2 heures que les mômes se plaignaient d'avoir faim (à part Pauline...qui ne s'est plaint que sur la fin de la balade). Dès qu'ils savent qu'ils ont un truc à manger dans leur sac, les gosses ont faim. C'est d'ailleurs pour cela, que quand j'étais môme, je mangeais mon goûter sur le chemin de l'école. Cela m'évitait d'avoir faim en attendant la récré (malin).
Les enfants sont assis, affamés, prêts à déballer leur sac au top départ du repas. Je leur souhaite un bon appétit. Et ils comprennent mon allusion en se jetant sur leur sandwiches.
Me voilà donc installé un peu plus loin, avec les adultes, pour profiter de mon sandwich  pain-de-mie- bacon- knacks jambon- steack- poulet- dinde- à  la moutarde de viande.... accompagné d'une feuillette de salade pour l'équilibre  alimentaire,  quand un cri  de groupe insdecriptible émanant de nos élèves, nous fait sursauter.

2. ANISS.
On pouvait enfin manger. Je m'étais mis vers mes copains pour pouvoir échanger mon repas  au cas où il ne me plaisait pas. J'étais en train de négocier une canette de coca contre un bout de gruyère. Tout d'un coup, y'a eu comme une odeur qui te donne pas vraiment faim. Au contraire, t'as plutôt envie de démanger ton repas plutôt que de le manger. On a vu Pauline, toute blanche, en train de regarder dans un sac. On s'est approché du sac d'un mouvement commun tous ensemble. Et du même mouvement commun, on a crié en se jetant en arrière avec nos mains sur nos nez.

3. PAULINE.
Ca allait un peu mieux. Je me sentais capable de manger. Alors j'ai ouvert mon sac à dos. Il y avait un sac  plastique que je me rappelais pas avoir mis dans mon sac quand j'aidais maman à préparer mon repas. J'ai alors pensé à une surprise. J'ai sorti le sac et j'ai eu une désagréable impression de familiarité... Ca me disait quelque chose. Par palpation, le contenu me semblait liquide avec des morceaux... comme certains yaourts.  Inconsciemment je devais savoir ce que c'était. Pourtant, je l'ai quand même ouvert...

4. LE VOMI DE PAULINE.
Ca faisait au moins 2 heures que je poireautais dans un sac en plastique (poireauter est le bon terme... vu la dose de tarte au poireau que s'était enfilée Pauline au p'tit déj). J'étais en train de macérer. Je sentais déjà un effluve ethylique qui courait à ma surface ( un odeur d'eau de vie au poireau). Un rai de lumière a enfin traversé l'obscurité de ma prison. Je me suis senti soulevé tout d'un coup (j'ai eu envie de me rendre)... Puis au dessus de moi le ciel s'est ouvert . J'ai d'abord vu palir la tête de Pauline. Puis un cercle d'autres têtes s'est resserré au dessus de Pauline, pour repartir brusquement dans un grand cri.



Partager cet article

Repost 0
Published by Walter - dans En classe
commenter cet article

commentaires

inès 06/10/2009 13:15


Génial !! je me tords de rire en vous lisant !!!!


Mrs D 04/10/2009 16:30


Y'a pas pire que ce genre d'odeur... Ah si! une tartine au salami qui a macéré dans un sac de piscine oublié au fond du bus...


Lilas Kwine 04/10/2009 15:36


les enfants petit-déjeunant de la tarte au poireau devraient être interdit d'usep


songe 03/10/2009 15:39


tu as réussie à me filer la nausée


Hime 03/10/2009 10:45


*Du bon temps passé...
... à les lire*


Un Prof À L'envers

  • : Un prof à l'envers
  • : Jean Tévélis, professeur de écoles, raconte ses aventures dans ce blog avec des billets remplis d'humour, d'enfance et de vécu...
  • Contact

Le livre (cliquez sur l'image)

La page Facebook

Du même auteur

Catégories